L’insécurité alimentaire, une des grandes causes de la migration internationale

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© Oxfam

 
Un rapport récent du Programme alimentaire mondial (PAM), partenaire important de la Coopération belge au développement, révèle que l'insécurité alimentaire constitue un des principaux déclencheurs de la migration internationale.

La migration est, plus que jamais, une des questions les plus brûlantes de notre époque : prenons l'exemple de la crise des réfugiés qui touche le continent européen depuis avril 2015. Les situations de conflit en sont souvent à l’origine. Guerres civiles, coups d'État et soulèvements populaires déchirent de vastes zones du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et de l’Afrique centrale. Ces dernières années, la menace d’organisations terroristes telles que l’EI et Boko Haram s'est ajoutée à la liste. Si ces importants moteurs de migration sont connus, on oublie souvent le rôle joué par la faim et l'insécurité alimentaire. Le PAM présente cette matière complexe dans son rapport « At the root of exodus : food insecurity and international migration ».

Quel est le rôle de l'insécurité alimentaire ?

Il est établi que les conflits alimentent la migration, mais lorsque ceux-ci s’accompagnent d'insécurité alimentaire, l'exode est encore plus massif. La migration nourrit à son tour l'insécurité alimentaire, car les migrants ou réfugiés épuisent très vite leurs réserves. De plus, le risque que les migrants rejoignent des factions armées (afin d'échapper à la faim) est élevé. C'est ainsi que l'insécurité alimentaire entretient le conflit, ainsi que le phénomène de migration qui en découle.  

Que révèlent les chiffres ?

Lorsque l'insécurité alimentaire augmente de 1 %, le nombre de personnes contraintes de quitter leur pays croît de 1,9 %. Pour chaque année supplémentaire de conflit, le nombre de personnes en fuite n'augmente « que » de 0,4 %. La combinaison de la faim et du conflit mène aujourd'hui plus de 65 millions de réfugiés sur le chemin de l’exode.

Quelles sont les recommandations faites aux responsables politiques ?

L'aide humanitaire doit accroître la sécurité alimentaire et sauvegarder davantage de vies humaines. Le soutien apporté doit par conséquent être pensé sur mesure pour les individus les plus vulnérables. Cela signifie que les communautés de réfugiés ou de migrants particulièrement confrontés à l'insécurité alimentaire doivent être prioritaires. Par le biais de la technologie mobile et des médias sociaux, il est possible de déconseiller aux migrants ou réfugiés de se rendre dans certaines zones où ils devront sans doute affronter l'insécurité alimentaire. Les réfugiés aspirent essentiellement à l'amélioration des conditions de vie dans leur pays d'origine. Ce n'est qu'au moment où celles-ci seront devenues meilleures qu'ils pourront rassembler leur courage pour y retourner et y reconstruire leur vie en toute sécurité, alimentaire entre autres.
 

PAM

En tant qu'organisme des Nations Unies et l'une des plus grandes organisations humanitaires au monde, le PAM œuvre afin d'approvisionner en nourriture les personnes qui ne peuvent plus subvenir elles-mêmes à ce besoin fondamental. La Belgique est un partenaire loyal du PAM.

 

Migrants VS réfugiés

Les migrants sont des personnes qui quittent volontairement leur pays pour des raisons économiques ou familiales. Un retour éventuel est peu dangereux.

Les réfugiés, par contre, fuient les violences ou les persécutions dans leur pays d'origine. L'insécurité alimentaire concerne également ce groupe. Un retour en toute sécurité dans leur pays d'origine n'est pas envisageable.