Conseil aux voyageurs Nigéria

Carte Nigeria
Date: 21 février 2013
Toujours valable le 20 juin 2013

La menace terroriste est importante au Nigéria, en particulier au Nord(-Est) et au Centre du pays. Le déclenchement de l’opération militaire internationale au Mali pourrait inciter certains groupuscules islamistes à mener des actions violentes sur le sol nigérian, y compris contre des intérêts occidentaux. Ces représailles pourraient prendre la forme d’attaques terroristes et/ou de kidnappings. Une vigilance accrue s’impose donc. Les voyages au Nord du Nigéria sont pour l’instant formellement déconseillés. Cette zone comprend les Etats de Niger, Kaduna, Plateau, Nassarawa, Taraba, Adawama, Borno, Gombe, Yobe, Bauchi, Jigawa, Kano, Katsina, Zamfara, Sokoto et Kebbi.

Dernière mise à jour

 

Sécurité générale

Depuis 2009, le groupuscule islamiste Boko Haram mène des actions violentes dans le Nord et le Centre du pays, y compris à Abuja, la capitale fédérale. Ces attaques (parfois suicides) visent des églises, des hôtels, des bars, des marchés, des journaux, des écoles, des commissariats de police et des bâtiments officiels. L’attaque la plus meurtrière a été commise le 20 janvier 2012 à Kano (185 morts). En 2011, le quartier général des Nations Unies à Abuja a également été pris pour cible (25 morts). On relève en ce moment plusieurs attaques par semaine.

Des contrôles de police sévères ont donc été mis en place dans un certain nombre d’Etats du Nord et dans le district fédéral d’Abuja ; dans certain(e)s villes/Etats, un couvre-feu a même été instauré (voyez ci-dessus).

Les problèmes de sécurité sont également importants dans l’extrême Sud du pays, en particulier à Port Harcourt et dans la région du delta du Niger.

Généralités

Tout déplacement doit pour l’instant être évité dans le Nord du pays, certainement dans les Etats de Bauchi, Borno, Plateau, Kaduna, Kano et Yobe. La ville de Jos doit aussi être évitée, ainsi que  Mubi Town et environs (Adamawa State).

Le Nord est le théâtre d’affrontements et de règlements de comptes réguliers depuis l’élection présidentielle d’avril 2011. Les attaques coordonnées sur Kano le 20 janvier 2012 en sont l’illustration la plus édifiante. Le risque d’attaque est particulièrement élevé lors des fêtes religieuses, chrétiennes ou musulmanes.  Les Etats de Borno et Yobe se trouvent dans les faits en état de siège suite aux nombreuses attaques terroristes de Boko Haram et les enlèvements du groupuscule islamiste Ansaru.

Des couvre-feux ont été mis dans place dans plusieurs localités du Nigéria, actuellement les Etats de Plateau, Kaduna, et Yobe, les villes de Kano (Etat de Kano) et de Mubi (Etat d’Adawama), et le District sénatorial central de Kogi (Etat de Kogi). 

Au Sud, l’Ambassade déconseille les déplacements non essentiels dans la région du delta du Niger, bien que la situation sécuritaire s’y soit quelque peu apaisée ces derniers temps (notamment suite à l’amnistie). Cette relative accalmie reste néanmoins fragile. Les enlèvements demeurent fréquents dans la région, et frappent parfois des enfants en bas âge. Il s’agit d’une région qui comprend Delta, Bayelsa, Rivers, Akwa Ibom et Abia State.   Des kidnappings ont également été rapportés dans la région d’Abuja, dans le centre du pays. 

Les tensions ethniques ou religieuses peuvent éclater à n’importe quel moment au Nigéria, et ce dans l’ensemble du pays. Il est dès lors conseillé d’éviter les manifestations publiques et les attroupements.

Des intimidations sont parfois commises par téléphone ou par SMS afin d’extorquer d’importantes sommes d’argent. Il n’est donc pas recommandé de communiquer son numéro de téléphone au premier venu.  

Menace terroriste

Le groupuscule islamiste/terroriste Boko Haram, qui est composé de quelques cellules secrètes, à la mainmise sur le Nord du pays. Le Centre est lui aussi frappé par la menace terroriste, en ce compris la capitale fédérale, Abuja. Les grands hôtels de la ville (Hilton, Sheraton, Nicon) font de temps à autre l’objet de menaces, mais ont pris des mesures de sécurité supplémentaires. Il en va de même des représentations diplomatiques.

