Moyen-Orient

Relations Belgique - Maghreb

La Belgique jouit d’une image positive dans les pays du Maghreb, et ce essentiellement grâce à l’importante communauté maghrébine vivant dans notre pays et au dynamisme de nos échanges commerciaux.

La communauté marocaine en Belgique étant évaluée à près d’un demi-million de personnes, nos relations avec le Maroc sont particulièrement développées et ce à tous les niveaux. La IIème Haute Commission Mixte de Partenariat belgo-marocaine qui s’est tenue à Bruxelles le 18 février 2014, coprésidée par les Premiers Ministres belge et marocain, illustre l’importance de nos relations. En outre, cette réunion à haut niveau s’est tenue dans le contexte de la commémoration du 50ème anniversaire de la Convention sur l’occupation des travailleurs marocains en Belgique. Huit nouvelles conventions et accords bilatéraux ont été signés à cette occasion.  Le Maroc est également un partenaire privilégié de notre Coopération au développement depuis les années 60. Actuellement, un nouveau programme de coopération pour la période 2016-2020 est en cours de préparation. En Algérie, notre pays jouit d’une forte notoriété notamment grâce au fait que notre Ambassade est l’une des rares à ne pas avoir fermé ses portes durant la décennie noire de la guerre civile algérienne. Ainsi, nos deux pays entretiennent des relations bilatérales approfondies et un dialogue politique régulier, rehaussé par la signature, en avril 2015 d’un Mémoire d’Entente sur la tenue de consultations politiques bilatérales annuelles. En outre, les 40 années de coopération intergouvernementale ininterrompue ont permis de tisser des liens forts et profonds entre nos deux pays. Bien que l’Algérie ne fasse plus partie des pays partenaires de la Coopération au Développement belge depuis 2015, un nouveau Programme de Coopération (2014-2017) axé sur l’environnement, permettra de jeter les bases de nouvelles formes de partenariats et d’échanges. Enfin, en ce qui concerne nos échanges commerciaux, depuis plusieurs années et de manière constante, l’Algérie est, pour les trois régions de la Belgique, le second marché sur le continent africain et le premier en Afrique du Nord.

L’année 2014 a été marquée par la célébration des 175 ans du Traité d’Amitié, de Commerce et de Navigation conclu en 1839 entre Léopold 1er, Roi des Belges, et Ahmed Pacha Bey, Souverain du Royaume de Tunis, texte fondateur des relations bilatérales entre notre pays et la Tunisie. Les accords de coopération directe signés avec ce pays dès le début des années 1960 ont permis de tisser des liens étroits entre la Belgique et la Tunisie. Bien qu’elle ne fasse plus partie des pays partenaires de la Coopération belge au Développement depuis l’an 2000, une intense coopération entre nos deux pays se poursuit harmonieusement, y compris au niveau des Communautés et des Régions qui sont également représentées en Tunisie. La Belgique a également soutenu la Tunisie durant sa période de transition démocratique à travers, notamment, le soutien financier à des projets menés par le PNUD dans le cadre des Printemps arabes (appui au processus constitutionnel et au dialogue national, soutien au secteur de la sécurité et à la justice transitionnelle…). Enfin, les nombreux investissements belges en Tunisie et les visites bilatérales régulières témoignent de la vivacité de nos relations bilatérales.

En Libye la Belgique a participé activement à l’opération Unified Protector menée par l’OTAN en vertu de la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU.  Notre pays a également accueilli une centaine de blessés libyens pour des soins médicaux dans la période post-révolution .Une visite officielle du Ministre Reynders a eu lieu au mois de février 2012. La Belgique, à l’instar de la communauté internationale, reconnaît le gouvernement libyen élu qui siège à Tobrouk et soutient la recherche d’une solution politique pour la Libye.

Relations bilatérales avec le Proche-Orient

Les principales caractéristiques de nos relations bilatérales avec les pays du Proche-Orient sont les suivantes :

Les relations bilatérales entre la Belgique et l’Égypte sont bonnes, et des contacts bilatéraux au plus haut niveau ont lieu régulièrement entre Bruxelles et Le Caire. La Belgique soutient les réformes politiques en Égypte. Elle essaie aussi de contribuer à la relance de l’économie dans le pays, et est convaincue que des possibilités supplémentaires de coopération économique existent.  D’autre part, la Belgique reconnaît l’importance du rôle que joue l’Égypte en tant que médiateur dans le conflit israélo-arabe et en tant qu’acteur régional.

Réguliers et étroits, les contacts de la Belgique avec Israël s’étendent aux domaines politique, économique, administratif, professionnel et culturel et ce tant à divers niveaux officiels que sur base d’ initiatives privées. Les rencontres officielles sont l’occasion d’aborder des thèmes tels que l’actualité internationale, les dossiers multilatéraux, le Processus de paix, la situation régionale, les droits de l’homme, y compris la lutte contre la discrimination et l’antisémitisme et la Mémoire de l’Holocauste. Des pistes y sont également explorées afin de resserrer les contacts économiques, technologiques et commerciaux.

