Asie et Océanie
Passer du pragmatisme au mouvement d'ensemble
La Belgique entretient depuis longtemps des rapports politiques, commerciaux et culturels avec les pays asiatiques. On retrouve ainsi des traces de contacts mutuellement enrichissants au 18e siècle lorsque la Compagnie d'Ostende accostait dans les ports indiens de Banquibazar ou de Cassimbazar.
Entre-temps, la nature des intérêts de la Belgique et les liens qui l'unissent à l'Asie ont fortement évolué. L’éclosion de la Belgique comme état-nation au 19e siècle a entraîné la mise en place de relations privilégiées. Des relations étroites se sont développées avec le Japon et la Thaïlande grâce à des liens privilégiés entre les dynasties respectives. En République Populaire de Chine, la présence économique belge n'a cessé de croître de jour en jour au 19e siècle et dès la reprise des relations diplomatiques en 1971. L'intérêt particulier pour l’approfondissement des relations avec l'Inde, qui nourrit par ailleurs l'ambition de devenir une grande puissance économique, est allé grandissant. Depuis la participation de quelque 3500 volontaires belges à la guerre contre la Corée du Nord qui a duré trois ans, des liens particuliers se sont noués avec la Corée du Sud tant sur le plan politique qu'économique. Récemment, la Belgique a développé une politique très active au Vietnam, unique pays en Asie qui bénéficie de coopération au développement directe belge.
La politique belge en Asie a toujours été empreinte de pragmatisme tenant compte des antécédents, des possibilités du moment et des perspectives de coopération. Elle offre ainsi une image très variée, orientée sur les spécificités des différents pays.
Outre les relations bilatérales que la Belgique entretient avec les pays d'Asie, des relations se sont progressivement développées par le biais des enceintes multilatérales. D'abord au travers de la construction européenne. En effet, la Belgique souhaite que l'Union européenne puisse accroître son rôle dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune. Elle appuie la mise-en-place du service européen d’action extérieure (SEAE) dont on s’attend à ce qu’il profile l’UE avec un engagement davantage ciblé et une visibilité renforcée. Vis-à-vis de géants asiatiques comme la Chine et l’Inde qui comptent chacune plus d’un milliard d’habitants, il est en effet nécessaire que les Européens unissent leurs forces pour être reconnus comme des partenaires crédibles.
La Belgique s’engage aussi en Asie par le biais d'autres organisations internationales. Elle contribue activement aux programmes des Nations Unies et de leurs agences spécialisées. Dans le cadre de l'OTAN au sein de la FIAS (Force internationale d'assistance à la sécurité), elle assure une présence militaire dans la capitale de l’Afghanistan (Kaboul). Les événements dans cette partie de l'Asie ont également fait croître l'intérêt de la Belgique pour le Pakistan.
La Belgique a accueilli la huitième Rencontre Asie-Europe (ASEM) qui s'est tenue les 4 et 5 octobre 2010 à Bruxelles. Ensemble, l’Asie et l’Europe représentent 58% de la population mondiale et plus de 60% du commerce mondial. Le sommet informel bisannuel de l’ASEM rassemble tous les chefs d'Etat et de Gouvernement d’Asie et d’Europe pour discuter de thèmes d’intérêt commun. Le sommet passe pour être le principal cénacle euro-asiatique dans le paysage international actuel et la Belgique a considéré comme un honneur de pouvoir assumer le rôle de pays hôte. Pour le sommet de Bruxelles, l'accent a été mis sur le thème ‘Parvenir à plus de bien-être et plus de dignité pour tous les citoyens’. C’est à Bruxelles aussi que l’ASEM a pour la première fois accueilli l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Russie en son sein.
Nos liens avec l’Océanie trouvent leur origine dans l’engagement sans réserve fourni par l’Australie et la Nouvelle-Zélande à nos contrées, durant la première guerre mondiale. A l’heure actuelle, il existe une coopération étroite dans la perspective des cérémonies commémoratives du centenaire de la première guerre mondiale. Sur le plan économique, les liens se développent à la faveur de la mission économique princière qui s’y rend en 2012. Depuis les années ’60, plusieurs micro-Etats de l’Océan Pacifique Sud ont accédé à l’indépendance. Les liens avec ces Etats insulaires sont le plus souvent entretenus via les programmes de coopération de l’UE issus des accords ACP (Asie, Caraïbe, Pacifique). La majorité de ces Etats disposent en conséquence d’une ambassade bilatérale à Bruxelles.
