Le Conseil des ministres approuve une refonte du cadre légal de la politique belge de développement

Sur proposition du vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement Alexander De Croo, le Conseil des ministres a approuvé aujourd’hui en première lecture, un projet de loi qui redessine complètement la politique belge de développement. Le nouveau cadre légal s’inscrit dans le sillage de l’Agenda 2030 pour le Développement durable et des dix-sept Objectifs de développement durable des Nations unies. “C’est le volet final d’une vaste refonte de notre politique belge de développement opérée ces dernières années”, indique le ministre Alexander De Croo.

Ces dernières années, la politique belge de développement a fait l’objet d’une profonde réforme. La Société belge d’Investissement pour les Pays en développement (BIO) a notamment été revisitée et la Coopération technique belge (CTB) est devenue l’Agence de Développement Enabel. Sur le plan du contenu aussi, de nouvelles priorités ont été fixées ; l’accent est davantage mis sur le rôle du secteur privé, sur de nouvelles formes de financement et sur le numérique comme levier de développement. Le nouveau cadre légal confirme ces transformations.

Place centrale des partenariats
Les partenariats dans lesquels notre pays veut s’engager pour obtenir des résultats mesurables occupent une place centrale dans le projet de loi. Le partenariat conclu entre le ministre Alexander De Croo et la Fondation Bill & Melinda Gates, l’Institut de Médecine tropicale d’Anvers et l’Agence belge de Développement Enabel pour éradiquer en dix ans la maladie du sommeil, en est un exemple.

La nouvelle loi ancre les deux axes décisifs autour desquels s’est articulée la politique belge de développement ces dernières années : (1) une approche fondée sur le respect des droits de l’Homme et (2) la croissance économique durable et inclusive par le développement d’un secteur privé solide qui fait office de moteur de développement durable.

Rôle important du secteur privé
La nouvelle politique belge de développement s’attache aussi à impliquer beaucoup plus le secteur privé dans la réalisation des Objectifs de développement durable. Le secteur privé et la libre entreprise sont en effet des moteurs significatifs de progrès et de développement humain. Via BIO, notre pays investit dans des entreprises locales dans nos pays partenaires, mais en Belgique aussi il convient de jeter des ponts entre le monde du développement et celui de l’entreprise. Il y a un an et demi, plus de cent entreprises et organisations belges ont souscrit à la charte belge SDG et aux Objectifs de développement durable. Ce partenariat avec le secteur privé est à présent approfondi. À l’avenir, les entreprises désireuses d’investir dans les pays en développement pourront également bénéficier d’un soutien financier.

Le fait de miser sur des modes de financement nouveaux et novateurs représente également une innovation importante. L’an dernier, notre pays a lancé avec le Comité international de la Croix-Rouge le tout premier « Humanitarian Impact Bond », un mécanisme de financement innovant qui réunit des investisseurs privés, les pays donateurs et la Croix-Rouge. Dans le cadre de cette obligation à impact humanitaire, l’État belge rembourse le préfinancement assuré par des investisseurs privés si et seulement si les résultats préalablement fixés ont été atteints. Cette manière de travailler orientée sur les résultats et efficiente en termes de coûts est appelée à se développer de plus en plus dans la politique belge de développement à l’avenir.