La Belgique jouit d’une bonne image en Jordanie, grâce entre autres à ses positions appréciées dans le conflit israélo-arabe et la coopération dans la lutte contre ISIL. La Belgique a soutenu plusieurs projets en reconnaissance des efforts fournis par la Jordanie pour accueillir un grand nombre de réfugiés syriens sur son sol.. Les échanges économiques se résument principalement à des exportations de la Belgique vers la Jordanie, qui apprécie la bonne qualité de nos marchandises industrielles. Les deux familles royales entretiennent elles aussi de bonnes relations. Le Roi Abdallah s’est d’ailleurs rendu à plusieurs reprises en Belgique et des ministres belges effectuent des visites régulières en Jordanie.

Le Liban et la Belgique peuvent être comparés sur certains points, comme par exemple la recherche du compromis, un système politique basé sur la concertation et la coopération entre des populations, des communautés ou des régions qui possèdent des affinités culturelles, religieuses ou linguistiques différentes , et le maintien d’une unité dans la diversité.Les nombreux contacts bilatéraux de haut niveau témoignent des excellentes relations qu’entretiennent nos deux pays. 

La Belgique soutient les efforts de l’Union européenne, entre autres dans le cadre de l’accord d’association UE-Liban, afin de réaliser les objectifs communs convenus ainsi que la mise en œuvre, par toutes les parties impliquées, de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. La Belgique est consciente de l’effort que fournit le Liban dans l’accueil des réfugiés syriens. Afin de l’aider dans ces circonstances difficiles, et bien que le Liban ne fasse pas partie des pays partenaires de la coopération belge, des contributions ont été octroyées à des ONG actives dans le domaine de l’aide aux réfugiés. Il convient aussi de mentionner, bien que cela ne concerne pas uniquement le Liban, que la Belgique a décidé, le 4 septembre 2015, d’augmenter de 30 millions d'euros sa participation à l'aide humanitaire pour la crise syrienne. Dans le Territoire palestinien, la Belgique participe également au soutien politique et financier octroyé par l’Union européenne en faveur de la mise en place d’institutions publiques par l’Autorité palestinienne. En dépit d’un nouveau blocage des négociations, la Belgique continue à soutenir la recherche d’une solution négociée avec Israël qui permette la création d’un État palestinien, et où Jérusalem deviendrait la capitale de deux États. Le Territoire palestinien compte parmi les  pays partenaires de la Coopération belge au développement (l’aide qui lui est consacrée le place au rang de quatrième  partenaire de notre coopération) . Les relations politiques bilatérales sont également développées, ce qui s’est notamment traduit par une visite du Président de l’Autorité palestinienne M. Abbas en Belgique en février 2015. Enfin, la Belgique a décidé, en 2013, de rehausser le statut de la représentation diplomatique palestinienne à Bruxelles... Du fait du conflit en Syrie et de la lutte contre Daesh/EI, les relations bilatérales avec la Syrie sont réduites au strict minimum. Les négociations  afin de conclure un accord visant à éviter la double imposition et un accord de protection réciproque des investissements ont également été suspendues. L’Union européenne a par ailleurs adopté des sanctions contre le régime Al Assad. La Belgique essaie non seulement de fournir une aide humanitaire au peuple syrien et de contribuer à la lutte contre Daesh, mais tente également de soutenir la recherche d’une solution politique au conflit en Syrie.

Processus de paix au Proche-Orient (PPMO)

La recherche d'une solution pacifique au conflit israélo-palestinien est une préoccupation essentielle de la diplomatie internationale depuis plusieurs décennies déjà. Deux peuples ont été pris dans les tourbillons de l'histoire et plongés dans un conflit qui ne peut être résolu durablement que par la voie de la négociation. La dégradation actuelle de la situation met en évidence l'urgence d'une reprise des pourparlers, sur base des paramètres définis par l’Union européenne, afin de permettre l'avènement de la solution à deux États, avec un État palestinien indépendant, démocratique, d'un seul tenant, souverain et viable vivant côte à côte avec Israël dans la paix, la sécurité et la reconnaissance mutuelle. Il n'y a pas d'alternative à cette solution et, pour que des négociations soient possibles, il est indispensable de préserver cette solution à deux États et d’instaurer un climat de confiance. La Belgique s’oppose par conséquent  à tout ce qui est de nature à miner la solution des deux États, comme la colonisation et toutes les mesures prises dans le cadre de celle-ci.

La Belgique plaide également pour la levée complète du blocus de Gaza en conformité avec l’approche de l’UE. Les efforts de reconstruction de Gaza devraient être accélérés, et ceux-ci doivent  eux aussi s’inscrire dans un cadre politique plus général d’une reprise du Processus de paix au Moyen-Orient. Le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza est également une priorité, afin que celle-ci y exerce sa fonction de gouvernement, y compris dans les domaines de la sécurité et de l'administration civile. La Belgique considère à cet égard, tout comme l’UE, que la réconciliation entre Palestiniens est importante.