Le delta du Niger est depuis des années caractérisé par un climat de violence et de conflit. Les enlèvements (notamment d’expatriés) contre rançon se poursuivent. Les attaques à main armée contre les installations pétrolières/gazières et les locaux de firmes internationales y étaient fréquentes. Bien que le MEND – principal groupe terroriste de la région – semble globalement respecter les règles de l’amnistie, de nouveaux enlèvements ont récemment été rapportées, de même que des attaques.  
 
Criminalité

Lagos

La prudence s’impose particulièrement à Lagos. L’accueil du voyageur à l’aéroport se fera de préférence par une personne qui lui est connue et qui est en mesure d’assurer la sécurité du trajet de l’aéroport à la ville. Le trajet qui mène du bâtiment de l’aéroport au parking est fréquenté par des voleurs qui peuvent se montrer agressifs. Plusieurs sources font également état de tentatives d’enlèvement d’étrangers, par des personnes se présentant comme des agents du Protocole ou des douanes ; la prudence est donc de rigueur.

Certains agents des services d’immigration ou de lutte anti-drogue n’ont pas hésité par le passé à intimider des voyageurs en leur posant des tas de questions sur leur identité ou leurs bagages, le but étant de leur soudoyer de l’argent. Les voyageurs sont invités à rester poli et à éviter de payer dans la mesure du possible.   

Reste du Nigéria

La criminalité violente (agressions armées, kidnappings, car-jackings, etc.) existe un peu partout au Nigéria, mais surtout à Lagos, à Abuja, dans le Nord-est et dans le delta du Niger. Ces actes sont parfois commis par des personnes arborant l’uniforme de la police ou de l’armée. Les attaques d’habitations sont généralement l’œuvre de groupes criminels (lourdement) armés.  

A Lagos, Abuja et Port-Harcourt, les cambrioleurs n’hésitent plus à pénétrer en pleine journée dans les établissements HORECA, supermarchés, magasins et pharmacies, pour dérober aux clients argent, bijoux et autres objets de valeur. Les agressions et vols sont également fréquents aux postes frontières et de douanes.

A Abuja, il est conseillé de faire la route entre l’aéroport et la ville en convoi, et d’éviter ce trajet de nuit.

Un véhicule à l’arrêt est toujours une cible potentielle, y compris dans les embouteillages. Les routes reliant les grandes villes sont régulièrement le théâtre d’agressions ou de faux contrôles.

Il est vivement recommandé de ne pas circuler de nuit et de ne pas voyager seul en voiture. Il est également conseillé de garder portes et fenêtres fermées. Avant d’effectuer un déplacement entre deux villes, il faut s’assurer que le véhicule se trouve dans un état technique impeccable. Des bandits armés circulent sur les voies principales et s’en prennent – parfois de façon très agressive – à des passagers échoués.

Les inconnus qui proposent spontanément leur assistance ont souvent un objectif criminel en vue. 

La corruption organisée est une pratique largement répandue au Nigéria. Les voyageurs prendront soin de ne jamais communiquer de données et d’informations personnelles ou concernant leur famille, leurs cartes de crédit ou leurs comptes bancaires dans leurs contacts, communications téléphoniques ou correspondances avec des personnes qu’ils ne connaissent pas bien.

Il n’est pas rare que des hommes d’affaires soient victimes d’escroqueries montées de toute pièce par des pseudo-hommes d’affaires nigérians. La prospection commerciale au Nigéria nécessite la prudence dans la sélection de ses partenaires locaux et l’assurance de disposer de toutes les garanties, avant même d’effectuer quelque transaction que ce soit.

Criminalité par Internet

Une autre pratique courante au Nigéria. Les « partenaires virtuels » sont souvent des escrocs qui en ont après l’argent de leur interlocuteur.

La prudence s’impose notamment pour les achats sur Internet. Il arrive souvent que le lay-out de la banque soi-disant chargée d’effectuer le paiement soit contrefait. Il est donc conseillé de s’adresser d’abord à une banque belge pour vérifier l’authenticité du message.  

Les arnaques du fait de personnes rencontrées sur Internet (sites de rencontre, e-mails, chats, etc.) sont fréquentes. On ne dénombre plus les fausses histoires d’hospitalisations, d’agressions ou d’accidents, qui nécessitent soi-disant une assistance financière depuis l’Europe. La fausse victime a généralement besoin d’argent d’urgence pour pouvoir revenir en Europe, payer les frais d’hospitalisation et/ou les sommes réclamées par la police ou les services de l’immigration. Ne vous laissez jamais avoir.
 

Transport

Sécurité /info routière

L'état de la voirie laisse à désirer, mais c'est surtout le comportement irresponsable des chauffeurs qui rend la circulation au Nigéria particulièrement dangereuse.

