Voyager autrement, c’est avant tout faire de bons choix!

Voyager ! Aujourd’hui, cela semble être devenu indispensable. Et de préférence dans un cadre exotique. A cet égard, les pays du Sud regorgent de destinations passionnantes, populaires même. Et consommer sur place, n’est-ce pas là une belle forme de coopération au développement ? Pourtant, partir en voyage dans un pays pauvre n’implique pas nécessairement un apport d’aide réussi. Ceci, sans parler de l’impact sur l’environnement. Pour vous guider dans votre voyage durable, voici nos conseils.     

 
PEOPLE

Hanoi
© D1v1d/Flickr 
 

  1. Respectez les normes et les valeurs locales et informez-vous au préalable : code vestimentaire, salutations, contacts, habitudes alimentaires, contacts entre personnes de sexe ou de statut différent, visite de lieux de culte…
  2. Ne photographiez pas à tort et à travers. Saluez d’abord les personnes que vous souhaitez photographier et demandez leur consentement. Négociez un prix raisonnable si les gens demandent de l’argent. Dans certaines cultures et religions, photographier certains lieux et objets peut être offensant et indésirable.
  3. N’arrivez pas à l’improviste dans un village ou auprès d'un peuple autochtone. Prenez d’abord des arrangements clairs, éventuellement avec le chef du village: sur la rémunération, le lieu du campement, ce que vous pouvez visiter. Vous pouvez aussi faire appel à un guide local. N’offrez pas de cadeaux modernes comme un briquet ou un couteau suisse.
  4. Prenez rendez-vous si vous souhaitez visiter un établissement de soins (hôpital, orphelinat…) ou un projet de développement. Assurez-vous d’abord que l’on soit ouvert à une visite. Après la visite, apportez votre appui à l’établissement ou au projet sous la forme de biens ou d’argent, mais veillez à ce qu’il soit proportionnel à la durée et à la nature de la visite.
  5. Dites non à la prostitution des enfants. Avoir des relations sexuelles avec des mineurs contre paiement (argent, biens, autres promesses) n’importe où dans le monde, est punissable en Belgique. La plupart du temps, des poursuites judiciaires sont également possibles dans les pays eux-mêmes.

 
PLANET

Hiking
© Keturah Stickam/Flickr 
 

  1. Voyagez lentement et compensez les émissions de carbone de vos déplacements. Soutenez des organisations spécialisées telles que CompenCO2.be, CO2logic.be et Greenseat.nl. Ces organisations calculent le montant à payer pour compenser vos émissions et investissent votre argent dans l'énergie durable et le reboisement. Dans le pays même, utilisez de préférence les transports en commun.
  2. Laissez la nature intacte après votre passage. En trekking, emportez vos déchets et évitez toute pollution des eaux publiques. Utilisez de préférence du savon biodégradable. Laissez les animaux et les plantes en paix et ne vous écartez pas inutilement des sentiers. Faites du feu avec retenue et n’utilisez que des planches de rebut ou du bois mort. Cuisinez de préférence au gaz ou avec du charbon de bois produit de manière durable.
  3. Cherchez une alternative à l’eau minérale en bouteilles en plastique. Dans certains hôtels ou magasins, il est possible d’obtenir de l’eau potable 'en vrac'. Vous n’avez qu’à remplir votre bouteille (gourde) ou jerrycan. Si vous avez des doutes, vous pouvez purifier l'eau. Si vous utilisez quand même des bouteilles en plastique, déposez-les parmi les déchets ou donnez-les. Elles peuvent servir à de nombreuses personnes. Economisez aussi l’eau du bain et des toilettes.
  4. Mangez autant que possible de la nourriture produite localement. C’est bon pour l’environnement et l’économie locale. Et vous goûtez ainsi des spécialités locales. Mais veillez à ne pas consommer de la 'viande de chasse' illégale (braconnage).
  5. Ne ramenez pas de souvenirs illégaux : espèces animales ou végétales menacées, ou patrimoine culturel tel que fossiles, pointes de flèches, ou tessons de poteries.

 
PROFIT

Mexico
© David W. Siu/Flickr 
 

  1. Utilisez les équipements locaux. Évitez les vacances tout compris ou les chaînes hôtelières internationales, passez la nuit de préférence dans des petits hôtels familiaux. Ou si possible chez l’habitant. Vous pouvez aussi chercher à faire du tourisme local (community-based tourism), associant pleinement la population locale. Une expérience très plaisante grâce au contact direct avec la population locale.
  2. Faites travailler les gens pour vous. Ne lésinez pas sur les menues dépenses. N’hésitez pas à emprunter un touk-touk ou un pousse-pousse, faites porter votre valise ou votre sac à dos et payez le service. Si un chauffeur de taxi vous arnaque, signalez-le avec le sourire.
  3. Donnez un pourboire. Pour de nombreuses familles, le job dans le secteur du tourisme est tout ce qu’elles ont, les salaires sont bas et le travail est saisonnier. Un pourboire supplémentaire à la femme de chambre ou au garçon d’ascenseur est le bienvenu. Renseignez-vous sur ce qui est considéré comme un pourboire correct.
  4. Faites un don à une école. Il est préférable de ne pas distribuer de l’argent ou des petits cadeaux aux enfants. Les familles retirent leurs enfants de l’école quand elles remarquent qu’ils gagnent beaucoup d’argent avec les touristes. Si vous souhaitez quand même faire un don, donnez quelque chose d’utile à une école. Achetez de préférence ce que vous voulez donner sur le marché local.
  5. Ne donnez aux mendiants que si les locaux le font. Donner l’aumône est un des cinq piliers de l’islam et c’est également normal d’aider les mendiants en Inde. Adaptez-vous donc à la culture et donnez un peu ici et là plutôt qu’une énorme somme d’un coup. Ne donnez pas aux enfants des rues, le risque est trop grand qu’ils achètent de l’alcool, de la colle ou d’autres drogues. Vous pouvez toutefois leur donner à boire ou à manger.
  6. Achetez des souvenirs. Et dans la mesure du possible, achetez-les chez les fabricants eux-mêmes. Mais avez-vous bien la certitude que le collier n’est pas fait de corail ou d’ivoire, tous deux illégaux ? Ou qu’il ne serait pas 'made in China' ? Bien entendu, vous pouvez marchander, cela fait partie de la culture de nombreux pays. Mais n’exagérez pas. Le vendeur a de toute façon un prix-plancher en tête.

Lire aussi le dossier spécial  Tourisme autrement (PDF, 3.64 Mo) paru dans Glo.be (nov-déc 2011)