La sécurité d’Israël doit par ailleurs être absolument être garantie, et il est inacceptable que des roquettes soient tirées sur Israël depuis la bande de Gaza. Les menaces du Hamas et d’autres milices doivent cesser.

La Belgique considère enfin que l’Union européenne pourrait jouer un rôle plus important dans le processus de paix, en étroite coordination avec les autres acteurs concernés.

Irak et Iran

La Belgique a approfondi ses relations diplomatiques avec l’Irak: un ambassadeur de Belgique a été accrédité auprès de l’Irak en novembre 2009, et la première visite d’un ministre belge des Affaires étrangères en Irak a eu lieu à Bagdad et Erbil en mai 2009, après une interruption de 19 années. À cette occasion, les autorités irakiennes ont invité les entreprises belges à développer leurs activités en Irak.

Les lignes de forces de la politique belge vis-à-vis de l’Irak sont: soutien dans la lutte contre Daesh (EIIL), soutien à davantage d'"inclusivité" dans le processus politique irakien, c'est-à-dire une participation de toutes les communautés à la reconstruction du pays; soutien au principe d’ « appropriation régionale » (« regional ownership »), c'est-à-dire  l'implication constructive des pays voisins de l'Irak dans le processus de stabilisation, de réconciliation et de reconstruction du pays; soutien de la Belgique, enfin, au rôle d'assistance et de coordination de l'aide humanitaire qui est joué par les Nations Unies en Irak. La situation des droits de l’homme  reste néanmoins  fragile en Irak, notamment en ce qui concerne la protection effective des minorités ethniques et religieuses. L’application régulière de la peine de mort est également une inquiétude pour l’UE et ses États membres.

La Belgique soutient enfin le renforcement des relations entre l’Union européenne et l’Irak. La Belgique, de même que les autres États membres de l'Union européenne, suit de très près l'évolution de la situation en Iran.

L’accord sur le nucléaire du 14/07/15 entre l’Iran et les E3+3 (Royaume-Uni, France, Allemagne, États-Unis, Russie et Chine) permet d’entrevoir l’issue d’années de discussions sur un éventuel usage militaire de l’énergie nucléaire par l’Iran. L’accord (« Plan d’action global conjoint ») contient la garantie d’une détection rapide d’éventuelles intentions de l’Iran en ce sens. En contrepartie, s’il est confirmé que l’Iran respecte ses obligations découlant de l’accord, le régime de sanctions vis-à-vis de l’Iran sera en grande partie levé. La Belgique se réjouit de cet accord et des perspectives qui s’ouvrent désormais. Il faudra dorénavant tendre vers un rôle plus constructif de l’Iran dans la région. La levée des sanctions ouvre également des perspectives commerciales. Il ne faut néanmoins pas perdre de vue que des sérieuses carences en matière de droits de l’Homme subsistent (application de la peine de mort, et ce pour un grand nombre d’infractions, problèmes en matière de droits des femmes, de droits des minorités et de liberté d’expression, etc.). La Belgique entend que la situation en la matière s’améliore.

États du Golfe

Réguliers et étroits, les contacts de la Belgique avec les pays du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG) l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, le Koweït, Oman et le Qatar - s’étendent aux domaines politique, économique, administratif, professionnel et culturel et ce tant à divers niveaux officiels que sur base d’ initiatives privées. Les rencontres officielles sont l’occasion d’aborder des thèmes tels que l’actualité internationale, les dossiers multilatéraux, le Processus de paix au Moyen-Orient (PPMO), la situation régionale ou, les droits de l’homme, notamment la lutte contre la peine de mort et la discrimination des envers les femmes. De nombreuses entreprises belges sont également actives dans cette région stratégique dans des domaines aussi divers que la construction, l'ingénierie, le dragage, le transport, la médecine, la consultance,…

Les relations entre l’Union européenne et le CCG sont encadrées par un accord de coopération. C’est dans ce cadre que s’est tenu, le 24 mai 2015, la 24e réunion ministérielle UE-GCC. Cette réunion ministérielle avait été précédée d’une réunion des hauts fonctionnaires, afin d’approfondir le dialogue politique entre le GCC et l’UE sur des questions d’intérêt commun comme, entre autres, les crises régionales, au , en Syrie, en Irak,  en Lybie et le PPMO.

La situation au Yémen et les nombreux défis auxquels ce pays doit faire face reste une source de préoccupation et d’attention de la Belgique. Le conflit armé touche très durement la population locale et la Belgique encourage les parties au conflit à accepter l’invitation du représentant spécial du Secrétaire-général des Nations Unies, Cheikh Ahmed, à entamer des pour-parler pour ramener la paix. Ces négociations doivent mener à une solution politique durable sur base de la résolution 2216 du Conseil de Sécurité des Nations unies et des résultats de la Conférence du Dialogue National.