Pays partenaires

Un aperçu des 14 pays partenaires de la coopération gouvernementale et des autres pays en développement qui bénéficient de l'aide belge. La coopération belge est de préférence active dans des secteurs où une expertise a été construite et où des résultats utiles ont été obtenus.

Burundi

Le Burundi est un petit pays enclavé d'Afrique de l'Est et l'un des pays les plus pauvres du monde. La coopération belge au développement au Burundi est mise en œuvre par différents canaux. Un aperçu de la coopération gouvernementale, de la coopération non gouvernementale, de la coopération multilatérale et de l'aide humanitaire au Burundi.
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Petit pays enclavé de l’Afrique de l’Est, le Burundi est un des pays les plus pauvres du monde et les conflits violents, notamment la guerre civile de 1993-2005, y ont laissé  des traces profondes. La complexité ethnique et les conflits ethniques non-résolus contribuent à cette gouvernance difficile et au recours à la violence. 

L’économie du Burundi est clairement affectée par la crise politique et sécuritaire. L’exportation reste rudimentaire et très instable et dépend fortement du thé et surtout du café. Cependant, l’exportation de ces cultures souffre de prix fluctuants sur le marché international. Le taux d’investissements étrangers reste bas. Les périodes particulièrement instables font diminuer la demande interne et causent donc des ralentis économiques. La population connaît une forte croissance. Cette croissance a fortement aggravé la pression sur les ressources naturelles.

L’exode vers l’étranger implique aussi une diminution du pouvoir d’achat citoyen. L’inflation augmente. La crise du COVID-19 a un effet négatif sur le volume de l’économie informelle, roue de secours pour les plus pauvres.

Le Burundi présente toutes les caractéristiques d’un État fragile.

Les risques principaux auxquels est soumis le pays (Burundi) découlent, entre autres, de la fragilité de l’État burundais: sa difficulté à créer un contexte qui garantit les droits sociaux, économiques, culturels et environnementaux de sa population et qui fait face aux nombreux défis internes (par exemple la très haute densité de la population, la fragilité des terres) et externes (par exemple le changement climatique). Ceci a créé des cercles vicieux dont il devient de plus en plus difficile de sortir. 

La thématique de la fragilité est de plus en plus intégrée dans la coopération belge au développement au Burundi et ailleurs.

En coordination avec d'autres donateurs, la Belgique entend s'attaquer davantage aux causes profondes de l'instabilité et promouvoir encore plus l'État de droit, la lutte contre la corruption, les droits humains, l'espace civique et la démocratisation. Les organisations de la société civile locale doivent bénéficier de plus de marge pour opérer, pouvoir demander des comptes à leurs gouvernements et faire respecter les droits humains.

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Drapeau du Burundi sur une carte du monde

© Shutterstock

La coopération belge au développement au Burundi est mise en œuvre par différents canaux :

auxquels s'ajoute le volet :

Coopération gouvernementale

La coopération  gouvernementale belge au Burundi vise à améliorer les conditions de vie de la population burundaise, en principe à travers des partenariats avec les institutions publiques du pays.

Mais la Belgique ainsi que l’Union Européenne et ‘autres donateurs ont toutefois dû suspendre leur soutien aux organes étatiques burundais, conformément aux principes de l’accord de Cotonou. La Belgique a réorienté ses aides financières vers des canaux de coopération plus proches des bénéficiaires.

Les relations politiques entre l'UE et le Burundi sont actuellement régies par l'Accord de Cotonou qui vise à bâtir un partenariat global. Cet accord prévoit en son article 8 un dialogue politique régulier. Ainsi, la Délégation de l'UE avec les États membres, entretiennent un dialogue politique avec les autorités burundaises sur des questions d'intérêt commun, comme un soutien au processus politique, la consolidation de la paix, le renforcement de la démocratie et la lutte contre la pauvreté.

Cependant, en 2016, en vue de la crise politique et la situation des droits humains au Burundi, l’UE a activé l'article 96 de l'Accord de Cotonou et a par conséquent suspendu les appuis financiers directs fournis à l'administration burundaise (y compris les appuis budgétaires) tout en maintenant le soutien à la population, l'aide régionale et l'aide humanitaire, comme par exemple un projet d'appui à la santé de 40 millions d’euros qui permet le financement direct des soins de santé et un appui de 15 millions d’euros pour la nutrition et les subsides aux engrais. 

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Fête au Burundi

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Les projets mis en œuvre actuellement par Enabel concernent les services de base à la population nécessiteuse (santé et éducation) et l’agriculture, principale source de revenus de 90% de la population.

