Pays partenaires

Un aperçu des 14 pays partenaires de la coopération gouvernementale et des autres pays en développement qui bénéficient de l'aide belge. La coopération belge est de préférence active dans des secteurs où une expertise a été construite et où des résultats utiles ont été obtenus.

Mali

Le Mali est aux prises avec une instabilité politique et sécuritaire depuis près de dix ans. La coopération belge au développement au Mali s'effectue par différents canaux. Un aperçu de la coopération gouvernementale, de la coopération non gouvernementale, de la coopération multilatérale et de l'aide humanitaire au Mali.
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Le Mali connaît depuis près d’une décennie une instabilité politique et sécuritaire. Les 2/3 du territoire malien (et 1/3 de la population) sont aujourd'hui, au Nord et au Centre, en situation d'instabilité et d'insécurité. Le pays connaît une importante présence internationale.

Malgré la signature de deux accords de paix entre les différents protagonistes, à Ouagadougou en juin 2013 et à Alger en juin 2015, prévoyant entre autres le retour des autorités maliennes dans les zones du pays demeurant sans présence étatique ; l’activité des groupes armés indépendantistes ou pro-gouvernementaux est toujours intense au nord du pays tandis que la situation se dégrade fortement au centre faisant craindre une déstabilisation à long terme. Dans ces régions, la violence s’intensifie et vient s’ajouter à la menace terroriste qui se propage et aux activités criminelles qui prospèrent. Par ailleurs, les attaques contre les forces de défense et de sécurité maliennes et européennes, la MINUSMA et Barkhane, sont en augmentation constante.

Ce climat de violence retarde, sinon empêche, le redéploiement de l’État (autorités administratives et services sociaux de base), son investissement dans les infrastructures et équipements structurants, tout autant que le travail des ONG et à fortiori le développement économique, tout cela au détriment des communautés résidant dans ces zones. Au Mali, les femmes constituent un groupe social particulièrement défavorisé à tous les niveaux.

En janvier 2013, à la demande du gouvernement malien, la France déploie l’opération Serval pour stopper l’offensive djihadiste qui se dirige vers le sud. Rebaptisée opération Barkhane en 2014, elle mobilise environ 5000 militaires français dans la région du Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad). En parallèle, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a été lancée en avril 2013. La même année, l’Union européenne a lancé la mission EUTM pour former le personnel militaire malien et, l’année suivante, la mission EUCAP pour former et soutenir la police, la gendarmerie et la garde nationale maliennes. 

La grande sensibilité du Mali au changement climatique est mise en évidence par l’augmentation des évènements climatiques extrêmes (sècheresses, inondations, feux de brousses, vents forts, etc.). La variabilité du climat et le changement climatique aggravent les pressions anthropiques sur les terres, l’eau et les autres ressources naturelles. Ils ont également un impact direct sur les moyens de subsistances des deux tiers de Maliens qui vivent de l’agriculture, l’élevage, la pêche et la sylviculture.

L'OCDE qualifie le Mali d'État fragile, ce qui s'accompagne de recommandations spécifiques pour la coopération au développement. La thématique de la fragilité est de plus en plus intégrée dans la coopération belge au développement au Mali et ailleurs.  

La lutte contre les causes profondes de l'instabilité et la promotion de l'État de droit, de la lutte contre la corruption, des droits humains, de l'espace civique et de la démocratisation reçoivent une attention accrue, en concertation avec d'autres donateurs. Les organisations de la société civile locale doivent bénéficier de plus de marge pour opérer, pouvoir demander des comptes à leurs gouvernements et faire respecter les droits humains.

Les défis à relever en matière de développement et de lutte contre la pauvreté sont énormes au Mali.

