La Belgique met en garde contre le recul des droits humains et des libertés en Afghanistan

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Les femmes et les filles disparaissent peu à peu de la vie publique, les droits des minorités ne sont pas respectés, pas plus que la liberté d’opinion et d’expression. Les atteintes à la presse et aux médias, la détention arbitraire de journalistes, confirment une dégradation d’autant plus inquiétante qu’elle s’accompagne d’une détérioration de la situation économique et humanitaire.

Les décisions des Talibans relatives aux droits des femmes et des filles illustrent un retour en arrière flagrant. Comme l’a souligné l’ONU dans un récent rapport, l’érosion des droits des femmes est l’un des aspects les plus notables en matière de droits humains au cours de l’année écoulée.

“Des mesures effacent progressivement les femmes et les filles de la vie publique, constate la Ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib, comme le refus d’accès aux écoles secondaires et la suspension des cours, les obstacles à l'emploi, l'absence de possibilités de participer à la vie politique et publique et les limites imposées à leur liberté de mouvement, d'association et d'expression, l’imposition du hijab ou de la burqa et l’obligation d’être accompagnée par un être du sexe masculin (homme ou garçon) pour les déplacements, visites et autres activités de la vie publique. La recrudescence des mariages forcés et des mariages d’enfants constatée sur place laisse entrevoir des effets dévastateurs pour les générations à venir. Ces décisions vont à l’encontre des engagements donnés par les Talibans lors de leur prise du pouvoir et rendent impossible toute reprise des relations avec le régime.”

L’Union européenne avait en effet immédiatement fait passer un message clair quant à ses attentes pour élargir la coopération avec le régime taliban. Elles reposaient sur cinq critères : ne pas servir de base arrière au terrorisme, le respect des droits humains, en particulier des droits des femmes, de l’état de droit et la liberté des médias , la mise en place d’un gouvernement de transition inclusif et représentatif, le libre accès pour l’aide humanitaire et enfin permettre la poursuite du départ des ressortissants étrangers et des Afghans en situation de risque qui souhaitent quitter le pays.

L'élargissement de la coopération de la communauté internationale avec le gouvernement intérimaire taliban reste conditionné à des mesures positives à cet égard. Or, pour l’instant, les progrès sont quasi inexistants. Dans ce cadre, il est d’ailleurs préoccupant de constater les liens étroits que le régime taliban continue d’entretenir avec Al Qaida. Vingt et un an après l’opération menée par les Alliés, nous ne pouvons ignorer la situation dans laquelle se trouve le peuple Afghan.

Actions de la Belgique

Sur le plan international, notre pays agit pour conserver l’Afghanistan à l’ordre du jour international, notamment au Conseil des droits de l’homme.

La Belgique est déterminée à poursuivre son soutien à la population afghane ainsi qu'à la société civile et aux défenseurs des droits humains afghans. Au-delà de l’aide humanitaire, la Belgique appuie directement des mécanismes de protection des droits humains et des libertés fondamentales.

La Ministre Lahbib: « depuis décembre 2021, la Belgique soutient plusieurs centres de protection des femmes défenseurs des droits humains en Afghanistan, grâce à une contribution de 400.000 euros. Ces centres sont destinés à accueillir de défenseuses des droits humains en situation de danger, qui peuvent y recevoir protection et assistance psychologique. La Belgique travaille également au soutien à un projet d’appui aux médias afghans qui vise à renforcer un réseau de correspondants et de consortiums de médias. Un média belge sera par ailleurs identifié comme partenaire pour la formation de journalistes afghans et pour l'utilisation des contenus d'information produits en Afghanistan. »

La Belgique continuera d’utiliser tous les outils de politique étrangère pour que les droits humains de la population afghane restent une priorité.

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