Aide humanitaire

L’aide humanitaire est un impératif moral et l’expression de la valeur universelle qu’est la solidarité entre les peuples. Elle a dès lors pour objectifs de sauver les vies, d’alléger les souffrances et de préserver la dignité humaine des populations touchées par les crises et catastrophes, ainsi que de prévenir pareilles situations.

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Qu’est-ce que l’aide humanitaire ?

Définition

L’aide humanitaire est un impératif moral et l’expression de la valeur universelle qu’est la solidarité entre les peuples. Elle a dès lors pour objectifs de sauver les vies, d’alléger les souffrances et de préserver la dignité humaine des populations touchées par les crises et catastrophes, ainsi que de prévenir pareilles situations.

Elle englobe l’ensemble des actions des actions dans le cadre de l’assistance matérielle et logistique et de la protection des victimes de conflits ou de catastrophes d’origine naturelle ou humaine.

Les principes humanitaires

L’aide humanitaire belge s’inscrit dans le cadre des principes d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance. Le principe d’humanité implique de prendre des initiatives afin de lutter contre la souffrance humaine, indépendamment du lieu touché, en vouant une attention particulière aux plus vulnérables. La dignité de toutes les victimes doit être respectée et protégée. Le principe d’impartialité signifie que l’aide humanitaire peut être uniquement apportée en fonction des besoins, sans discrimination entre les groupes ethniques touchés ou au sein de ceux-ci. La neutralité signifie qu’aucune partie impliquée dans un conflit, armé ou non, ne peut être favorisée dans le cadre de l’aide humanitaire. L’indépendance signifie que les acteurs de l’aide humanitaire ne sont pas liés à d’autres décisions politiques et actions prises par les donateurs sur le terrain.

Souscrire aux principes humanitaires fondamentaux que sont l’humanité, la neutralité, l’impartialité et l’indépendance est essentiel pour la Belgique afin d’apporter de l’aide, par le biais des organisations partenaires, dans des contextes politiques et sécuritaires souvent complexes.

Différence avec la coopération au développement

L’aide humanitaire diffère de la coopération au développement. Là où l’aide humanitaire apporte une aide immédiate aux populations afin de remplir ses objectifs de sauver des vies, d’alléger les souffrances et de préserver la dignité humaine, la coopération au développement vise à la réduction de la pauvreté, à travers actions de long terme qui tendent à améliorer les conditions de vie des populations dans les pays visés.

Afin de répondre efficacement aux crises humanitaires de longues durée, il est aujourd’hui nécessaire que les organisations humanitaires et de coopération au développement travaillent en concertation afin de répondre aux besoins des populations tant immédiats que de longue durée.

L’aide humanitaire en Belgique

Contexte

L’aide humanitaire belge est basée sur le droit humanitaire international, les principes humanitaires, les principes et bonnes pratiques pour l’aide humanitaire (Good Humanitarian Donorship, GHD) et le Consensus européen sur l’aide humanitaire. Au niveau national, elle est régie par divers instruments (Loi sur la coopération au développement de 2013, Arrêté Royal sur l’aide humanitaire de 2014, Stratégie humanitaire de 2014).

Budget

La Belgique a décidé de développer un certain nombre de moyens spécifiques d’appui permettant une approche adaptée afin d’assurer un financement rapide et flexible, une meilleure prévisibilité et un partage des responsabilités (burden sharing) au sein du système global de l’aide humanitaire.

Le budget humanitaire a fortement augmenté ces dernières années, culminant à près de 200 millions euros en 2020. Celui-ci est attribué de la façon suivante :

  • Allocation aux ressources générales : contributions - non affectées - au fonctionnement des organisations humanitaires internationales.
  • Allocation à des fonds humanitaires internationaux : fonds auxquels divers bailleurs contribuent pour répondre aux crises  de manière rapide et efficace.

Les allocations aux ressources générales et à des fonds humanitaires internationaux sont ce qu’on appelle des financements « flexibles » et représente 60% des financements belges. Contrairement aux financements directes (programmes et projets), ces financements ne sont pas alloués à une zone ou une thématique spécifiques mais aux organisations humanitaires reconnues afin qu’elles puissent répondre rapidement et efficacement aux crises humanitaire. En effet, en tant que donateur disposant d’une capacité administrative limitée, il n’est pas possible de s’assurer soi-même que l’aide soit apportée rapidement selon les besoins. La Belgique tente dès lors, à travers des dépenses efficaces, de renforcer l’impact et la plus-value de sa contribution au sein du système humanitaire mondial. Cela permet de s’assurer que les moyens mis à disposition par la Belgique soient ainsi alloués, sur base des besoins les plus criants, de façon efficace, flexible et orientée sur les résultats.

  • Allocations sous formes de programmes (2ans) ou projets (1an) : financement direct d’acteurs (soit ONG soit organisation internationale reconnue) dans des zones géographiques définies, sur des thématiques définies.

Focus géographique

Au niveau géographique, ces dernières années, la Belgique a concentré son aide humanitaire principalement sur des régions en proie à des crises complexes. Le choix des régions s’est effectué sur la base de deux critères :

  1. la volonté de pouvoir assurer un meilleur suivi des crises et des interventions humanitaires financées par la Belgique dans des crises chroniques ou de longue durée ;
  2. la chronicité ou la durée de besoins humanitaires importants dans des pays où la capacité d’assistance de l’Etat est limitée.

La Belgique a dès lors décidé de focaliser ses financements humanitaires pour les crises complexes dans des pays partenaires faisant face à des besoins humanitaires chroniques/continus importants. Il s’agit ici des pays du Sahel, de la région des Grands Lacs et des Territoires palestiniens occupés, et de la crise syrienne. Cela ne veut pas dire que d’autres crises ne peuvent pas être financées, mais que l’attention est portée en priorité sur les crises mentionnées. Par exemple, en 2021, des montants additionnels ont été attribués pour l’Afghanistan, le Yémen et l’Ethiopie, compte tenu des nouveaux besoins humanitaires dans ces pays.

Choix des partenaires

La Belgique travaille avec une pluralité de partenaires dans la mise en œuvre de l’aide humanitaire - Nations Unies, Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et ONGs - en reconnaissant que chacun dispose d’avantages comparatifs. Pour garantir la rapidité et la qualité de l’aide humanitaire, les partenaires doivent être sélectionnés sur la base de différents critères tels que des standards professionnels élevés, riche expérience et grande capacité à répondre aux besoins, ou encore le respect des directives et normes internationales.

Good Humanitarian Donorship

En juin 2013, un groupe de 17 donateurs, dont la Belgique, ont approuvé les Principes et Bonnes pratiques humanitaires à mettre en œuvre par les donateurs (Good Humanitarian Donorship). Ils ont pour objectif d’améliorer la cohérence et l’efficacité de l’action des donateurs, de même que leur redevabilité à l’égard des bénéficiaires, des organisations humanitaires et de leur électorat domestique. L’initiative GHD est un forum informel de donateurs qui vise à faciliter le perfectionnement collectif de ces principes et bonnes pratiques. Ce groupe de donateurs se réunit deux fois par an à haut niveau (à New York et Genève) et des groupes de travail parallèles se réunissent également plusieurs fois par an sur certaines thématiques (souvent en ligne). 

La Belgique assure la co-présidence de ce groupe de juin 2021 à juin 2023 avec la Finlande.