Moyen-Orient
Relations Belgique - Maghreb
La Belgique jouit d’une image positive dans les pays du Maghreb et ce essentiellement grâce à l’importante communauté maghrébine vivant dans notre pays et au dynamisme de nos échanges commerciaux.
La communauté marocaine en Belgique étant évaluée à près d’un demi-million de personnes, nos relations avec le Maroc sont particulièrement développées et ce à tous les niveaux. La tenue de la première Haute Commission Mixte de partenariat en mars 2007 illustre l’importance de nos relations. Le Maroc est également un partenaire privilégié de notre Coopération au développement depuis les années 60. Actuellement, une vingtaine de projets de la Coopération bilatérale directe sont en cours d’exécution. Le Prince Philippe a présidé une mission économique du 22 au 26 novembre 2009 avec pour objectif de donner un nouvel élan aux échanges commerciaux entre nos deux pays.
La coopération intergouvernementale entre notre pays et l’Algérie est active depuis 1975, et ce, de manière ininterrompue. Notre pays y jouit d’une forte notoriété notamment grâce au fait que notre Ambassade est l’une des rares à ne pas avoir fermé ses portes durant la décennie noire de la guerre civile algérienne. En ce qui concerne les échanges commerciaux, pour les trois régions de la Belgique, depuis plusieurs années et de manière constante, l’Algérie est le second marché sur le continent africain. Ce pays fait également partie des pays de concentration de notre Coopération au développement.
Les relations bilatérales entre la Belgique et la Tunisie sont très anciennes. En effet, le texte fondateur de ces relations est le Traité d’Amitié, de Commerce et de Navigation conclu en 1839 entre Léopold 1er, Roi des Belges, et Ahmed Pacha Bey, Souverain du Royaume de Tunis. Dès le début des années 60, plusieurs accords de coopération directe ont été signés entre nos deux pays. Depuis mai 2000, la Tunisie ne fait plus partie des pays partenaires de la coopération au développement. Toutefois, il existe une importante coopération au niveau des Communautés et des Régions qui sont également représentées en Tunisie ainsi qu’une coopération belgo-tunisienne entre universités et en matière de recherche scientifique qui fonctionne de manière quasi autonome. Les investissements belges importants et les visites bilatérales régulières témoignent des relations bilatérales soutenues entre nos deux pays.
La Belgique jouit également d’une image positive en Libye grâce, notamment, au fait qu’elle ait représenté les intérêts américains durant la période de l’embargo. En 2011, suite à la révolution libyenne, la Belgique a participé activement à l’opération Unified Protector menée par l’OTAN en vertu de la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU et a eu des contacts dès le mois de mai avec l’opposition libyenne. Une visite officielle du Ministre Reynders a eu lieu au mois de février 2012.
S'ils s'alimentent dans l'ensemble des pays du Maghreb à une situation socio-économique déplorable, et à un profond sentiment de tromperie par des autocraties ayant trop souvent monopolisé le pouvoir à leur bénéfice exclusif, les évolutions induites des "printemps arabes" se sont fortement différenciées de pays à pays. Alors que la Tunisie parvient à maintenir le cap de sa révolution en poursuivant sur la voie de la transition démocratique malgré les difficultés socio-économiques et les remous politiques, la Libye continue à éprouver de grandes difficultés à restaurer la situation sécuritaire pourtant indispensable à la mise en œuvre de la transition. Les autorités marocaines et algériennes ont, quant à elles, réussi à garder la main sur les mouvements revendicatifs populaires en lançant un chantier de réformes ayant pour objectif d’approfondir et de consolider la démocratie dans leur pays, initiant ainsi une phase de "transition douce".
Relations bilatérales avec le Proche-Orient
La Belgique développe avec chacun des pays du Proche-Orient des relations bilatérales les plus étendues possible. En voici quelques aspects:
Les relations bilatérales entre la Belgique et l’Egypte sont bonnes. Des contacts bilatéraux au plus haut niveau ont lieu régulièrement entre Bruxelles et Le Caire. La mission princière a joué un rôle très important en matière de développement et de coopération économiques; elle a également fait la preuve du haut potentiel d’approfondissement des relations économiques existantes. D’autre part, la Belgique reconnaît l’importance du rôle que joue l’Egypte en tant que médiateur dans le conflit israélo-arabe et en tant qu’acteur régional majeur à forte population arabe.
Réguliers et étroits, les contacts de la Belgique avec Israël s’étendent aux domaines politique, administratif, professionnel et culturel et ce, tant à divers niveaux officiels que sur des initiatives privées. Les rencontres officielles sont l’occasion d’aborder des thèmes relatifs à l’actualité internationale, à des dossiers multilatéraux comme le processus de Kimberley, aux droits de l’homme y compris la lutte contre la discrimination et l’antisémitisme et la Mémoire de l’Holocauste. Des pistes y sont également explorées afin de resserrer les contacts économiques, technologiques et commerciaux dans le cadre des compétences nationales distinctes.
