Nos priorités pour l’aide humanitaire

L’aide humanitaire vise à sauver des vies, alléger les souffrances et préserver la dignité humaine. Découvrez les priorités humanitaires de la Belgique.

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La Belgique présente sa nouvelle Stratégie pour l’Aide humanitaire

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Six panneaux verticaux montrent différentes scènes : une personne marchant près d'un avion, des femmes en train de cuisiner, une femme portant un foulard, une salle de classe et une femme portant un conteneur jaune

La nouvelle stratégie humanitaire de la Belgique établit le cadre de notre engagement pour les années à venir. Élaborée à l’issue de consultations approfondies avec les acteurs humanitaires nationaux et internationaux, cette stratégie réaffirme notre attachement aux principes humanitaires d’impartialité, de neutralité et d’indépendance. Dans un contexte marqué par des crises plus nombreuses, plus longues et plus complexes, cette stratégie précise comment la Belgique entend contribuer, de manière éthique, cohérente et responsable, à la réponse humanitaire internationale. Elle vise à renforcer l’efficacité et l’impact de notre action, en mettant l’accent sur des approches stratégiques, la diplomatie humanitaire, la localisation, la protection et des financements flexibles et prévisibles.

« Le monde humanitaire est à un tournant. Les crises prolongées, les catastrophes climatiques et la fragmentation géopolitique ne sont plus des anomalies : elles sont devenues la norme. Dans ce contexte, ce document n’est pas une simple mise à jour, il vise à incarner une ambition : repenser l’humanitaire pour qu’il soit plus juste et plus efficace. »
- Maxime Prévot, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement

L’ambition de cette stratégie est double : sauver des vies, atténuer les souffrances et protéger la dignité humaine, tout en renforçant la résilience des communautés affectées par les crises. Elle vise également à améliorer l’efficacité, la qualité et l’impact de l’aide humanitaire belge, en promouvant des réponses rapides, adaptées et fondées sur les x besoins, y compris dans les crises oubliées.

Un examen quinquennal permettra d’intégrer les enseignements tirés des pratiques de terrain et les évolutions du secteur humanitaire.
 


Principes humanitaires


L’aide humanitaire belge s’inscrit dans le cadre de 4 grands principes, qui régissent les actions des organisations humanitaires :

  1. Le principe d’humanité implique de prendre des initiatives afin de lutter contre la souffrance humaine en vouant une attention particulière aux plus vulnérables. La dignité de toutes les victimes doit être respectée et protégée.
  2. Le principe d’impartialité signifie que l’aide humanitaire peut uniquement être délivrée sur la seule base des besoins, sans aucune discrimination.
  3. Le principe de neutralité signifie que l’aide humanitaire ne doit favoriser aucun camp dans le cadre de l’aide humanitaire lors de conflits ou autre.
  4. Le principe d’indépendance signifie que les acteurs de l’aide humanitaire ne sont pas liés à d’autres objectifs, qu’ils soient d’ordre politique, militaire, économiques…

L’aide humanitaire belge est également basée sur le Droit international humanitaire, les Principes et Bonnes pratiques pour l’aide humanitaire du Good Humanitarian Donorship (GHD)le Consensus européen sur l’aide humanitaire et les engagements du Grand Bargain.

Good Humanitarian Donorship


La Belgique et 16 autres donateurs suivent l’initiative du Good Humanitarian Donorship (GHD), à savoir les Principes et Bonnes pratiques humanitaires à mettre en œuvre par les donateurs.

L’initiative GHD est un forum informel de donateurs qui vise à faciliter le perfectionnement collectif de ces principes et bonnes pratiques.

Ces principes ont pour objectif d’améliorer la cohérence et l’efficacité de l’action des donateurs, de même que leur redevabilité à l’égard des bénéficiaires, des organisations humanitaires et du contribuable.

Ce groupe de donateurs se réunit deux fois par an à haut niveau (à New York et Genève) et des groupes de travail parallèles se réunissent également plusieurs fois par an sur des thématiques variées. 
 

