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Record d’affluence battu pour une activité du Cercle diplomatique du Sablon, co-organisée avec l’éditeur Lannoo, à l’occasion de la présentation du livre consacré au roi Baudouin par le professeur Vincent Dujardin. Près de 170 personnes avaient fait le déplacement, témoignant de l’intérêt toujours vif pour la figure du souverain.
L’ouvrage repose sur des archives inédites, notamment les carnets personnels du roi, qui permettent de mieux comprendre l’homme derrière la fonction. Il revient d’abord sur une jeunesse marquée par de profondes épreuves : la mort de la reine Astrid, la guerre, l’exil et la Question royale. Baudouin apparaît alors peu préparé à exercer le pouvoir et profondément affecté par les circonstances de son accession au trône.
Les années 1950 sont décrites comme une période difficile, faite d’erreurs mais aussi d’apprentissage. Progressivement, le roi parvient à asseoir son autorité et à jouer un rôle de médiateur dans les crises politiques, cherchant à rester au-dessus des clivages.
Le livre met également en lumière son intérêt pour le Congo et ses prises de position en faveur d’une évolution du système colonial. L’indépendance du Congo et ses conséquences sont analysées avec nuance, notamment à travers le discours controversé du 30 juin 1960.
La dimension personnelle du souverain occupe une place importante, en particulier sa relation avec la reine Fabiola, qui influence profondément son évolution. Leur couple est présenté comme uni, malgré les épreuves, notamment l’absence d’enfants.
Sur le plan intérieur, Baudouin accompagne les transformations de la Belgique vers le fédéralisme, tout en exprimant ses inquiétudes quant à l’unité du pays. L’épisode de 1990, lorsqu’il refuse de sanctionner la loi sur l’IVG, illustre les tensions entre ses convictions personnelles et son rôle constitutionnel.
En politique étrangère, il se distingue par son engagement européen et sa volonté de dialogue, y compris avec des régimes opposés idéologiquement. Son prestige international se reflète dans la présence exceptionnelle de chefs d’État à ses funérailles.
Enfin, la mort du roi en 1993 suscite une émotion populaire considérable, révélant le lien profond qui l’unissait à la population. Le portrait qui se dégage est celui d’un homme profondément humain, attentif aux autres et animé par un grand sens du devoir.
M. Dujardin a clôturé son intervention en lisant plusieurs citations, dont certaines émanaient de personnalités présentes dans l’auditoire, telles que les anciens ministres Willy Claes et Philippe Busquin.
L’ouvrage est à présent disponible en librairie.