La Belgique jouit d’une bonne image en Jordanie, grâce entre autres à la bonne qualité des marchandises industrielles qu’elle fournit et à ses positions appréciées dans le conflit israélo-arabe et la guerre en Irak. Les échanges économiques se résument principalement à des exportations de la Belgique vers la Jordanie. Les deux familles royales entretiennent elles aussi de bonnes relations. Le Roi Abdallah s’est d’ailleurs rendu à plusieurs reprises en Belgique et des ministres belges effectuent des visites régulières en Jordanie.
Le Liban et la Belgique peuvent être comparés sur certains points, comme par exemple leur système politique basé sur des concertations entre des populations et des régions qui possèdent des affinités culturelles, religieuses ou linguistiques distinctes.
La Belgique soutient les efforts de l’Union européenne, entre autres dans le cadre de l’accord d’association UE-Liban, afin de réaliser les objectifs communs convenus ainsi que la mise en œuvre, par toutes les parties impliquées, de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Dans le Territoire palestinien, la Belgique participe également au soutien politique et financier octroyé par l’Union européenne en faveur de la mise en place d’institutions publiques par l’Autorité palestinienne sous la direction du Premier ministre Fayyad. En dépit d’un nouveau blocage des négociations, la Belgique continue à soutenir la recherche d’une solution négociée avec Israël qui permette la création d’un Etat palestinien, et où Jérusalem deviendrait la capitale de deux états. Le Territoire palestinien compte parmi les 18 pays partenaires de la Coopération belge au développement. D’autre part, la Belgique tente de parvenir à une coopération avec l’Autorité palestinienne qui soit de nature à resserrer leurs liens politiques et économiques.
De manière générale, la Belgique souhaite transposer les relations bilatérales avec la Syrie dans un Accord d’association avec l’Union européenne. Mais les contacts politiques et les échanges économiques et commerciaux sont entravés par la politique de sanctions imposées au régime Assad. De même, afin de conclure un accord contre la double imposition et un accord de protection réciproque des investissements sont suspendues.
Dans cette région en effet, les “printemps arabes” ont conduit à de profondes cassures au sein des populations. La victoire écrasante d’un Islam plus militant en Egypte complique le processus de transition. En Jordanie, le mouvement de réformes amorcé en douceur risque d’être mis à mal par un nouvel afflux de réfugiés en provenance de Syrie, alors que le Liban tente de se distancier autant que faire se peut du chaos qui s’installe peu à peu chez son voisin syrien. Dans ce pays en effet, le refus systématique du pouvoir en place de céder aux revendications de la rue, auxquelles il répond au contraire par une féroce répression, conduit le pays sur la voie d’une dangereuse guerre civile.
Moyen-Orient
La recherche d'une solution pacifique au conflit israélo-palestinien occupe la diplomatie internationale depuis plusieurs décennies déjà. Deux peuples ont été pris dans les tourbillons de l'histoire et plongés dans un conflit qui ne peut être résolu durablement que par la voie de la négociation.
En tant que membre de l'Union européenne, la Belgique soutient les efforts fournis pour parvenir à un règlement pacifique du conflit qui ouvrirait la création d’un Etat palestinien viable pouvant vivre en paix aux côtés d’Israël. A cet effet, et avec ses partenaires de l'Union européenne, la Belgique poursuit ses démarches, afin que les deux parties honorent leurs obligations respectives et que le droit international soit respecté. La Belgique s’oppose également à toute prise de mesures qui seraient susceptibles d’entamer la confiance nécessaire entre les parties. L’arrêt complet de l’établissement de colonies pourrait représenter une première étape à cet égard, ainsi que la répression de toutes les attaques terroristes dirigées contre les citoyens.
La Belgique plaide pour une attitude claire et unanime du Quatuor et de ses membres, afin que soit préservée la perspective d'une solution de paix négociée dans un proche avenir.
La Belgique plaide également pour la levée complète du blocus de Gaza. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah reste un sujet de préoccupation pour la communauté internationale et la Belgique. Il est également souhaitable que le Fatah poursuive les réformes amorcées par le Plan du premier Ministre palestinien, Salam Fayyad. Outre l’accès plus étendu à Gaza, l’amélioration de la mobilité en Cisjordanie est également nécessaire à un redressement économique.
Les autres conflits régionaux dans cette zone, à savoir le conflit israélo-libanais et le conflit israélo-syrien, sont malheureusement actuellement eux aussi totalement en veilleuse.
Irak et Iran
La Belgique approfondit ses relations diplomatiques avec l’Irak: un ambassadeur de Belgique a été accrédité auprès de l’Irak en novembre 2009. La première visite d’un ministre belge des Affaires étrangères en Irak a eu lieu à Bagdad et Erbil en mai 2009, après une interruption de 19 années. A cette occasion, les autorités irakiennes ont invité les entreprises belges à développer leurs activités en Irak.
