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Dans le cadre de la quatrième activité du Cercle diplomatique du sablon, monsieur le ministre Maxime Prévot a rencontré les ambassadeurs membres du cercle au Palais d’Egmont. Il a abordé les crises successives actuelles, les conflits qui s’intensifient et l’érosion des repères traditionnels et déclaré que la Belgique devait faire entendre sa voix et que la boussole guidant sa diplomatie, même dans des moments de turbulence devait être : voir loin, parler vrai et agir avec justice.
Voir loin
Voir loin, a-t-il soutenu, signifie que la stabilité d’hier n’est plus garantie, citant l’invasion de l’Ukraine, les troubles en Palestine, au Soudan et dans l’Est du Congo liés à des crises systémiques. Il a réaffirmé le rôle de leadership que la Belgique doit assumer, en adoptant une diplomatie qui anticipe, innove et prend des initiatives. Il a lancé un appel vibrant à renforcer l’action internationale fondée sur la paix, le droit international, le multilatéralisme et l’aide humanitaire. Il a également affirmé que la diplomatie économique et politique sont les deux faces d’une même pièce stratégique : l’influence mondiale. L’une prépare le terrain, l’autre plante les graines du développement. Diversifier les partenariats est essentiel pour éviter une dépendance aux alliances traditionnelles.
Parler vrai
Parler vrai, a-t-il souligné, signifie oser dire ce qui doit être dit et maintenir une politique étrangère cohérente. Face à l’urgence climatique, la Belgique doit mettre à profit son expertise, sa technologie et ses entreprises innovantes pour soutenir une diplomatie climatique proactive.
Agir avec justice
Agir avec justice, pour monsieur le ministre, signifie livrer des actions, des résultats et des solutions — et non seulement des mots. L’aide humanitaire doit être une priorité et la coopération doit favoriser un développement stable plutôt qu’une dépendance. Cela implique de promouvoir l’accès aux soins de santé et d’investir dans les femmes et les jeunes.
La diplomatie de sécurité est également essentielle, incluant la défense et une collaboration renforcée avec les pays voisins, notamment au sein du Benelux. Il a aussi annoncé une politique de sièges plus ambitieuse et une refonte du réseau diplomatique belge pour le rendre plus efficace, moderne et réactif — avec l’ouverture de nouveaux postes et la fermeture d’autres. Bruxelles, en tant que centre diplomatique mondial, a des responsabilités : écouter, accueillir et dialoguer.
Lors de la traditionnelle séance de questions/réponses, monsieur le ministre a abordé plusieurs thèmes d’importance. Il a noté que les femmes représentent désormais 27 à 30 % du personnel du SPF et un tiers du personnel de la carrière extérieure est constitué de femmes. Il a souligné la nécessité de progrès délibérés et soutenus. Il a réaffirmé le soutien indéfectible de la Belgique au droit international et a condamné les attaques contre la Cour pénale internationale. Concernant l’élargissement de l’UE, il a défendu une approche fondée sur le mérite tout en mettant en garde contre la négligence des pays candidats. Il a également insisté sur l’importance de la diplomatie économique comme complément à la diplomatie politique, tout en reconnaissant une évolution vers une diplomatie plus transactionnelle, et a défendu les valeurs démocratiques fondamentales. Il a identifié l’Afrique comme une priorité pour des partenariats équitables et fondés sur la confiance, appelant à un dépassement des perspectives eurocentriques au profit d’une coopération mondiale diversifiée.
La soirée s’est clôturée par une réception au cours de laquelle les participants ont pu prolonger les échanges avec monsieur le ministre.