ONU FEMMES voit (enfin) le jour
Le vendredi 2 juillet dernier, après 4 années d'intenses négociations, les Nations unies ont réussi à lever les derniers obstacles à la mise en place d'une agence distincte pour les femmes et ont adopté une résolution visant à créer cette nouvelle entité importante au sein de l’ONU. La nouvelle agence baptisée "ONU FEMMES" (UN WOMEN) regroupe les quatre institutions des Nations unies déjà dédiées à la problématique du genre.
Un organisme unique pour faire face aux défis en matière de genre
La nouvelle organisation "ONU Femmes" assurera la prise en compte systématique de l’égalité de genre et de l’autonomisation des femmes au sein du système des Nations unies. Les autres agences onusiennes devront désormais rendre compte de l’impact de leurs activités sur les femmes et les jeunes filles. De plus, les Nations unies pourront mieux répondre aux demandes concrètes des pays qui ont besoin d’assistance dans leurs politiques et leurs actions en matière de lutte contre la discrimination des femmes et des jeunes filles, notamment sur le plan de l’enseignement et des soins de santé. "ONU FEMMES" s’installera à New York et sera opérationnelle à partir du 1er janvier 2011.
Le Conseil d'administration sera composé selon un système entièrement nouveau, une formule hybride avec d’un côté une répartition géographique des sièges et de l’autre quatre des dix donateurs qui contribuent le plus au budget de l’agence et deux pays en voie de développement. Le Conseil aura la répartition suivante: dix sièges pour l'Afrique, dix sièges pour l’Asie, quatre pour l’Europe de l'Est, six pour l’Amérique latine et les Caraïbes, et cinq sièges pour l'Europe occidentale et autres Etats (WEOG). Pour les bailleurs de fonds, il y a donc aussi six sièges.
Une entité hybride
L'ONU compte depuis des années des institutions spécialisées pour les enfants, les réfugiés, l'environnement, la santé, la population et le tourisme, ainsi que toute une liste d'autres groupes et de problèmes spécifiques, mais un organisme qui s’occupe spécifiquement de la subordination sociale des femmes faisait encore défaut. La nouvelle organisation sera tout simplement dénommée "ONU Femmes" avec comme sous-titre: l’Entité de l’ONU pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes. A la tête de l’agence sera nommé un Sous-secrétaire général.
La nouvelle entité n'est ni un secrétariat, ni un fonds, ni même un programme, mais une structure hybride regroupant les quatre entités dédiées au genre existant déjà au sein de l'ONU: l’agence des Nations Unies pour le développement de la femme (UNIFEM), le Bureau de la Conseillère spéciale pour la problématique hommes-femmes, la division des Nations unies pour la promotion de la femme et l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (INSTRAW).
Primordial: le budget et le leadership
Les plus gros obstacles à la mise en œuvre de la nouvelle agence seront les fonds et le leadership. Il est désormais essentiel de nommer un Sous-secrétaire général fort qui puisse obtenir le respect des autres agences onusiennes et des bailleurs de fonds.
Il est prévu que l’agence ONU Femmes dispose d’un budget annuel de 500 millions de dollars, soit plus que le double des budgets combinés des quatre entités de genre actuelles. Ce n'est toutefois que la moitié des fonds demandés par la coalition internationale de plus de trois cents ONG, GEAR, qui préconise la création de l'entité internationale féminine.