Sécurité /info aérienne

La sécurité des voyages en avion à l'intérieur du Nigeria n'est pas toujours garantie. Ces dernières années, plusieurs incidents ont eu lieu, dont plusieurs vols intérieurs avec crash mortel. Suite aux accidents récents avec des compagnies locales nigérianes, il est conseillé de s'informer de l'état de service des différentes compagnies aériennes avant de sélectionner le vol vers votre destination.

Sécurité /info navigation

Des actes de piraterie ont été signalés dans les eaux territoriales nigérianes ainsi qu'à proximité des ports de la région du Delta.

Sécurité /info ferroviaire et bus

Le réseau ferroviaire est presque inopérant. La nuit, les bus et minibus qui circulent entre les centres urbains au Nigéria sont fréquemment arrêtés par des bandits armés.

 

Climat et catastrophes

Climat et phénomènes météorologiques

Le seul problème météorologique récurrent est le Harmattan, un vent venant du Sahara qui transporte du sable et le dépose parfois des milliers de kilomètres plus loin. Ce vent, qui peut souffler de novembre à mars et se fait sentir surtout au nord du pays, peut provoquer des problèmes respiratoires et irriter les yeux. La visibilité réduite causée par le Harmattan peut provoquer des retards et même des annulations de vols aériens.

Il convient aussi de rester prudent lors d'une éventuelle baignade sur la côte nigériane. Les courants atlantiques peuvent en effet être parfois très forts, même pour les bons nageurs.
Catastrophes naturelles 

Le Sud du Nigéria est actuellement confronté à des inondations importantes, en raison d’intenses précipitations tout au long de la saison des pluies et de l’ouverture de barrages au Cameroun. Ces deux facteurs ont fait sortir le fleuve Niger et la rivière Benue de leur lit. On dénombre plus d’une centaine de victimes, et près d’un million de personnes déplacées. 18 des 36 Etats Nigérians sont touchés (à des degrés divers) ; il s’agit principalement des Etats bordant le Niger et la rivière Benue, en ce compris la région du delta.

Si une catastrophe ou un évènement imprévu se produit pendant leur séjour, les voyageurs sont invités à prendre contact au plus vite avec leur famille ou amis en Belgique pour les informer de leur situation et les rassurer. Si les communications avec l'étranger sont impossibles, ils s'adressent aux services de l'ambassade de Belgique le plus proche.


 

Santé et hygiène

Coûts/infrastructures pour les soins médicaux

Les soins médicaux qui répondent aux normes européennes sont particulièrement chers. Les autres centres thérapeutiques sont à éviter. Pour des problèmes de santé sérieux, il est conseillé de rentrer en Belgique. Il y a beaucoup de médicaments contrefaits sur le marché. N’achetez donc vos médicaments que dans des pharmacies reconnues et n’oubliez surtout pas de vous constituer une pharmacie personnelle avant de partir.

Sécurité alimentaire – Potabilité de l’eau

Les mêmes précautions s’appliquent que dans tous les autres pays tropicaux. Il est conseillé de ne boire que de l’eau en bouteille et de laver les fruits et les légumes avec de l’eau filtrée.

Vaccinations

Avant de se rendre au Nigéria, quelle que soit la durée et les circonstances du séjour, il est indispensable de se faire vacciner contre la méningite, l’hépatite A et la typhoïde. Les rappels contre la polio, la diphtérie et le tétanos sont fortement recommandés. Consultez au moins 6 à 2 semaines avant votre départ les sites de l’Institut de Médecine tropicale et de l’Organisation Mondiale de la Santé pour obtenir des informations plus détaillées.

Risques sanitaires particuliers

Malaria – Paludisme

La malaria est endémique au Nigéria. Il est fortement conseillé de dormir sous une moustiquaire, d’utiliser des produits anti-moustiques contenant du DEET et de prendre un produit prophylactique (pour les courts séjours). En fonction de votre état de santé général, votre médecin vous indiquera le traitement le plus adapté.

Fièvre – Dengue

La dengue est une infection virale transmise par des moustiques qui piquent en journée, et surtout en début de soirée. La dengue se manifeste surtout pendant la saison des pluies. Les symptômes sont une fièvre élevée, des douleurs musculaires et articulaires, ainsi que des éruptions cutanées. Il n’existe pas de vaccin. Etant donné qu’il s’agit d’une maladie dangereuse, et parfois même mortelle, il est important de consulter rapidement un médecin lorsque les symptômes apparaissent et de se protéger contre les moustiques (en utilisant un anti-moustique contenant du DEET, en dormant sous une moustiquaire et portant des vêtements longs). La dengue survient aussi bien en ville, qu’à la campagne.

