Europe centrale et orientale
La chute du Rideau de Fer qui divisait l’Europe, la fin du Pacte de Varsovie et l'éclatement de l'Union soviétique pendant la période 1989-1991 ont entraîné des changements politiques et économiques radicaux en Europe centrale et orientale. En 1999, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque ont adhéré à l'OTAN. L'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Bulgarie et la Roumanie ont suivi leur exemple le 29 mars 2004. Les mêmes pays, à l'exception des deux derniers, sont devenus membres de l'Union européenne en mai 2004, en même temps que Chypre et Malte. La Roumanie et la Bulgarie ont adhéré à l'UE en 2007.
La fin de l'Union soviétique en 1991 a débouché sur l'indépendance de 15 nouveaux États. Depuis, trois d'entre eux (Estonie, Lettonie et Lituanie) ont adhéré à l'UE et à l'OTAN. 11 autres États forment ensemble la Communauté des États indépendants (CEI). La Russie, qui reste le plus grand pays au monde sur le plan de la superficie, même après la dissolution de l'URSS, est devenue membre du G8 et entretient des relations privilégiées avec l'UE et l'OTAN. La Géorgie s’est retirée de la CEI en 2009.
Suite à l'élargissement de l'UE, la frontière extérieure de l'Union s'est déplacée vers l'est. La Politique Européenne de Voisinage, une initiative prise par l'UE en 2004, renforce les liens avec l'Ukraine, la République de Moldavie, l'Arménie, la Géorgie, l'Azerbaïdjan et le Bélarus. Les pays de l'Asie centrale, à savoir le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et le Turkménistan, revêtent une importance considérable, non seulement sur le plan géostratégique mais également économique. Cette région était traversée par la légendaire Route de la Soie qui allait jusqu'en Chine. Aujourd'hui encore, ces pays constituent un pont vers l'Extrême-Orient.
La diplomatie belge a pris en compte ces développements. Depuis l'ouverture d'ambassades à Riga (Lettonie) et Tallinn (Estonie), notre pays est représenté dans tous les États membres de l'UE. Les contacts avec la Russie ont considérablement gagné en importance ces dernières années; l'ouverture d'un Consulat Général à Saint Pétersbourg en témoigne. L'ambassadeur belge à Moscou est également accrédité à Minsk (Biélorussie), et devrait l’être sous peu à Tashkent (Ouzbékistan) et à Erevan (Arménie). En 1993 déjà, la Belgique ouvrait une ambassade à Kiev (Ukraine). En décembre 2005, une ambassade s'est également ouverte à Astana (Kazakhstan).
Conscientes du potentiel commercial et des besoins d’investissement, les trois Régions se sont mises ensemble pour ouvrir en mars 2009 une représentation à Almaty, poumon économique du Kazakhstan.
La Belgique a ouvert une ambassade à Bakou (Azerbaïdjan) en 2007. Celle-ci sera également compétente pour le Turkménistan et la Géorgie.
1. Les nouveaux États membres de l'Union européenne et de l'OTAN
Les institutions européennes représentent une forte valeur ajoutée pour les nouveaux États membres de l'UE. Leur intégration a entraîné une amélioration de leur niveau de vie, de leur compétitivité et de leur infrastructure. Ils profitent non seulement des fonds structurels européens mais aussi des avantages du marché intérieur. De plus, la participation de ces pays à l'UE et à l'OTAN leur offre une garantie supplémentaire en matière de sécurité et de stabilité.
La crise financière et économique a constitué un test sérieux pour les économies des nouveaux États membres après une période marquée par une croissance économique relativement élevée et par le progrès matériel et social. De nombreux investissements étrangers, y compris des investissements belges y ont contribué. Souvent, ces investissements profitent également à l'économie belge. De plus, leurs importations et exportations ont fortement augmenté ces dernières années, et ce principalement vers les autres États membres de l'UE et en provenance de ceux-ci.
Ces Etats membres se sont mis à préparer l’étape suivante: le passage à l'euro. Les gouvernements concernés mènent une politique visant à satisfaire aux critères de convergence, à savoir la mise en œuvre de finances publiques saines. Jusqu’à maintenant la Slovénie (depuis le 1er janvier 2007), la Slovaquie (depuis le 1er janvier 2009) et l’Estonie (01.01.2011) ont intégré l’ « Eurozone ».
La Slovénie était le premier nouvel Etat membre à assumer la Présidence de l’Union européenne (1ère moitié 2008). Au cours du premier semestre 2009, la Présidence de l’UE revenait à la République tchèque. Les présidences de la Hongrie (1ère moitié 2011) et de la Pologne (2ème moitié 2011) ont permis à la Belgique d’approfondir les relations bilatérales et multilatérales avec les pays concernés.
