Finances et Coopération au développement main dans la main à la Banque mondiale

Le ministre des Finances et le ministre de la Coopération au développement partageront désormais la tutelle du groupe de la Banque mondiale. C’est ce qu’a décidé aujourd’hui le Conseil des ministres sur proposition du ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, et du vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo. Jusqu’ici cette compétence revenait exclusivement au ministre des Finances. La tutelle partagée est une étape logique. La Banque mondiale est aujourd’hui le principal partenaire multilatéral de la politique belge de développement et le principal acteur mondial dans le domaine du développement international. Cette décision permet à notre pays de peser davantage, avec sa politique de développement international, sur la politique de la Banque mondiale.
 
Jusqu’ici, le ministre des Finances avait la tutelle du groupe de la Banque mondiale en vertu d’un arrêté royal du 12 novembre 2001, et le ministre de la Coopération au développement fournissait uniquement les budgets. Désormais, cette compétence sera partagée. Les contributions belges aux institutions seront toujours inscrites sur le budget de la  Coopération au développement, et seront gérées de concert avec les Finances. La tutelle partagée permet de combiner l’expertise et la connaissance de terrain de la politique belge de développement avec l’expertise financière et bancaire des Finances.

 
Principale organisation partenaire multilatérale

Alexander De Croo, ministre de la Coopération au développement a déclaré : « Il est important que nous renforcions notre lien avec le groupe de la Banque mondiale au travers de notre politique de développement. La Banque mondiale est l’acteur le plus important au monde en matière de développement international et l’un de nos principaux partenaires multilatéraux. Dans les pays partenaires de la politique belge de développement, la Banque mondiale s’active pour lutter contre l’extrême pauvreté et promouvoir une croissance économique inclusive. Il importe donc que notre expertise et notre savoir-faire belges puissent davantage s’exprimer à la Banque mondiale. Cela sera désormais possible avec cette compétence partagée. »
 
Johan Van Overtveldt, ministre des Finances a pour sa part indiqué: « Le passage à une tutelle partagée est tout à fait logique et renforce la position de la Belgique au niveau international à plusieurs égards. La Banque asiatique de Développement et la Banque interaméricaine de Développement relèveront désormais de la compétence des Finances. Ces régions sont particulièrement dynamiques sur le plan économique. Nous devons tenter d’offrir de la valeur ajoutée à nos entreprises qui veulent coopérer avec ces banques de développement et ces régions. Outre la politique de développement, il y a donc aussi une composante économique qui offre des opportunités. »

 
Partenaires égaux

Pour mettre en exergue le rôle de la Coopération au développement, le ministre de la Coopération au développement sera nommé gouverneur suppléant pour la Belgique auprès des institutions de la Banque mondiale, une fonction jusqu’ici assumée par le gouverneur de la Banque nationale. À partir du 1er juillet 2017, le ministre de la Coopération au développement désignera aussi le représentant belge de l’Association internationale de Développement (IDA), ce qui est important pour pouvoir peser sur la politique de l’IDA au travers de notre politique de développement.
 
La Coopération au développement aura désormais la pleine compétence de la Banque africaine de Développement et du Fonds africain de Développement, un choix logique puisque la politique belge de développement met l’accent sur l’Afrique. La Banque asiatique de Développement, le Fonds asiatique de Développement et la Banque interaméricaine de développement incomberont intégralement aux Finances.

Les administrations des Finances et de la Coopération au développement vont conjointement défendre les intérêts belges auprès de la Banque mondiale en participant par exemple aux négociations sur les reconstitutions de fonds et augmentations de capital. Cette coopération sur un pied d'égalité doit permettre de profiter pleinement des compétences complémentaires des deux administrations, par laquelle les Finances apportent l'expertise financière et la Coopération au Développement fournit le savoir-faire en matière de politique de développement international.