Diarrhée du voyageur

Les mesures visant à prévenir la diarrhée du voyageur (telles que le lavage des mains et la désinfection de l’eau potable) sont essentielles. Dans le traitement de la diarrhée, il est essentiel de prévenir et de traiter la déshydratation. Pour prévenir la déshydratation, on peut utiliser des solutions salines spéciales (disponibles en pharmacie en Belgique). Il vaut mieux éviter les produits en vente dans les pharmacies locales ; ceux-ci sont le plus souvent inefficaces, voire dangereux.

Fièvre jaune

La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire si l’on vient d’un autre pays à risque, sinon recommandée à tous les voyageurs. Une épidémie a récemment frappé l’Etat de Cross River, au sud du pays.

Grippe aviaire

Ni l’Organisation Mondiale de la Santé, ni le SPF Santé n’émettent de restriction en matière de voyages vers quelque destination que ce soit en raison de la grippe aviaire. Par contre, certaines mesures de précaution sont toujours recommandées afin de réduire les risques potentiels de contact avec le virus ; éviter le contact avec la volaille vivante ; ne consommer que des produits de volaille (viande, œufs) bien cuits ; lavage fréquent des mains.

Vous trouverez plus d’informations dans la rubrique « Tout savoir sur l’Influenza » du site du SPF Santé, ou encore sur les sites de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de l’Agence fédérale belge pour la sécurité alimentaire (AFSCA) ou de l’Organisation Internationale des Epizooties (OIE).

Législation locale

En tant que visiteur du pays, vous êtes soumis aux lois locales, tout comme les autochtones.

Drogues

La vente, la détention ou l'usage de stupéfiants sont passibles de la prison à perpétuité.

Sexualité

Des actes homosexuels constituent un délit passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 14 ans d'emprisonnement. Les relations sexuelles avec des mineures de moins de 18 ans sont également punies par la loi.

Photographie

Il est interdit de photographier les aéroports, et tout autre lieu considéré comme stratégique. Cette qualification est à interpréter au sens large du terme (p.ex. tout bâtiment officiel, ponts, barrages d'eau).

Us et coutumes

Près de la moitié des Nigérians sont musulmans. Dans le sud, les prescriptions islamiques ne sont pas observées avec une grande rigueur. Dans le nord, au contraire, l'instauration de la Charia dans 12 Etats depuis 2000 contribue à l'application parfois rigoriste des préceptes socioreligieux. Il convient de s'abstenir de consommer de l'alcool en public et, pour les femmes, d'éviter certaines tenues (jupes courtes, shorts, etc.).

Infos pratiques

Documents, monnaie, communication

Tous les documents de voyage nécessaires sont mentionnés sous la rubrique du même nom sur ce site web.

Permis de conduire

Un permis de conduire international peut être accepté pendant les premiers mois de votre séjour.

Modes de paiement

Les cartes de crédit ne sont acceptées que dans quelques établissements. Les euros en espèces (et les dollars) s'échangent sans problème. En cas de perte, vol ou fraude relatif à une carte de banque ou de crédit belge, contactez immédiatement Card Stop (0032 70 344 344).

Assurance de voyage

Vous êtes prié de vérifier si l'assurance fournie par votre mutualité couvre suffisamment les risques liés à votre destination et façon de voyager. Tenez compte du fait que cette assurance échoit après un séjour de 3 mois. Une assurance de voyage adaptée avec une couverture des risques complète est absolument indispensable (assistance judiciaire, soins médicaux et rapatriement) au Nigéria.

GSM et facilités de communication

Le téléphone fixe ne fonctionne que de façon aléatoire. Les appels par GSM - bien qu'imparfaits- connaissent le plus de réussite. Les services postaux ne sont pas fiables. Il existe de bonnes connections internet dans les grands centres urbains.

Animaux domestiques

Toute importation d'animal domestique requiert une demande préalable auprès du Ministère de l'Agriculture et doit être accompagnée d'une copie du carnet de vaccination.


Assistance consulaire

En cas de problèmes sérieux imprévus à l'étranger, les Belges peuvent faire appel à l'ambassade et aux consulats de Belgique. Une assistance consulaire est donnée aux compatriotes ayant invoqué en vain une aide de la part des autorités locales (police locale) ou de sociétés de service privées (banque, assureur), et ne pouvant plus que se diriger vers une représentation diplomatique ou consulaire belge. Cette assistance prend fin dès que les voyageurs peuvent poursuivre leur voyage par leurs propres moyens.

Dans le cas d'une urgence vous impliquant vous ou votre famille à Lagos, vous pouvez faire appel à la patrouille de sécurité européenne (EU Security Patrol) et lui demander d'intervenir aux numéros suivants: 0802 290 46 97 ou 0803 301 22 57.