La Belgique va débloquer 26 millions d’euros d’aide humanitaire pour la région syrienne

Cette année, la Belgique va débloquer 26 millions d'euros d'aide humanitaire pour la Syrie et ses pays voisins. Ces fonds seront affectés à l'accueil des réfugiés de guerre dans la région. C'est ce qu'a annoncé le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au Développement Alexander De Croo à l'entame de la conférence internationale sur la Syrie Supporting Syria and the Region, qui se tient aujourd'hui et demain à Bruxelles.

Cette nouvelle promesse de dons fait passer la contribution de la Belgique aux efforts humanitaires consentis ces trois dernières années en faveur de la région de la Syrie à plus de 100 millions d'euros. "Nous faisons cela par solidarité envers le peuple syrien plongé depuis 8 ans déjà dans cette guerre sanglante. La Belgique n'a jamais affecté des montants humanitaires aussi élevés pour aucune autre crise. C'est le pire drame humain de notre époque", a déclaré le ministre.

À l'heure actuelle, plus de 13 millions de Syriens ont besoin d'aide humanitaire : nourriture, logement, soins de santé et eau. Près de 3 millions de personnes sont bloquées dans des zones très difficiles d'accès ou assiégées. Plus de 5 millions de personnes ont fui à l'étranger : en Turquie (3,5 millions), au Liban (1 million), en Jordanie (655.000), en Irak (248.000) et en Égypte (120.000).

Les moyens humanitaires belges sont affectés au travail de terrain de l'UNHCR (l’Agence des Nations unies pour les Réfugiés), de l'OCHA (le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires), du PAM (Programme alimentaire mondial), du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) et du Fonds des Nations unies pour l'Enfance (l'UNICEF).

 
Une solution qui passe par la table des négociations

La conférence internationale de deux jours sur la Syrie et sa région réunit aujourd’hui et demain plus de 85 pays et organisations à Bruxelles. Elle doit non seulement mobiliser de l'aide humanitaire mais aussi soutenir le processus de paix piloté par Staffan de Mistura, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie.

"Avec cette deuxième conférence sur la Syrie organisée à Bruxelles, la communauté internationale veut donner un signal fort pour indiquer que seule une solution politique peut mettre fin au conflit syrien. Les bombes n’amèneront pas la paix. Seul un dialogue politique peut mettre un terme à cette guerre effroyable. Une solution vraiment durable passe par la table des négociations", a déclaré Alexander De Croo.

 
Lutte contre l'impunité

La Belgique accorde aussi une grande importance à la lutte contre l'impunité. Les crimes de guerre ne peuvent restés impunis. La Belgique est un donateur important du « Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne », créé par l’Assemblée générale de l’ONU en 2016. Ce mécanisme recueille et conserve des preuves pour permettre un jour de traduire en justice en toute indépendance les responsables des crimes commis.

En marge de la conférence sur la Syrie, la Belgique organisera demain avec plusieurs autres pays un événement pour mettre en exergue l’importance de la lutte contre l’impunité, à la lumière des informations parues récemment sur les attaques chimiques en Syrie.

 
Dialogue avec la société civile syrienne

Le vice-Premier ministre De Croo a ouvert aujourd’hui au Palais d’Egmont une rencontre avec des représentants de la société civile syrienne. D’intenses pourparlers ont eu lieu ces derniers jours sur l’avenir et la reconstruction de la Syrie, sans ingérence de personnes extérieures. Ces représentants présenteront leurs propositions demain à la conférence.