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Le Mali sur une carte

© Shutterstock

La coopération belge au développement est mise en œuvre par différents canaux :

Auxquels s’ajoute le volet :

Coopération gouvernementale

La Belgique coopère avec le Mali depuis une trentaine d'années déjà. La coopération gouvernementale belge s'engage en faveur d'une croissance durable, inclusive et créatrice d'emplois, de la réforme de l'État et de la paix, de la sécurité et de la lutte contre la pauvreté. La coopération gouvernementale au développement actuelle entre la Belgique et le Mali s'intéresse aux thématiques suivantes :

Décentralisation

La politique de décentralisation au Mali donne plus de responsabilités et de moyens aux communautés locales. Ce processus est crucial pour ancrer la démocratie, le développement local et la lutte contre la pauvreté.

Présente dans la deuxième plus grande région du pays, Koulikoro, la Belgique renforce les capacités des élus locaux et de leur administration au travers de formations. Nous soutenons également la gestion des affaires courantes (perception des impôts et taxes, amélioration des services d'état civil, etc.).

La Belgique finance aussi une partie des équipements et infrastructures nécessaires à la bonne exécution de ces affaires. L'objectif ultime est d'améliorer la qualité des services publics, le développement économique et la gouvernance locale inclusive.

Développement rural

L'aide belge se concentre sur l'élevage et la pêche. Le pastoralisme joue un rôle clé dans l'économie malienne et dans la lutte contre l'insécurité alimentaire. Nous travaillons à l'amélioration génétique des races animales locales, à une meilleure gestion technique des troupeaux, à l'accès aux pâturages et à l'utilisation optimale des produits animaux.

La coopération gouvernementale belge accompagne en outre le démarrage et le développement de fermes piscicoles dans la région de Sikasso, où vivent de nombreux enfants souffrant de malnutrition.

Enfin, la Belgique renforce les capacités institutionnelles du Ministère de l'élevage et de la pêche dans les domaines du suivi et de l'évaluation, des statistiques, de la coordination et de l'élaboration des politiques publiques.

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Een vrouw uit Mali

© Shutterstock

Coopération non gouvernementale

Au Mali, les acteurs non gouvernementaux de la coopération belge au développement travaillent en étroite collaboration avec les organisations locales, à savoir tant des organisations de la société civile que des institutions publiques. Leur principal objectif est de renforcer la société civile afin de réduire les inégalités.

Les objectifs communs de ces acteurs, dans le cadre des programmes en cours, sont à mettre en relation avec les Objectifs de développement durable :

  • Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable
  • Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous 
  • Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie
  • Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge
  • Garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable
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Une école au Mali

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Coopération multilatérale

Pour atteindre les objectifs de développement, la Belgique participe aux côtés d'autres donateurs tels que l'Union européenne et la Banque mondiale à des programmes multilatéraux dans les domaines des soins de santé, de l'éducation, de l'environnement, de l'aide humanitaire et de la gouvernance (élections, justice).

Dans le cadre de cette coopération multilatérale, la Belgique applique le principe du « core funding » par lequel une contribution est apportée aux moyens généraux des organisations multilatérales partenaires.

Ces dernières années, diverses initiatives ont été prises au sein du secteur privé.

Aide humanitaire

Dans les contextes fragiles, les différentes crises humanitaires et politiques justifiant une aide humanitaire durent de plus en plus longtemps. Dans de telles situations, il est important de sauver des vies, mais aussi de promouvoir l'autonomie en se concentrant sur des projets qui font le lien entre l'aide structurelle, l'aide humanitaire et la consolidation de la paix.

Au Mali, la Belgique consulte également de manière régulière d'autres acteurs de la coopération au développement (organisations locales, autres donateurs, autres ONG) à propos des thématiques suivantes :

  • le renforcement de l'appropriation démocratique des partenaires ;
  • l'alignement sur leurs politiques, procédures et systèmes de gestion ;
  • l'harmonisation avec les autres donateurs ;
  • la gestion orientée résultats ;
  • la responsabilité mutuelle ;
  • une meilleure prévisibilité des moyens