Les lignes de forces de la politique belge vis-à-vis de l’Irak sont: soutien à l'"inclusivité" du processus politique irakien, c'est-à-dire à la participation de toutes les communautés à la reconstruction du pays; soutien au "regional ownership", c'est-à-dire à l'implication constructive des pays voisins de l'Irak dans le processus de stabilisation, de réconciliation et de reconstruction du pays; soutien de la Belgique, enfin, au rôle d'assistance et de coordination de l'aide humanitaire qui est joué par les Nations Unies en Irak. La situation des droits de l’homme y reste pourtant fragile, notamment en ce qui concerne la protection effective des minorités ethniques et religieuses. L’application régulière de la peine de mort est une inquiétude pour l’UE et ses Etats-membres.
La Belgique soutient le renforcement des relations entre l’UE et l’Irak. L’accord de partenariat et de coopération (APC) avec l'Irak, conclu en novembre 2009, a été signé le 11 mai 2012. Depuis 2005, la mission EUJUST LEX vise à former des responsables d’administration pénitentiaire, des magistrats instructeurs et des officiers de police judiciaire irakiens, programme auquel notre pays participe activement.
La Belgique, de même que les autres Etats membres de l'UE, suit de très près l'évolution de la situation en Iran.
L’Union européenne et la Belgique déplorent la détérioration de la situation des droits de l’Homme en Iran: nombre élevé d’exécutions capitales, pendaisons de mineurs, lapidations, emprisonnement des dissidents et des défenseurs des Droits de l’Homme, persécutions contre certaines minorités religieuses, dont les Bahaïs… L’Union européenne et la Belgique réagissent régulièrement en appelant la République islamique à respecter ses obligations internationales, en particulier en ce qui concerne le respect des droits civils et politiques. Les propos du Président Ahmadinejad sur Israël et la Shoah font l’objet de condamnations fermes de la part de l’UE et de la Belgique.
Le droit de l'Iran à l'usage pacifique de l'industrie nucléaire est pleinement reconnu mais un faisceau d'indices concordants rend le programme nucléaire iranien suspect de finalités militaires. Un Iran doté de l'arme nucléaire serait une source de grande instabilité régionale et internationale. Il porterait en outre un grave coup à l'objectif de la non-prolifération nucléaire. A ce jour, Téhéran ne s’est conformé à aucune des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui demandent à l'Iran de faire toute la lumière sur son programme nucléaire et d'arrêter ses activités d'enrichissement d'uranium, lequel constitue aussi une étape vers la fabrication dune arme nucléaire. En conséquence, le Conseil de sécurité s’est vu dans l’obligation d’adopter des mesures restrictives contre l’Iran: gels des avoirs financiers d’entreprises iraniennes impliquées dans le programme nucléaire et balistique, restriction accrue dans l’octroi de visas à des personnalités iraniennes impliquées dans ces programmes,…. L’Union européenne souhaite une issue diplomatique rapide à la question nucléaire iranienne et a engagé une politique de la "double voie" avec l’Iran: dialogue lorsque cela est possible et pressions lorsque cela est nécessaire. L’UE a renforcé en 2011 ses mesures restrictives vis-à-vis de l’Iran qui visent les secteurs financier, énergétique, des transports, etc.
Etats du Golfe
La Belgique entretient d’excellentes relations avec les pays du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCG) qui comprend l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, le Koweït, Oman et le Qatar. De nombreuses entreprises belges sont actives dans cette région stratégique dans des domaines aussi divers que la construction, l'ingénierie, le dragage, le transport, la médecine, la consultance,…
Les relations entre l’Union européenne et le CCG remontent à une vingtaine d’années par la conclusion d’un accord de coopération. La Belgique se félicite de l’adoption, lors de la réunion ministérielle UE-GCC du 14 juin 2010, d’un programme d’action conjointe (2010-2013) visant le renforcement de la coopération dans différents domaines d’intérêts commun et la décision de poursuivre les consultations sur l’accord de libre échange en vue de conclure les négociations dès que possible.
La situation au Yémen et les nombreux défis auxquels ce pays doit faire face reste une source de préoccupation et d’attention de la Belgique. L’initiative Friends of Yemen, lancé en janvier 2010, qui vise à accompagner le Yémen dans les différentes réformes annoncées et ce par une approche globale, jouit de notre soutien en tant qu’Etat membre de l’Union européenne.
La vague d’insurrections arabes n’a touché que très partiellement la région du Golfe, où seul le Bahreïn s’est vu confronté à une révolte ouverte de la composante chiite de sa population. Avec des régimes en place surtout soucieux de stabilité régionale, ce sont les tensions récurrentes entre chiisme et sunnisme qui constituent la principale menace de déstabilisation.