La Belgique soutient pleinement la politique européenne vis-à-vis de l'Europe centrale et orientale. Tant le gouvernement fédéral que les entités fédérées ont conclu des traités et accords avec ces États, en vue d'une collaboration intensive sur différents plans (protection des investissements, fiscalité, collaboration policière, enseignement, culture, …). Il va de soi que via nos relations bilatérales, nous cherchons à contribuer au développement et à l'intégration de ces pays. Notre expérience d'État membre de l'UE, d'État fédéral de taille moyenne, pourvu d'une économie ouverte, peut s'avérer utile pour les nouveaux États membres.
La Belgique dispose d'atouts importants: Bruxelles est le siège principal des institutions de l'UE et de l'OTAN et, à ce titre, elle offre la possibilité de contacts fréquents.
Pour le développement d’un réseau diplomatique, politique et économique durable en Europe centrale et orientale, les visites et missions commerciales sur une base régulière revêtent aussi une grande importance, auxquelles s’ajoute à l’action de nos ambassades. Les investissements des grandes entreprises belges et des PME augmentent la visibilité de la Belgique.
Bien que les échanges commerciaux entre la Belgique et les douze nouveaux États membres de l'UE ne représentent qu'une part relativement modeste de l'ensemble des échanges commerciaux belges, leur importance économique s'est toutefois assez fortement accrue au cours des dernières années.
2. La Russie, l'Ukraine et les pays du Caucase du Sud et d'Asie centrale
La Fédération de Russie a été retenue depuis plusieurs années comme pays partenaire de la Belgique. En témoigne par exemple la conclusion de Programmes d'action depuis 1999 qui ont pour vocation d'intensifier les échanges et contacts bilatéraux dans les domaines les plus variés, et des missions économiques qui se tiennent en principe tous les cinq ans. Europalia 2005, qui fut consacrée à la Russie, a rencontré un succès impressionnant.
L'Ukraine espère quant à elle d’avoir des meilleures relations avec l'Union européenne. Mais les évolutions négatives dans les domaines des droits de l’homme et du climat d’investissement, ont freiné le rapprochement entre l’UE et l’Ukraine.
Pays voisin de l'Ukraine et de la Roumanie, la République de Moldavie espère également pouvoir adhérer à moyen terme à l'UE. Le pays s'y prépare via la Politique Européenne de Voisinage et via les négociations préalables à un accord d'association avec l'UE. Un conflit avec la région de Transnistrie, territoire de facto autonome mais faisant partie de la République de Moldavie, fait toutefois obstacle au processus d'intégration.
Une coopération durable, même un rapprochement serait souhaitable avec le Belarus, moyennant les réformes démocratiques nécessaires.
Les pays du Caucase du Sud et d'Asie Centrale doivent faire face à des défis tant politiques qu'économiques. Ces pays ont entrepris des réformes fondamentales dans les domaines de la démocratie et de l'économie, mais des efforts additionnels s'imposent.
Dans le Caucase du Sud, la Belgique lors de sa présidence OSCE en 2006 s'est efforcée de présenter des solutions originales pour parvenir à des solutions durables des conflits dits « gelés ». Toutefois, dans cette région bousculée par l’histoire, aux frontières maintes fois redessinées, où se mêlent des ethnies très diverses et dont enfin, l’importance géostratégique n’est pas négligeable, les conflits continuent de constituer un frein à un développement harmonieux.
L’Arménie a été gravement touchée par la crise économique en 2009 et l’ouverture de ses frontières avec la Turquie reste conditionnée à des négociations. Or, cette ouverture lui permettrait sûrement un meilleur déploiement économique et commercial. Une solution au conflit du Nagorno-Karabach avec son voisin, l’Azerbaïdjan, s’impose.
L’Azerbaïdjan se profile comme un important pays de transit pour le pétrole et le gaz, et s'attache à diversifier son économie. Le pays devient un acteur de plus en plus important dans la région.
En Géorgie, les effets positifs de la réforme et de la modernisation de l’économie se font sentir. Le pays a par ailleurs bénéficié d’une aide internationale considérable qui lui a été attribuée pour la reconstruction après la guerre d’août 2009
L'importance stratégique des pays de l'Asie Centrale ne peut être sous-estimée, non seulement en raison de leur situation géographique (entre la Turquie, la Russie, l’Iran et la Chine), mais aussi de leurs ressources naturelles, en particulier les vastes réserves de pétrole et de gaz qu'hébergent le Kazakhstan et le Turkménistan.
Le Conseil de l’UE a adopté, en juin 2007, une Stratégie européenne pour l’Asie centrale qui se veut un cadre pour le développement des relations entre l’UE et ces pays. La Belgique soutient cette Stratégie et s’efforce d’avoir de bons contacts avec la société civile, source de développement dans ces pays.
