La Ministre Kitir plaide pour une plus grande attention pour la crise au Yémen

Ce lundi 1er mars, une conférence des bailleurs de fonds pour le Yémen a été organisée par les Nations Unies, en coopération avec la Suède et la Suisse. La Ministre de la Coopération au développement Meryame Kitir, s'est engagée à débloquer un montant de 5 millions d'euros pour soutenir le Fonds humanitaire pour le Yémen."Il est important que nous continuions à prêter attention aux besoins des Yéménites ordinaires qui souffrent grandement de cette crise humanitaire qui dure maintenant depuis plus de six ans," a déclaré M. Kitir. "C'est le moment de faire preuve de solidarité internationale".

Lors d'une réunion préparatoire avec Muna Luqman, fondatrice de l'organisation Food4Humanity et co-fondatrice du Woman Solidarity Network, la Ministre a reçu un aperçu de la situation dans le pays. Muna a souligné la résilience du peuple yéménite et le rôle important que les femmes jouent dans ce processus.

 
Crise humanitaire

Le Yémen est confronté à l'une des pires crises humanitaires au monde. L'ONU prévient que plus de 16 millions de personnes dans le pays souffriront de la faim en 2021. Parmi eux, 5 millions sont au bord de la famine. 20,5 millions de personnes sur une population de près de 29 millions au Yémen ont besoin d'une aide humanitaire. 15 millions de personnes n'ont pas ou peu accès à l'eau et à l'assainissement. Le manque de carburant a un impact majeur sur les établissements de santé, qui ne sont opérationnels qu'à 45 % dans tout le pays.

La Ministre Meryame Kitir : "Derrière ces chiffres énormes, il y a des gens. Nous ne devons pas les oublier. Cette crise est enracinée dans un conflit politique, mais les Yéménites ordinaires en paient le prix. La communauté internationale a un rôle à jouer dans ce domaine et la Belgique fait également sa part".

La Ministre Kitir s'est également entretenue avec Muna Luqman, fondatrice de l'organisation Food4Humanity et co-fondatrice du Woman Solidarity Network. Elle a souligné la pénurie alimentaire actuelle dans le pays."Il y a de la nourriture au Yémen, mais les gens ne peuvent pas se la payer. Ils n'ont pas reçu de salaire depuis quatre ans et doivent survivre. On ne voit pas comment, dans ce conflit, les vivres sont utilisés comme une arme". Muna elle-même a beaucoup fait pour aider les gens de sa communauté au Yémen. "Il existe une grande solidarité au Yémen. Tout le monde aide tout le monde. Les femmes jouent un rôle important dans ce domaine. Partout dans le pays, elles prennent des initiatives, même si le Yémen reste une société patriarcale".

 
Contribution belge

Lors de la conférence, la Belgique a annoncé une contribution de 5 millions d'euros au profit du Fonds humanitaire pour le Yémen. Ce fonds est coordonné par OCHA et est accessible aux agences des Nations Unies et aux organisations internationales et locales au Yémen.

En plus de cette contribution de 5 millions d'euros, un travail est en cours avec des partenaires humanitaires sur le terrain tels que le Programme alimentaire mondial (PAM) - qui a reçu le prix Nobel de la paix l'année dernière - le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et OCHA, l'entité des Nations Unies qui coordonne la réponse aux crises humanitaires. Un engagement de trois ans est actuellement mis en place pour assurer une aide mondiale. Le Yémen est une priorité pour ces partenaires.

La Ministre Kitir : "L'aide financière est importante. Mais les habitants du Yémen ont besoin de davantage. Ils ont besoin de toute urgence de voir la fin de ce conflit". La Belgique a plaidé au Conseil de sécurité des Nations Unies pour l'accès humanitaire et le respect du droit international humanitaire. Elle soutient les efforts de l'Envoyé des Nations Unies pour le Yémen. La Ministre Kitir a souligné au cours de la conférence que le Yémen ne doit pas devenir une crise oubliée. Elle veut mettre le peuple du Yémen au centre de sa politique et lui apporter du soutien.

"C'est le moment de faire preuve de solidarité internationale. C'est surtout en ces temps de pandémie de COVID-19, qui sont ressentis encore plus durement dans un pays comme le Yémen, que nous devons agir. A cette fin, je veux être concentrée sur les résultats. Ces moyens financiers doivent parvenir au peuple yéménite. Des femmes comme Muna peuvent faire la différence à cet égard".