L’agriculture durable: un changement indispensable

Un rapport récent de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) intitulé « L’avenir de l’alimentation et de l’agriculture » révèle que pour répondre aux besoins alimentaires en croissance constante, des modifications profondes s’imposent. Le statu quo n’est plus viable. Seule l’agriculture durable pourra relever ce défi.

 
Les tendances actuelles

La famine et l’extrême pauvreté sont en baisse depuis les années 1990. Toutefois, des efforts supplémentaires sont absolument indispensables pour maintenir la tendance. Autrement, en 2030, la malnutrition affectera encore 653 millions de personnes, et la famine n’aura toujours pas été éradiquée d’ici 2050.

La population mondiale comptera quelque 10 milliards d’individus en 2050, faisant bondir la demande en produits agricoles de 50 pourcents. La consommation de viande, de fruits, de légumes et d’aliments préparés progressera, tandis que les céréales disparaîtront progressivement de notre régime alimentaire. Par conséquent, les ressources naturelles subiront une pression accrue en raison de la poursuite des activités de déforestation, de la dégradation des terres et de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Une hausse de la production alimentaire et une croissance économique s’accompagnent généralement d’une dégradation environnementale. En même temps, selon le rapport, le réchauffement planétaire, impliquant des précipitations imprévisibles, des inondations et d’autres phénomènes, influence tous les aspects de la production alimentaire. L’augmentation constante du nombre de conflits, de crises et de catastrophes naturelles accroît également le risque de pauvreté et de famine. Les petits agriculteurs sont les premières victimes de l’évolution vers une production alimentaire à grande échelle.
 

 
Produire plus à un moindre coût environnemental

Le rapport reste optimiste. À la question de savoir si les systèmes agroalimentaires sont capables de répondre aux besoins de la population mondiale croissante, la réponse est « oui ». Il faut entreprendre de profondes transformations qui opèrent autant que possible en harmonie avec l’environnement: planter des arbres dans les terres cultivables, développer des techniques intelligentes pour rendre l’agriculture résistante au climat, réduire le plus possible la dégradation des sols, entre autres. Les connaissances agricoles traditionnelles peuvent inspirer cette mutation. Le secteur agricole doit produire plus à un moindre coût environnemental.

Une double solution s’impose. Il faut investir davantage dans la protection sociale afin d’éradiquer la malnutrition, et créer des sources supplémentaires de revenus pour les personnes défavorisées. Si ces conditions ne sont pas créées, un nombre encore trop important de personnes souffriront de la faim en 2030 – l’année à laquelle le programme de développement durable de l’ONU doit avoir mis fin à la pauvreté et à la famine. En somme, une production alimentaire durable doit tenir compte des petits agriculteurs, de l’empreinte écologique des entreprises et des effets sur la biodiversité. Aussi bien en ville qu’à la campagne.

 
La Belgique et la FAO

La FAO est l’une des organisations multilatérales partenaires de la Coopération belge au Développement. En 2016, notre pays a contribué à la FAO pour un montant de 18,45 millions d’euros. Ces moyens permettent à l’organisation de combattre la famine dans le monde en développant les zones agricoles, en améliorant la qualité de l’alimentation et en augmentant la productivité agricole.

 
Plus d’informations

www.fao.org/publications/fofa/fr/  
www.youtube.com/watch?v=jF07b7IDxus