Agriculture et développement économique

L’agriculture est un secteur clé pour le développement du Burundi. Elle emploie 90 % de la population active et couvre 95 % des besoins alimentaires. Mais la faible productivité, le morcellement des terres, la faible maîtrise de la gestion de l’eau et les problèmes de transformation et de conservation des produits représentent des contraintes structurelles à la croissance agricole. La Belgique apporte aussi un appui conséquent et intégré au développement du secteur agricole : aménagements hydroagricoles sur environ 4.000 ha et appui aux usagers de l’eau, protection des bassins versants, accompagnement des organisations paysannes et des producteurs de semences, transformation et valorisation des productions à travers l’appui aux microentreprises agricoles et à la recherche agricole.

Santé

Avec son appui au secteur de la santé au Burundi, la Belgique cherche à garantir l’accès à des soins de santé de qualité pour toute la population.

Ainsi, la Belgique soutient dans les provinces de Kirundo et Muramvya, le processus de décentralisation du système de santé, le développement des ressources humaines adéquates, un paquet de soins de qualité et l’organisation communautaire. Elle appuie aussi la création d‘un système d’information sanitaire performant afin d’assurer un bon suivi de la santé de la population. Enfin, nous contribuons à l’amélioration du fonctionnement des établissements de soins (construction, équipements, informatisation, maintenance).

Éducation

Le Burundi a entrepris une réforme de l’enseignement de base et de la formation professionnelle. Elle consiste notamment à adapter le système éducatif aux réalités du pays, à élargir l’enseignement de base de 6 à 9 ans, et à organiser l’enseignement professionnel sous forme de modules.

L'une des interventions de la coopération belge au Burundi se focalise sur la refonte des programmes, la formation des enseignants et la fourniture de supports pédagogiques et didactiques. Une autre intervention renforce la gestion et la gouvernance des établissements scolaires, la qualité de l’offre de formation en adéquation avec les besoins de l’économie, l'insertion des diplômés sur le marché de l’emploi et l’amélioration des infrastructures de formations professionnelles

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Habitante du Burundi

© Shutterstock

Coopération non gouvernementale

Les Organisations de la société civile (OSC) jouent un rôle important au Burundi et sont reconnues comme des partenaires de l’Etat. Mais leur développement est de plus en plus menacé par les débats sur la qualité et l’efficacité de leur action et par la restriction croissante de la liberté d’expression, de réunion et d’association.

Les OSC peuvent contribuer à la création et la mise en œuvre de mécanismes constructifs de participation démocratique et contribuer à rétablir la confiance des citoyens dans leur gouvernement, à promouvoir leurs droits et à encourager l'inclusion des groupes vulnérables.

Les acteurs belges de la coopération non gouvernementale actifs au Burundi travaillent en collaboration avec la société civile locale.

Les cibles stratégiques retenues dans la programmation actuelle des acteurs non gouvernementaux belges au Burundi concernent :

  • Les organisations de la Société Civile (OSC)  
  • La santé                 
  • La sécurité alimentaire et agriculture                              
  • L’état de droit et Droits humains
  • Genre et inclusion (LNOB)

Coopération multilatérale

Pour atteindre les objectifs de développement, la Belgique participe aux côtés d'autres donateurs tels que l'Union européenne et la Banque mondiale à des programmes multilatéraux dans les domaines des soins de santé, de l'éducation, de l'environnement, de l'aide humanitaire et de la gouvernance (élections, justice).

Dans le cadre de cette coopération multilatérale, la Belgique applique le principe du « core funding » par lequel une contribution est apportée aux moyens généraux des organisations multilatérales partenaires.

Ces dernières années, diverses initiatives ont été prises au niveau du secteur privé.

Aide humanitaire

Dans les contextes fragiles, les différentes crises humanitaires et politiques justifiant une aide humanitaire durent de plus en plus longtemps. Dans de telles situations, il est important de sauver des vies, mais aussi de promouvoir l'autonomie en se concentrant sur des projets qui font le lien entre l'aide structurelle, l'aide humanitaire et la consolidation de la paix.

Au Burundi, la Belgique consulte également de manière régulière d'autres acteurs de la coopération au développement (organisations locales, autres donateurs, autres ONG) à propos des thématiques suivantes :

  • le renforcement de l'appropriation démocratique des partenaires ;
  • l'alignement sur leurs politiques, procédures et systèmes de gestion ;
  • l'harmonisation avec les autres donateurs ;
  • la gestion orientée résultats ;
  • la responsabilité mutuelle ;
  • une meilleure prévisibilité des moyens.