Diplodays: Speech by Minister De Croo

Diplodays

Speech by Deputy Prime Minister and Minister of Development Cooperation

Alexander De Croo

Egmont Palace, 18 December 2017

 

! Enkel het gesproken woord telt - seul le prononcé fait foi !

 

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Bonjour et bienvenue chez vous, à Bruxelles, terre de stabilité dans un monde qui change sans cesse.  

Vous vous en souvenez peut être, la Belgique a connu ces dernières années 6 ministres de la Coopération au Développement depuis 2007 : les ministres Michel, Chastel, Laruelle, Magnette, Labille et moi-même. Seul Charles Michel est parvenu à rester en poste plus de trois ans. Plus exactement 3 ans et 55 jours. À ce jour, je suis donc le ministre de la Coopération au Développement ayant eu le plus long mandat, en ce 21e siècle !

Mais restons quand même humbles et modestes, spécialement envers mes prédécesseurs. Si vous me le permettez, j’aimerais partager avec vous quelques réflexions et quelques idées qui m’animent après ces quelques années de mandat.
 

De eerste bedenking die ik met u zou willen delen is dat de doeltreffendheid van de hulp en van ontwikkeling geen zake van steunvolumes is. Het gaat eerst en vooral om een stabiele omgeving, een degelijk beleid en goede ideeën.

 

Laten we beginnen met twee grote landen die in Sub Sahara Afrika gelegen zijn: Ethiopië en de Democratische Republiek Congo. Twee landen die grosso modo dezelfde oppervlakte en bevolking hebben. Toen de twee landen op het einde van de aren 1990 een uitweg vonden uit intern conflict, was hun BNI per inwoner min of meer hetzelfde, rond 100 USD. Vijftien jaar later komt het Congolese BNI per inwoner op 400 dollars; het Ethiopische op 700.

Si vous pensez que plus l’aide (et les montants de l’aide) au développement est importante, plus elle a d’impact, vous allez probablement conclure que l’Ethiopie a reçu nettement plus de moyens que la RDC ces quinze dernières années. Et bien, ce n’est pas le cas. C’est même le contraire qui s’est produit. Comment cela se fait-il ? Nous connaissons tous la réponse. Si on peut s’interroger sur le bilan de l’Ethiopie en termes de droits humains, son gouvernement a adopté une gouvernance économique stable et a œuvré au bien-être de ses 100 millions de citoyens. En revanche, cela a été la dernière préoccupation du régime congolais. Le gouvernement en RDC s’est montré incapable de stabiliser son territoire et totalement étranger au bien-être de la population congolaise, au nombre de 80 millions.

En conclusion, je dirais donc qu’il n’y a pas de lien de cause à effet direct entre les volumes d’aide et l’efficacité de l’aide. Le développement, c’est d’abord et surtout une question d’environnement stable et de volonté politique.

Ontwikkeling gaat ook over een stabiel kader en politieke wil.Laat mij u aan ander voorbeeld geven. Eén van de grootste hervormingen van Deng Xiaoping op het einde van de jaren 1970 betrof het recht dat hij aan de Chinese boeren gaf om eventuele oogstoverschotten, boven het vastgestelde quotum dat aan de staat diende verkocht te worden, te houden. De boeren mochten deze overschotten verkopen op lokale markten. De effecten van Dengs hervormingen waren ronduit spectaculair. De landbouwproductie schoot omhoog, de inkomsten van de boeren verdrievoudigden  en de levensstandaarden verbeterden op grote schaal. Begrijp mij niet verkeerd, ik pleit niet voor een planeconomie op zijn Dengs, maar zelfs in een dergelijke context verbeterde het eenvoudige idee van een beetje vrijheid toe te kennen aan boeren het leven van tien miljoen mensen.

Ontwikkeling gaat niet over plannen, het gebeurt wanneer mensen zich vrij mogen ontwikkelen. En beleid, politieke wil en verstandige maatregelen zijn voorwaarden om het duurzaam te maken. Ontwikkelingshulp zal enkel duurzame ontwikkeling ondersteunen als het governanceklimaat dit toelaat.
 

Ma deuxième réflexion est que le développement est lié à des valeurs et aux droits humains. L’Agenda ODD se fonde sur des valeurs.

