La Belgique, l’UNICEF et le Benin rassemblent des jeunes à l’ONU autour d’un débat sur l’égalité hommes-femmes

En marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, des représentants de la jeunesse du monde entier débattent aujourd’hui de l’égalité homme/femme, sous l’impulsion du vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au Développement Alexander De Croo. Plusieurs jeunes leaders de l’UNICEF ainsi que les présidents des Conseils de la Jeunesse flamand et francophone prennent part au débat. La reine Mathilde s’adressera aux jeunes.

“Partout dans le monde, les filles et les femmes doivent faire face à des inégalités. Dans certains pays, les filles n’ont pas un accès égal aux soins de santé ou sont obligées de se marier alors qu’elles sont encore enfants. Dans d’autres pays, y compris chez nous, les inégalités prennent des formes beaucoup plus subtiles, par exemple des normes tacites, des préjugés et l’impact des rôles traditionnellement dévolus aux hommes et aux femmes. Je suis ravi qu’une génération de jeunes soit prête à mettre fin pour de bon à ces inégalités”, a déclaré Alexander De Croo.

En organisant un débat des jeunes à l’Assemblée générale des Nations unies, la Belgique, l’Unicef et le Benin veulent entretenir la vitalité du débat sur l’égalité homme-femme et encourager les jeunes à s’y atteler.

“Les jeunes quand ils sont dotés d’une capacité d’action soutiennent pleinement l’égalité hommes-femmes. Le gouvernement belge est de longue date un partenaire de l’UNICEF dans la poursuite de cet objectif et nous sommes enthousiastes à l’idée de continuer à œuvrer ensemble pour un monde où chaque fille et chaque garçon, chaque homme et chaque femme, ont les mêmes droits, les mêmes opportunités et les mêmes chances d’avenir”, a déclaré Omar Abdi, directeur exécutif adjoint de l’UNICEF.

 
Une jeune génération prête

Les présidents des Conseils flamand et francophone de la Jeunesse prendront la parole au nom des jeunes belges. Ils débattront entre autres sur l’écart salarial qui existe entre les hommes et les femmes, la question de savoir si les pouvoirs publics doivent imposer des quotas pour donner aux filles et aux femmes plus d’opportunités et la manière dont les normes genrées empêchent les filles et les femmes de percer.

“Chacun sait que l’on est plus fort dans une équipe faite de diversité, pourtant l’égalité fondamentale entre les hommes et les femmes reste un défi”, indique Alexandra Smarandescu, présidente du Conseil flamand de la Jeunesse, “Je crois sincèrement que nous sommes à un moment charnière. Une nouvelle génération qui regorge d’idées nouvelles, croit en le futur et est surtout pleine de bonne volonté est prête. En tant que présidente du Conseil flamand de la Jeunesse, je ne peux que le confirmer”, poursuit-elle.

“Notre pays est un précurseur pour beaucoup de choses” ajoute Stéphanie Ngalula, présidente du Conseil francophone de la Jeunesse, “Je nourris de ce fait un certain enthousiasme, voire un enthousiasme certain, quant au fait que la Belgique sera à la hauteur de sa réputation en se montrant très ambitieuse en matière d'égalité des genres. Les jeunes sauront se montrer pas uniquement vigilants mais aussi exigeants quant aux avancements significatifs dans le domaine de l’égalité entre les hommes et les femmes”.

 
Cinq cents millions pour les droits des femmes

Lors du débat des jeunes, la campagne #SheIsEqual lancée par le ministre De Croo début juin à Bruxelles, avec l’ONG internationale Global Citizen a aussi été abordée. #SheIsEqual s’inscrit dans le prolongement du mouvement #SheDecides que le ministre De Croo a initié l’an dernier avec sa collègue néerlandaise après la décision du président américain Trump de ne plus financer les organisations internationales et les ONG actives dans le domaine des droits des femmes via le planning familial.

L’objectif de #SheIsEqual est de récolter cinq cents millions d’euros pour améliorer le sort de vingt millions de filles et de femmes. Le 2 décembre, un grand concert sera organisé au profit de cette cause à Johannesburg, auquel prendront part des stars internationales comme Beyoncé, Chris Martin, Pharrell Williams et Ed Sheeran.

 
Quelques faits & chiffres

  • Les mariages d’enfants touchent beaucoup plus les filles que les garçons. À travers le monde, près de 15 millions de filles se marient avant leur 18 ans. Cela représente 37.000 mariages d’enfants par jour. Au total, 750 millions de filles et de femmes à travers le monde sont mariées avant l’âge de 18 ans.
  • Dans 18 pays, les hommes peuvent interdire à leur femme de travailler ; dans 39 pays, les filles n’ont pas les mêmes droits de succession que les garçons ; dans 49 pays, il n’existe pas de cadre légal protégeant les femmes de la violence conjugale.
  • À travers le monde, la participation des femmes dans les parlements est seulement de 23,7 pour cent. Dans 46 pays, la part des femmes élues au parlement national est de plus de 30 pour cent.
  • Des études montrent que la part des femmes occupant des postes élevés dans les entreprises est de moins d’un tiers.

Les femmes contribuent à concurrence de 37 pour cent au produit mondial brut. Si les femmes avaient l’opportunité de participer à mesure égale à l’économie, cela ajouterait 23,8 milliards d’euros au produit mondial brut.