Le sommet de la biodiversité du Mexique franchit des étapes importantes

Mangrove

Le 13e sommet de la biodiversité (COP13) du Mexique a été conclu par un engagement ferme de la communauté internationale à mieux protéger la biodiversité. De nombreux efforts seront toutefois encore nécessaires pour atteindre les objectifs d'Aichi en 2020.

La 13e ‘Conference of the Parties’ de la convention de l'ONU sur la diversité biologique (CDB) a eu lieu à Cancun (Mexique) du 4 au 17 décembre 2016. Cette convention a vu le jour à l'issue de l'important sommet l'ONU consacré au développement durable de Rio de Janeiro (Brésil) en 1992. Deux protocoles additionnels ont été conclus ultérieurement, celui de Carthagène sur les organismes génétiquement modifiés et celui de Nagoya sur la répartition équitable des richesses génétiques. Les deux protocoles ont été abordés dans des conférences distinctes à Cancun.

Le Mexique, pays hôte, a pu compter sur la participation de plus de 160 pays, dont la Belgique, et a, dès l'abord, donné l'exemple en protégeant ses grands domaines marins. Le Mexique a ainsi atteint l'un des objectifs les plus efficaces des 20 ‘Aichi targets’ de la stratégie globale de l'ONU en matière de biodiversité, à savoir l'objectif 11, la protection d'au moins 17 % de la superficie terrestre et 10 % de la superficie marine.

Lors de la COP13, une convention a été conclue entre la CDB et WWF International (le Fonds mondial pour la Nature). Les rapports annuels ‘Living Planet’, universellement appréciés, du WWF occuperont dorénavant une place importance dans la discussion globale sur la diminution de la biodiversité et sa protection dans le monde entier. La CDB sera également liée systématiquement à d'autres calendriers mondiaux, comme les Objectifs de développement durable (SDG) et l'Accord climatique de Paris (2015). Une meilleure protection de la biodiversité joue en effet un rôle important dans ces deux calendriers. L’adaptation et la prévention climatiques  devront donc tenir beaucoup plus compte de la conservation des écosystèmes, tels les forêts et les mangroves.

Le président de la CDB, le Dr. Braulio Ferreira de Souza Dias, s'est montré modérément positif. Bien que les objectifs 2020 soient encore loin d'être atteints, la communauté internationale a franchi des étapes importantes depuis la dernière COP12 en Corée (2014). C'est ainsi que la gestion et la connaissance de la biodiversité se sont améliorées et que la politique lui a accordé une plus grande importance. Grâce à la sensibilisation, le problème a suscité plus d’intérêt. La COP13 a élaboré un plan d'action à court terme détaillé, visant à développer l'expertise autour de tous les objectifs d'Aichi. Via le programme CEBioS de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, avec l'appui de la Coopération belge au Développement, la Belgique joue un rôle proéminent en la matière, en renforçant le Clearing House Mechanism (gestion et échange des informations) dans les pays en voie de développement. Notre pays s'est même vu décerner un prix pour cela.

Lors de la COP13, ce sont essentiellement les secteurs de la sylviculture, de la pêche, de l'agriculture et du tourisme qui ont fait l'objet d'un examen (voir la Cancun Declaration et ses 15 points d'action). Bien que les décisions du sommet n'aient pas encore été rendues officielles lors de la rédaction de la présente, il est déjà possible d'énumérer quelques jalons de cette COP 13 :

  • Le rapport que l'IPBES vient de publier sur la pollinisation doit être utilisé pour tendre vers une agriculture plus durable ;
  • La sylviculture doit mieux tenir compte de la biodiversité ;
  • La restauration des écosystèmes occupera une place plus importante dans le calendrier ;
  • Les “zones marines d'importance écologique et biologique" (ZMIEB) se verront accorder plus d'importance, y compris les zones d'eau froide, tandis que la gestion et le recyclage des déchets seront améliorés à l'aide de directives pratiques volontaires visant à éviter les déchets marins. Une étude complémentaire doit déterminer l'impact du ‘noise’ sous-marin sur les mammifères marins ;
  • Une meilleure protection et une meilleure utilisation des connaissances traditionnelles avec l'accord des communautés locales et autochtones ;
  • Accompagnement stratégique au cours des 4 prochaines années, en vue de compléter le “Global Environmental Fund” (GEF), la nécessité étant reconnue de doubler le financement destiné à la biodiversité dans les pays en voie de développement.

Lisez  ici (PDF, 630.16 Ko) le communiqué officiel.

Luc Janssens de Bisthoven
IRSNB, programme CEBioS

Photo : © IRD/Jean-Michel Boré