Grand Bargain


Le « Grand Bargain », lancé lors du Sommet mondial sur l’action humanitaire en mai 2016, est un accord unique entre les plus grands donateurs et agences humanitaires qui se sont engagés à améliorer encore l'efficience et l'efficacité de l'action humanitaire.  

Le Grand Bargain comprend 51 engagements classés en différents axes de travail.
 

Une pluralité de partenaires


La Belgique travaille avec une pluralité de partenaires dans la mise en œuvre de sa stratégie humanitaire - Nations Unies, Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et ONG - en reconnaissant que chacun dispose d’avantages comparatifs.

Pour garantir la rapidité et la qualité de l’aide humanitaire, les partenaires sont sélectionnés sur base de différents critères :

  • des standards professionnels élevés ;
  • une riche expérience en matière d’aide humanitaire ;
  • une grande capacité à répondre aux besoins ;
  • le respect des directives et normes internationales.
     

Focus géographique de l’aide humanitaire


La Belgique focalise ses financements humanitaires sur les crises dites complexes dans certains pays partenaires faisant face à des besoins humanitaires chroniques/continus importants.

Mais si la situation l’exige, elle peut également financer des actions dans des pays ou régions non-partenaires. Les contextes bénéficiant d’une aide humanitaire belge prolongée sont les suivants :

  • les pays du Sahel ;
  • la région des Grands Lacs ;
  • le Territoire palestinien occupé ;
  • la crise Syrienne.
     

Cadre légal et critères d’action


L’aide humanitaire est inscrite dans la loi belge, dans divers textes dont les principaux :

La Belgique concentre son aide humanitaire sur des régions en proie à des crises complexes. Le choix des régions est guidé par deux critères :

  1. La volonté de pouvoir assurer un meilleur suivi des crises et des interventions humanitaires financées par la Belgique dans des crises chroniques ou de longue durée.
  2. La chronicité ou la durée de besoins humanitaires importants dans des pays où la capacité d’assistance de l’État est limitée.
     

Budgets de l’aide humanitaire


Le budget humanitaire belge est distribué sous forme d’allocations à trois formes de mécanismes distincts :

  • la contribution aux ressources générales des organisations multilatérales humanitaires ;
  • les fonds humanitaires multidonateurs ;
  • les programmes ou projets d’acteurs humanitaires.

En 2024, le budget alloué à l’aide humanitaire culminait à près de 220 millions d’euros.
 

Ressources générales et les fonds humanitaires internationaux


Les allocations aux ressources générales et à des fonds humanitaires internationaux sont des financements appelés « flexibles » et représentent au moins 60% des financements humanitaires belges.

Ces financements ne sont pas alloués à une zone ou une thématique spécifiques mais aux organisations humanitaires reconnues afin qu’elles puissent répondre rapidement et efficacement aux crises humanitaires.

À travers ces financements flexibles, la Belgique renforce l’impact et la plus-value de sa contribution au sein du système humanitaire mondial et s’assure que l’aide soit apportée rapidement selon les besoins.
 

Programmes ou projets d’acteurs directs


Le reste du budget est alloué sous forme de :

  • programmes, d’une durée de 2 ans ou ;
  • projets, d’une durée de 12 mois.

Ces financements directs sont alloués à des acteurs humanitaires, ONG ou organisations internationales reconnues, pour la mise en œuvre d’actions sur des thématiques et des zones géographiques définies.

La combinaison de ces ressources permet une approche adaptée afin d’assurer :

  • un financement rapide et flexible ;
  • une meilleure prévisibilité ;
  • un partage des responsabilités au sein du système global de l’aide humanitaire.
     

La différence entre aide humanitaire et coopération au développement


L’aide humanitaire est différente de la coopération au développement. D’une part, l’aide humanitaire apporte une aide immédiate aux populations afin de remplir ses objectifs de sauver des vies, d’alléger les souffrances et de préserver la dignité humaine.

D’autre part, la coopération au développement vise à la réduction de la pauvreté, à travers des actions de long terme. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie des populations dans les pays visés.

Les organisations humanitaires et de la coopération au développement travaillent main dans la main. Ensemble, ils répondent aux besoins des populations tant immédiats que de longue durée.