 

Les valeurs sont plus importantes que les montants de l’aide. Ce n’est donc pas un hasard si l’Agenda de Développement durable est ancré dans les droits humains et les traités et conventions des droits de l’Homme. 

Je vous propose d’observer la situation des droits de l’Homme et le taux de participation dans nos 13 pays partenaires africains :

C’est surtout le deuxième tableau que je trouve intéressant. Dans six de nos pays partenaires, la situation des droits de l’Homme et le taux de participation a régressé. Dans des pays comme le Rwanda, le Maroc et le Niger, pas directement attendus, la participation et la situation des droits de l’Homme se sont nettement améliorées.

Regardons à présent si dans nos pays partenaires, il y a aussi une corrélation entre l’amélioration de la situation en termes de droits humains dans les dix dernières années et les opportunités économiques durables. Pensons par exemple à l’environnement business, aux infrastructures et à la politique des pouvoirs publics.

Laat ons vervolgens ook eens nagaan of er een correlatie is tussen gender, waar we binnen de rechtenbenadering een bijzondere focus op leggen, en menselijke ontwikkeling (human development) – waar het ons uiteindelijk toch om te doen is:

Dankzij de Mo Ibrahim Index on African Governance kunnen we aantonen waar ik als humanist al lang van overtuigd ben: menselijke en economische ontwikkeling kunnen niet los gezien worden van mensenrechten en waarden zoals gelijkheid tussen man en vrouw, niet-discriminatie van minderheden en LGBT, vrije meningsuiting.

Het is vanuit deze overtuiging dat ik in maart van dit jaar, samen met mijn Nederlandse, Deense en Zweedse collega’s, She Decides heb gelanceerd, hier in dit eigenste Egmont Paleis. De eerste drijfveer was het verlies aan financiering te compenseren door de activering van de global gag rule door President Trump.

Maar nog geen tien maanden later is She Decides een veel bredere beweging. Een beweging die niet langer vertrekt vanuit de antithese met de VS, vanuit een negativiteit, maar een beweging met een positief uitgangspunt: beweging vóór meisjes- en vrouwenrechten en in het bijzonder hun seksuele en reproductieve gezondheid en rechten.

She Decides mag zich echter niet beperken tot de West-Europese landen. Dat zou geen enkel nut hebben. De boodschap moet ook naar het zuiden uitgedragen worden, want daar bevinden zich de grootste uitdagingen. Ik wil jullie daarom graag meer betrekken bij deze beweging. Ik zag reeds goede voorbeelden in Kampala en Caïro en wil jullie hierbij allen oproepen om rond dit thema te werken. Jullie kennen de lokale context het best en kunnen dus het best opportuniteiten identificeren.

“As the US turns its back on multilateralism, Europe has to take a leading role”, heb ik getweet na de Amerikaanse beslissing om uit de onderhandelingen rond het global migration compact te stappen. Welnu, She Decides toont aan dat we ook op heel concrete thema’s die leidersrol kunnen waarmaken.

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, évoquons à présent, si vous le voulez bien, le rôle important dévolu au secteur privé.
 

Pour réaliser les ODD, il faut impliquer le secteur privé.
 
Impliquer le secteur privé permettra d’augmenter les investissements tout en améliorant l’efficacité.

 

Pour atteindre les Objectifs de Développement durable, nous avons besoin d’investissements massifs, tant du secteur public que du secteur privé.

La plupart des pays à revenu intermédiaire devraient y parvenir en mobilisant des revenus nationaux, grâce aux investissements extérieurs et grâce à l’accès aux marchés des capitaux. De plus, certains de ces pays attirent des montants considérables sous forme de remittances, c’est-à-dire les fonds envoyés au pays par les travailleurs émigrés.

En revanche, pour bon nombre de pays les moins avancés, l’absence d’un environnement favorable n’incite pas le secteur privé à investir, ce qui rend les PMA lourdement dépendants des financements extérieurs.

Mais les financements venant des bailleurs étrangers ne suffiront pas pour atteindre les ODD. Les bailleurs n’ont tout simplement pas assez d’APD à leur disposition.

C’est pourquoi nous devons nous efforcer d’attirer les investissements privés.

