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La migration est une constante dans l’histoire du monde, de l’Europe et de la Belgique.
En 2024, il y avait 304 millions de migrants internationaux dans le monde, soit 3,7% de la population totale. Près de la moitié d’entre eux restent dans leur région d’origine, tandis que d’autres émigrent vers d’autres régions. Mais à ce chiffre, il faut encore ajouter les personnes migrant au sein de leur propre pays, dont plus de 83 millions de personnes déplacées internes en raison des conflits et catastrophes naturelles.
La plupart des personnes migrantes choisissent en effet de partir pour trouver un emploi décent, rejoindre leur famille ou étudier. Mais d’autres migrent aussi pour échapper aux conflits, aux violations des droits humains et aux effets néfastes du changement climatique.
De nombreux migrants conservent des liens étroits avec leur pays ou leur région d'origine et soutiennent leur famille ou leur communauté grâce aux transferts de ressources financières, de connaissances et de compétences, de technologies, d’idées innovantes et de culture.
Pour les familles de migrants et les pays d'origine, ces transferts créent des opportunités de développement et les rendent plus résilients face aux crises et autres évènements inattendus.
Par ailleurs, les pays où les migrants s'installent ou transitent peuvent aussi connaître un impact positif sur leur développement. Les migrants comblent souvent les pénuries de main d’œuvre et contribuent à l'activité économique d'un pays et à sa diversité.
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Favoriser le lien entre migration et développement
Cet impact positif de la migration sur le développement n'est pas toujours garanti. Il convient de mettre en place certaines conditions préalables importantes pour que les migrations ne créent pas d'inégalités ou ne les exacerbent pas, entravant ainsi le développement.
Les restrictions à la mobilité, à l'accès à un travail décent ou à des services de base tels que l'éducation ou les soins de santé ont un impact négatif sur l’intégration des migrations et le développement des pays d’origine, de transit et de destination.
En outre, les personnes migrantes qui sont contraintes de quitter leur pays sous la pression de la violence ou des conséquences du changement climatique doivent être protégées et leurs droits fondamentaux garantis.
Enfin, le développement influence également la migration. Les opportunités socio-économiques et l’accès aux droits fondamentaux créent l'espace et les moyens nécessaires pour que la migration puisse être un choix libre et conscient, tandis que l’absence d’opportunités ou de protection peuvent entraîner des déplacements forcés ou au contraire empêcher toute migration.
La migration dans les instances internationales
La corrélation entre la migration et le développement est reconnue au niveau international. Les Objectifs de Développement Durable reconnaissent largement la contribution positive des migrations au développement durable et à la croissance inclusive et indiquant clairement que l'obtention de résultats pour la plupart des autres objectifs est influencée par la gestion des migrations.
La question de la migration et de la mobilité est donc présente de manière transversale dans de nombreux ODD. En outre, un objectif spécifique (ODD 10.7) appelle à rendre possible la migration et la mobilité des personnes de manière ordonnée, sûre, régulière et responsable, notamment par la mise en œuvre de politiques migratoires planifiées et bien maîtrisées.
C'est également la base du Pacte mondial des migrations sûres, ordonnées et régulières (Pacte des Nations Unies pour les migrations) adopté en décembre 2018 par 152 pays dont la Belgique. Le Pacte fournit un cadre pour harmoniser et orienter une approche globale et la coopération internationale en matière de migration.
Contribution de la Coopération belge au développement
La Coopération belge au développement définit la manière dont elle entend relever les défis liés à la migration dans sa note stratégique intitulée "La migration comme levier du développement durable".
De concert avec l'agence belge de développement Enabel, les acteurs non gouvernementaux belges, l'Union européenne et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Coopération belge au développement travaille sur divers aspects de la migration et du développement.
Il existe des actions spécifiques dans les pays en développement qui se concentrent sur la bonne gestion de la migration, la migration de travail, la protection des droits des migrants et leur accès aux biens et services de base, la mobilisation de la diaspora et la sensibilisation au lien entre migration et développement (également en Belgique).
En outre, la Coopération belge au développement s'engage également à adopter une approche continue et à long terme des causes profondes de la migration irrégulière et forcée en créant de meilleures opportunités dans les pays en développement et en développant des solutions d’adaptation aux conséquences du changement climatique, afin que afin que la migration ne soit plus une solution de dernier recours mais un choix libre et conscient. Le cas échéant, la Coopération belge au développement tient également compte de l'impact potentiel de la migration sur les résultats du développement dans d'autres secteurs.
Enfin, la Coopération belge au développement contribue à la recherche de solutions globales au niveau international et européen en participant activement aux dialogues internationaux et régionaux sur la migration et le développement.