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Du 22 au 28 septembre 2026, la Belgique participera à la Semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGA81) à New York. Ce rendez-vous annuel constitue le principal forum international réunissant chefs d’État, chefs de gouvernement et Ministres du monde entier afin de débattre des grands enjeux internationaux au sein des Nations Unies.
L’UNGA81 se tient dans un monde plus fragmenté, marqué par la multiplication des crises, l’intensification des tensions géopolitiques et une crise de liquidités qui met sous pression le fonctionnement des Nations Unies. Dans ce contexte, la Belgique fait un choix clair : celui d’un multilatéralisme efficace, fondé sur le droit international et capable de produire des résultats concrets. Pour un pays ouvert comme le nôtre, la coopération internationale n’est pas seulement une question de principe : elle contribue directement à notre sécurité, à notre prospérité et à la défense de nos intérêts.
Défendre le multilatéralisme signifie dès lors aussi accepter de le réformer. La Belgique soutient une réforme ambitieuse à travers l’initiative UN80, afin de rendre les Nations Unies plus efficaces, plus cohérentes et davantage concentrées sur les domaines où elles peuvent avoir le plus d’impact. Cette participation belge s’inscrit dans le thème de l’UNGA81 : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ».
Le système des Nations Unies représente par ailleurs un enjeu économique concret pour notre pays. Entre 2015 et 2024, près de 9 milliards de dollars de contrats des Nations Unies ont été attribués à des fournisseurs belges, notamment dans les secteurs pharmaceutique, médical et logistique. Une ONU efficace constitue donc également un écosystème dans lequel l’expertise et l’innovation belges trouvent des débouchés internationaux.
La délégation belge sera conduite par le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévot. Y participeront également la Ministre de la Justice et de la Mer du Nord, Annelies Verlinden et le Ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Bernard Quintin.
Sa Majesté la Reine Mathilde sera présente du 20 au 22 septembre dans le cadre de son rôle de Défenseure des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies.
Élargir les partenariats internationaux de l’Europe
Le Ministre Prévot sera à New York durant la journée du 22 septembre et la matinée du 23 septembre pour l’ouverture du Débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il s'adressera à l'Assemblée générale le mardi 22 septembre. Plusieurs rencontres bilatérales sont également prévues. Il participera en outre à la réunion ministérielle entre l’Union européenne et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes (UE-CELAC).
« L’Europe doit élargir son réseau de partenariats. Avec ceux qui partagent notre attachement au droit international et à un ordre fondé sur des règles, nous devons aller plus loin. Mais la diplomatie, c’est aussi parler avec ceux avec lesquels nous avons des divergences. Dans un monde plus fragmenté, nous devons être présents partout où nos intérêts sont en jeu, sans renoncer à nos valeurs. Le repli n’est pas une option pour l’Europe », souligne le Ministre Prévot.
Une coopération internationale plus stratégique face aux crises globales
En tant que Ministre chargé de la Coopération au développement, le Ministre Prévot défendra à New York une coopération au développement plus stratégique et plus transactionnelle, pleinement intégrée à la politique étrangère belge. L’objectif est de construire des partenariats plus équilibrés, fondés sur la réciprocité et le bénéfice mutuel, tout en concentrant davantage les moyens sur trois priorités qui ne connaissent pas de frontières : le climat, la santé mondiale et la stabilité.
Cette approche plus transactionnelle concerne la coopération au développement. L’aide humanitaire d’urgence répond, quant à elle, à une logique distincte : lorsqu’il s’agit de sauver des vies, les besoins des populations restent le point de départ de notre action. Dans un contexte de multiplication des conflits, des catastrophes climatiques et des crises sanitaires, la Belgique entend continuer à assumer ses responsabilités humanitaires, y compris dans les crises qui disparaissent trop souvent des radars internationaux.
« La coopération au développement est un investissement stratégique dans la stabilité, la prévention et, à terme, aussi dans notre propre sécurité et notre prospérité. Nous assumons une approche plus transactionnelle, fondée sur des partenariats plus réciproques et dans lesquels chacun doit trouver une valeur ajoutée. L’aide humanitaire d’urgence répond, elle, à une autre logique : lorsqu’il faut sauver des vies, les besoins restent notre boussole. Regardons les crises auxquelles nous sommes confrontés. Les conflits déstabilisent des régions entières, le changement climatique frappe de plus en plus durement nos sociétés et l’épidémie d’Ebola en RDC nous rappelle qu’un virus ne s’arrête pas à une frontière. C’est précisément face à ces défis que les Nations Unies et leurs agences ont une valeur irremplaçable », souligne le Ministre Prévot.
