L’aide au commerce

Marché à Dosso


Les paysans d'Afrique doivent pouvoir écouler leurs produits sur le marché européen. Le constat est toutefois le suivant: de nombreux paysans ne réussissent pas à exporter leurs produits vers l'Europe. Les infrastructures sont insuffisantes, ils ne savent pas comment s'y prendre et les normes européennes de qualité sont trop sévères.

L'objectif de "l'Aide au commerce" est d'aider les pays en voie de développement à profiter des accès au marché qui leur sont proposés. Cette aide devra aussi compenser les éventuels effets pernicieux de la libéralisation du commerce. C’est pour cette raison que le ministre de la Coopération au développement a approuvé en 2008 une stratégie belge en faveur de l’Aide au commerce.


Pourquoi cet engagement belge ?

À la conférence de l'Organisation mondiale du commerce à Hong Kong, en 2005, l'Union Européenne a promis de verser chaque année, à partir de 2010, 2 milliards d'euros à l'aide liée au commerce. En octobre 2007, cet engagement s'est concrétisé dans une "stratégie de l'UE d'aide au commerce".

La Belgique souhaite bien entendu contribuer à la réalisation de cette promesse. Au cours de ces dernières années, l’Aide belge pour le Commerce a sensiblement augmenté. Ceci exige une approche plus structurelle. Le débat relatif à l’aide au commerce a en outre connu une accélération avec les négociations sur les Accords de partenariat économique (APE). Les pays de l’Afrique, des Caraïbes et de l’océan Pacifique (avec lesquels l’UE négocie des accords de libre-échange) attendent des moyens pour mettre en œuvre les Accords de partenariat économiques (APE) et pour renforcer la résistante concurrentielle de leurs économies. Dans ce cadre, la Belgique contribuera à la mise en place de ‘packages’ destinés à l’Aide au commerce. Ces "packages" doivent rapprocher l’Aide au commerce des États membres européens et celle de la Commission européenne. Ils offrent une réponse aux besoins qui apparaissent suite aux APE.


En pratique : la stratégie belge

Les principes essentiels de la stratégie belge sont l’efficacité de l’aide et une bonne coordination entre les bailleurs de fonds. On part de la question: "Comment le commerce peut-il contribuer à la lutte contre la pauvreté?". La Belgique entend surtout concentrer son aide sur la coopération institutionnelle (aide aux pouvoirs publics des pays en voie de développement) et sur l’aide au renforcement des capacités des petits agriculteurs. L’Aide au commerce sera un aspect important dans les secteurs prioritaires existants, notamment l’agriculture et les infrastructures. Outre l’aide bilatérale, les efforts des ONG et la coopération au développement multilatérale sont aussi importants.


Quelques actions concrètes

Au début de l’année 2009, au cours de sa mission en Tanzanie, M. Charles Michel, ministre de la Coopération au développement, a signé un accord de coopération avec la Communauté des pays de l'Afrique de l'Est (East African Community ou EAC). Outre le Kenya, 4 autres pays partenaires sont également membres de la coopération belge au développement de cette communauté économique régionale: il s’agit du Burundi, du Rwanda, de l’Ouganda et de la Tanzanie. Le commerce Sud-Sud peut être un instrument de développement important pour la région. Par ailleurs, la Belgique, avec ses collègues britanniques, aide surtout le Burundi à s’intégrer d’un point de vue économique dans l’EAC.

Depuis 2008, la Belgique fait partie des donateurs du Cadre intégré renforcé (Enhanced Integrated Framework). Ce mécanisme multilatéral assure l’intégration des besoins commerciaux dans les stratégies de développement des pays partenaires. Cela permet d’avoir une vision holistique du développement. Le commerce n’est pas ici la partie principale du développement, mais constitue un aspect important qui peut contribuer à la croissance économique et à une meilleure redistribution des moyens.


Trade for Development Centre

Enfin, l’ancien Fair Trade Centre a changé de dénomination pour s’appeler ‘Trade for Development Centre’ (centre du commerce pour le développement). Le mandat du centre a été élargi. Outre les activités existantes en matière de commerce équitable, le centre fera bénéficier les programmes des pays partenaires de ses compétences. Ce faisant, l’aspect commercial sera intégré à la coopération au développement bilatérale.

 Une stratégie belge en faveur de l’Aide au commerce (PDF, 224.14 Ko)
 La stratégie de l'UE d'aide au commerce (PDF, 11.02 Mo)