La Société belge d'Investissement pour les Pays en Développement (BIO) a ainsi récemment investi plus de 900 millions d’USD (750m EUR) dans le développement du secteur privé dans le Sud. Pour accroître ces fonds, j’ai ouvert BIO aux capitaux privés. Jusqu’ici, nous avons un ratio d’1 pour 3 : 7,5 millions EUR de fonds publics pour 22,5 millions EUR de capitaux privés. Et ce n’est qu’un début.

Ces investisseurs privés n’apportent pas uniquement des liquidités/de l’argent cash. Ils insufflent aussi un tout autre état d’esprit, basé sur la notion de profit. Le profit détermine les résultats. Il débouche sur un impact. Parce que, soyons honnêtes, les bailleurs gouvernementaux se préoccupent rarement de l’impact, de même que nos contribuables qui ne sont pas les bénéficiaires de nos programmes et projets de développement. Les acteurs privés, par contre, sont nettement plus orientés sur les résultats. Ils veulent juste un retour sur investissement pour les financements qu’ils accordent.

C’est dans cet esprit qu’est née « l’obligation à impact humanitaire » (Humanitarian Impact Bond), un mécanisme inédit que nous avons officiellement lancé avec le CICR en septembre dernier. Le « Humanitarian Impact Bond » réunit 18,6 millions EUR (ou environ 22,2 millions de dollars US) injectés par des investisseurs sociaux qui vont préfinancer la construction de centres de revalidation physique au Mali, au Nigéria et en RDC. Les investisseurs sociaux seront remboursés par un groupe de bailleurs appelés « outcome funders » – dont fait parte le gouvernement belge - une fois que le programme de revalidation de 5 ans aura atteint les résultats préalablement définis.

Het is zoals Steve Jobs, de grondlegger van Apple, ooit zei : Het is inzetten op innovatie dat leiders onderscheidt van achtervolgers. En dat is wat we met Belgie en de Belgische Ontwikkelingssamenwerking willen zijn : leiders, trendsetters, voortrekkers.

 
Dames en heren,

Steven Jobs en de Humanitarian Impact Bond brengen mij naadloos tot mijn laatste bedenking.
 

Om de SDG’s te realiseren, moeten we de efficiëntie verbeteren en hiervoor hebben we een betere en meer innovatieve aanpak nodig.

 

De humanitaire behoeften stijgen jaar na jaar. Steeds meer mensen overlijden wegens humanitaire crisissen en conflicten. Slechts één procent van de humanitaire middelen is gewijd aan humanitaire innovatie en onderzoek. Dit moet anders.

Dit geldt ook voor ontwikkeling in het algemeen. Tijdens mijn drie jaren mandaat heb ik voortdurend ontwikkelings- en humanitaire actoren aangemoedigd om meer te innoveren. Technologie is een kans om een grote sprong vooruit maken op ontwikkelingsgebied.

Iedereen kent het voorbeeld van de mobiele telefoons en hun impact op ontwikkeling in Afrika.

Deze slide geeft een mooi overzicht van de mobiele revolutie in Afrika. Mobiele apps brengen boeren dichter bij hun markten, ze helpen gegevens over de gezondheid te verzamelen, simkaarten zijn de bankrekening geworden van miljoenen Oost-Afrikanen. Op heel wat vlakken van mobiele innovatie staan Afrikaanse landen vandaag aan de top van de ladder.

Met hernieuwbare energie in Afrika (zonne-, wind- en waterenergie) zou men elk huishouden op het continent kunnen voorzien, en de fase van afhankelijkheid van brandstof kunnen overslaan.

In Mali, Togo en Niger doen we aan 3D-printing van kunstmatige ledematen, wat de kwaliteit van de protheses verhoogt en hun prijs verlaagt.

En we financieren het Wereldvoedselprogramma om drones in te zetten bij humanitaire interventies. Waardoor we sneller kunnen schakelen en meer mensenlevens kunnen redden.

Les exemples sont légion. J’ai l’intention d’organiser l’an prochain un hackathon humanitaire en Belgique qui réunira le secteur privé, les organisations humanitaires et les universités pour réfléchir ensemble à des solutions innovantes.

