La stratégie de croissance et d'emploi

La stratégie de Lisbonne

Collectif Printemps 2000

Le Conseil de l’Europe du 23-24 mars 2000 à Lisbonne a fixé un objectif stratégique à l’Union pour la décennie à venir. Cet objectif consistait à devenir l’économie de la connaissance la plus concurrente et dynamique au monde, qui soit en mesure d’arriver à une croissance économique durable avec plus d’emplois de qualité et une cohésion sociale plus solide. Ce faisant, cette stratégie avait deux dimensions : économique et sociale.

Afin d’atteindre plus facilement cet objectif stratégique, une nouvelle méthode de coordination ouverte a été mise au point pour diffuser les meilleures pratiques et tendre à une plus grande convergence vers les principaux objectifs de l’UE. Pour développer cette méthode, plusieurs critères quantitatifs ont notamment été définis, comme l’objectif d’accroître le taux de participation sur le marché du travail à plus de 70 % et d’augmenter celui des femmes à plus de 60 %. Un autre critère consiste à destiner 3% du PIB européen à des dépenses en faveur de la recherche et du développement.

En outre, il a été convenu que désormais, chaque sommet de printemps des chefs d’État et de Gouvernement se pencherait sur les progrès réalisés.

Sommet de juin 2001

Le Conseil de l’Europe des 16-17 juin 2001 a approuvé la stratégie pour un développement durable qui complète l’implication politique de l’Union pour la modernisation économique et sociale. Cette stratégie a donc ajouté une troisième dimension, la dimension environnementale, à la stratégie de Lisbonne.

Collectif Printemps 2005

Cinq ans après le lancement de la stratégie, le bilan n’était pas totalement positif. Le ‘rapport Kok’, rédigé par un Groupe de haut niveau sous la direction de l’ancien premier ministre néerlandais Wim Kok, a conclu en novembre 2004 que l’Union voulait en faire trop avec sa stratégie de Lisbonne. De même, l’exécution, qui est principalement la responsabilité des États membres, pouvait être améliorée. Malgré des progrès indéniables, il fallait d’urgence passer à l’action. Pour ce faire, un nouvel élan devait être immédiatement donné à la stratégie de Lisbonne et les priorités de croissance et d’emploi devaient être primordiales.

Afin d’atteindre ces objectifs, l’Union devait utiliser davantage tous les outilsnationaux et communautaires adéquats, dont la politique de cohésion, dans les trois dimensions (économique, sociale et écologique) de la stratégie pour profiter au mieux des synergies entre elles dans un contexte général de développement durable. Parallèlement, dans le cadre des perspectives financières 2007-2013, l’Union devait être pourvue des moyens adéquats pour faire aboutir sa politique en général et la politique qui contribue à la réalisation des priorités de Lisbonne en particulier.

Afin d’intensifier la croissance et l’emploi, une nouvelle approche basée sur un cycle de trois ans a été introduite. Pour ce faire, un ensemble de directives intégrées ont été adoptées, composées de deux éléments : les directives intégrées de la politique économique et les directives de l’emploi.

Sur la base de ces directives, les États membres devaient mettre au point un programme de réformenational en tenant compte des recommandations et points prioritaires spécifiques aux pays et à la zone euro formulés par la Commission. Les États membres étaient supposés en tenir compte en priorité pour formuler les réformes structurelles dans le domaine socioéconomique. Chaque année en octobre, chaque État membre devait remettre à la Commission un rapport intermédiaire sur la réalisation de ce programme. La Commission devait alors évaluer ces progrès et les soumettre au Collectif Printemps, en modifiant éventuellement les recommandations et les points prioritaires. De plus, les États membres étaient supposés désigner un ‘coordinateur national Lisbonne’ afin de promouvoir la coordination et l’implémentation interne au sein d’un État membre.

En outre, la Commission s’est engagée à fixer un programme communautaire de Lisbonne, également sur la base de ces directives. Celui-ci devait reprendre toutes les mesures qui devaient être prises au niveau communautaire pour stimuler la croissance et l’emploi.

Collectif Printemps 2006

La spécificité de ce Collectif Printemps était que la stratégie était divisée en quatre champs d’action, à savoir la connaissance et l’innovation, l’exploitation du potentiel des entreprises – surtout des petites et moyennes entreprises -, l’augmentation des opportunités d’emploi pour les catégories prioritaires et l’énergie et le climat.

Collectif Printemps 2008

Le Conseil de l’Europe de mars 2008 a terminé le premier cycle de 3 ans et s’est félicité de la voie empruntée en 2005. Pendant ce Collectif Printemps, un deuxième cycle a également été lancé pour mettre l’accent sur la continuité et l’exécution des réformes en cours. Les champs d’action prioritaires identifiés précédemment ont été confirmés.

Sommet de décembre 2008

La crise financière, déjà initiée en 2007 et battant son plein à l’automne 2008, avait une influence sur l’économie réelle. Une intervention européenne coordonnée ne s’est pas fait attendre et le Conseil de l’Europe des 11 et 12 décembre 2008 a adopté un plan de relance pour l’économie européenne d’une valeur d’environ 200 milliards d’euros, ce qui équivaut à près de 1,5 % du PIB de l’Union européenne. Ce plan de relance qui faisait office de stratégie de sortie de crise constitue le cadre commun qui doit apporter une certaine cohérence aux efforts des États membres de l’Union européenne pour obtenir un effet optimal. Ce plan de relance cadre entièrement avec l’esprit de la stratégie de Lisbonne puisqu’il est axé sur les mesures prioritaires définies dans cette stratégie.

Collectif Printemps 2009

Le Conseil de l’Europe des 19-20 mars 2009 a évalué positivement les mesures déjà introduites dans le cadre du plan de reprise d’un montant d’environ 3,3 % du PIB de l’Union européenne, ce qui équivaut à plus de 400 milliards d’euros. Le passage de 1,5 % à 3,3 % s’est produit en calculant l’effet des stabilisateurs automatiques (par ex. prestations de sécurité sociale). Les chefs d’État et de Gouvernement ont également approuvé les recommandations et points prioritaires spécifiques aux pays et à la zone euro actualisés pour la politique économique et la politique de l’emploi des États membres. Concrètement, il a été recommandé que la Belgique :

  • reduise la pression fiscale du travail, notamment en diminuant le coin fiscal des bas salaires et en gérant mieux les dépenses à moyen terme pour favoriser la consolidation du budget;
  • crée plus de concurrence sur les marchés du gaz et de l’électricité en fixant une réglementation qui favorise la concurrence, avec des instances de régulation totalement indépendantes et efficaces, et maintienne les mesures à l’égard des gestionnaires de réseaux de transport et des gestionnaires de réseaux de distribution;
  • dans le cadre d’une approche de flexisécurité intégrée, exécute plus rapidement les mesures coordonnées pour améliorer leur action sur le marché du travail, revoit les allocations de chômage pour veiller à ce que les demandeurs d’emploi retournent plus facilement sur le marché de l’emploi, augmente la participation au marché de l’emploi (notamment pour les travailleurs plus âgés et les travailleurs émigrés), réduise les différences régionales et veille à ce qu’il y ait plus de personnes qui poursuivent leur apprentissage pendant toute leur vie dans toutes les régions.

Avenir

Actuellement, on réfléchit à la forme que va prendre la stratégie de Lisbonne après 2010. À la fin 2009, on peut s’attendre à un rapport d’évaluation général de la Commission et à des décisions concrètes au collectif Printemps de 2010 ou peut-être de 2011.