La Belgique continuera dès lors à soutenir les agences des Nations Unies capables d’agir à grande échelle dans ces domaines, tout en plaidant pour davantage de coordination, d’efficacité et d’impact. Qu’il s’agisse de santé mondiale, de réponse humanitaire, de sécurité alimentaire, de réfugiés, de développement ou de climat, aucun État ne peut apporter seul une réponse efficace à ces défis transfrontaliers.
La candidature belge pour le secrétariat du traité BBNJ
La Ministre Verlinden défendra la candidature de la Belgique pour accueillir à Bruxelles le secrétariat de l’Accord BBNJ sur la protection de la biodiversité en haute mer. La Belgique a ratifié cet accord en 2025 et joue depuis de nombreuses années un rôle moteur en matière de diplomatie internationale des océans, de recherche scientifique marine et de gestion durable des océans. Grâce à sa forte présence diplomatique, à ses institutions internationales et à son expertise scientifique, notre pays entend offrir un cadre idéal au secrétariat de cet accord mondial.
La Ministre Verlinden participera également à la réunion annuelle du Réseau ministériel informel pour la Cour pénale internationale, consacrée à la protection de l’indépendance de la Cour et au renforcement de la justice pénale internationale.
« La Belgique est prête à faire de Bruxelles le cœur diplomatique de l'océan, là où science et politique se rencontrent, et où toutes les nations peuvent faire entendre leur voix pour la protection de notre planète bleue », souligne la Ministre Verlinden.
Protection de l’océan et sécurité maritime
La Belgique poursuit son engagement en faveur de mers ouvertes et sûres ainsi que dans la lutte contre la criminalité maritime. À New York, le Ministre Quintin participera, aux côtés de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), à un panel consacré à l’avenir de la lutte contre la criminalité maritime, avec un accent particulier sur l’utilisation des nouvelles technologies et la coopération public-privé.
Pour une économie ouverte et une plateforme logistique internationale comme la Belgique, la sécurité des routes maritimes constitue également un enjeu direct de sécurité et de prospérité. Le respect de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et de la liberté de navigation est essentiel pour garantir la circulation des marchandises, protéger le commerce mondial et prévenir les tensions et conflits maritimes. C’est d’ailleurs la liberté de navigation qui constituera cette année le fil conducteur de l’intervention de la Belgique à la tribune des Nations Unies.
« La sécurité de la Belgique ne s'arrête pas à nos frontières. Elle passe par une coopération renforcée au niveau européen et international. C'est pourquoi la Belgique intensifie constamment ses partenariats dans le domaine policier avec ses alliés. C'est vrai aussi pour nos ports, dont la protection reste une responsabilité partagée, qui implique la police et les douanes, les autorités portuaires, les compagnies maritimes et l'ensemble des opérateurs logistiques. C'est tout le sens de notre plateforme Port2Port, qui permet de renforcer le partage d'informations et la coopération entre les acteurs publics et privés. L'intelligence artificielle et les données satellitaires nous donnent aujourd'hui des capacités d'analyse et d'anticipation que nous n'avions pas hier. Nous continuerons à investir dans ces outils et à développer leur usage au niveau international afin de démanteler les organisations criminelles, leurs structures et leurs réseaux. La Belgique a également pris l'initiative, au sein de l'Organisation maritime internationale, de proposer une révision du Code ISPS pour renforcer la sécurité portuaire à l'échelle mondiale et garantir des règles communes à tous les ports, grands comme petits. Cette proposition a déjà reçu le soutien de l'Association internationale des chefs de police. Cette Assemblée générale doit nous permettre d'élargir cet appui et de la faire avancer concrètement au niveau international », souligne le Ministre Quintin.
Le droit international comme boussole, de l’Ukraine au Moyen-Orient
Face au retour des rapports de force, la Belgique continuera à défendre le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, de manière cohérente et partout où ceux-ci sont remis en cause.
Notre pays réaffirmera son soutien indéfectible à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et continuera à œuvrer en faveur d’une paix juste et durable.
La protection des populations civiles, et en particulier des enfants, sera également au cœur de l’action belge concernant Gaza et la Cisjordanie. Avec la Jordanie et la Commission européenne, la Belgique organisera à New York un « Appel à l’action pour les enfants palestiniens en Cisjordanie et à Gaza ».
La Belgique profitera également de la Semaine de haut niveau pour organiser des rencontres bilatérales avec des pays partenaires, des organisations des Nations Unies, des acteurs du secteur privé et de la société civile.
Vous pourrez suivre en direct le Débat général ainsi que plusieurs événements sur le site web des Nations Unies.
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