L’innovation sauve des vies et nous devons promouvoir cette innovation par tous les moyens. Mais bien sûr pour que l’innovation permette de combler l’écart, il faut plusieurs choses et j’en reviens aux points que j’ai soulignés précédemment :

  1. Nous avons besoin d’environnements stables et de bonnes politiques
  2. Nous avons aussi besoin de gouvernements démocratiques à l’écoute des besoins de leurs citoyens et qui respectent les droits humains comme la liberté d’expression.
  3. Nous avons besoin d’un secteur privé qui crée de la prospérité et se sente le bienvenu pour investir dans les infrastructures comme les énergies renouvelables et la connectivité internet.

 
Dames en Heren,

Het is die aanpak die we systematisch uitrollen in onze partnerlanden.

Ik ben overigens tevreden dat de diplomatieke bureaus in Bamako, Niamey, Cotonou en Conakry op 1 februari 2018 worden omgevormd tot ambassades. Dat zal ons partnerschap op het vlak van ontwikkeling sterk ondersteunen.

Maar, jammer genoeg, is die innovatieve aanpak vandaag niet in al onze partnerlanden mogelijk op een even succesvolle manier mogelijk.

Collega Reynders zal het met u wellicht al over de DRC hebben gehad. Vanuit de regering zijn wij zeer bezorgd over de situatie in DRC.

Er is vandaag geen geloofwaardige verkiezingskalender.

De President en de regering zijn illegitiem, want hun mandaten zijn verlopen.

De afspraken van het Sylvesterakkoord zijn niet gehonoreerd.

En intussen lijdt de bevolking onder verregaande verpaupering en onveiligheid.

De komende weken zal ik verder met de Premier en collega Reynders bespreken hoe we het Belgisch beleid in de DRC verder vorm kunnen en zullen geven.

Enfin, j’aimerais évoquer le lancement de l’agence Enabel au 1er janvier 2018. Pour les ambassadeurs des pays partenaires, une session a été organisée vendredi pour leur exposer la transformation de la CTB en Enabel. Je m’en tiendrai à l’essentiel.

Qu’est-ce qui va changer? Trois choses.

  1. Enabel sera dotée d’une autonomie accrue pour exercer sa tâche principale, la coopération gouvernementale avec les pays partenaires. Cette autonomie concernera aussi bien la phase de préparation des politiques que celle de mise en œuvre. Par conséquent, Enabel, sera jugée sur ses résultats, plus que la CTB.
  2. Enabel pourra effectuer davantage de missions. Ainsi, un programme D4D sera lancé début 2018. Le fait de décrocher des missions pour le compte de tiers, comme l’UE, sera activement encouragé.
  3. Enabel devra, plus encore que la CTB, devenir un réseau d’expertise. Elle travaillera main dans la main avec les acteurs - académiciens, ONG, entreprises privées, établissements publics – les mieux placés pour enregistrer des résultats.

Enfin, les équipes Enabel établies dans les capitales des pays partenaires seront installées dans les bâtiments des ambassades (one roof) et Enabel sera placée sous le contrôle politique de l’ambassadeur.  Le chef de poste veille aux intérêts belges et à la cohérence de la politique étrangère belge. Il contrôlera si elle assume bien son rôle dans le cycle de programmation (notamment la rédaction d’une lettre d’instruction et la validation de la stratégie « pays »).

L’hébergement d’Enabel dans les ambassades rejoint tout à fait la philosophie de l’Approche globale dans laquelle ce gouvernement s’inscrit. Le mois dernier, j’ai pu constater au Mali à quel point il est important d’utiliser nos différents instruments avec cohérence.

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les chefs de poste,

J’ai hâte d’entendre vos questions. Avant de vous céder la parole, je tiens à vous remercier pour la bonne coopération et pour tout le travail accompli.

Ces dernières années, je suis venu vous voir, entre autres à Bamako, Kampala, Kinshasa, Addis, Juba, Nairobi, Conakry, Cotonou, Dakar,… J’ai bien conscience de tous les défis auxquels vous devez faire face. Pour 2018, je vous souhaite donc d’ores et déjà :

  • Peu de problèmes informatiques ICT ;
  • Beaucoup d’enthousiasme profesionnel ;
  • Et une bonne santé à vous et à vos familles!