Burkina Faso

Burkina Faso

En 2015, le Burkina Faso est devenu un partenaire de la Coopération belge au développement. Ce choix est justifié par l’intérêt de la Belgique envers les pays moins développés. Le coup d’envoi du premier programme a été donné en début d’année. Connaissez-vous le Burkina Faso ? Un pays sahélien d’Afrique occidentale géographiquement exposé aux effets néfastes de la variabilité et des changements climatiques et fait face à une crise majeure d’eau potable.

 
Population et géographie

  • Capitale : Ouagadougou
  • Population : 18 millions d’habitants
  • Taux de croissance démographique : 3.1 %
  • Superficie : 274 200 km² (9 fois la Belgique)
  • Frontières : Mali et le Niger au nord, Togo, Bénin, Ghana et Côte d’ivoire au sud, séparant les Burkinabés de l’océan Atlantique
  • Climat : tropical à 2 saisons : la saison sèche de mi-octobre à mi-juin et la saison des pluies de juillet à septembre

Le Burkina Faso est un pays plat, tout comme la Belgique, avec pour point culminant le Ténakourou situé à 749m d’altitude dans la partie ouest. La grande diversité paysagère du Burkina Faso fait qu’il est possible de trouver en un seul lieu l’ensemble des paysages africains : des plaines étendues, des basses collines et une zone désertique, le Sahel, qui se situe au nord et qui laisse place à la savane au fur et à mesure que l’on se dirige vers le sud.

 
Culture

  • Ethnies : 65 ethnies et sous-ethnies, et plus de 200 tribus. Au sein de celles-ci, deux familles sont dominantes: la famille Mandé et la famille Voltaïque
  • Langues : la langue officielle du pays est le français et les principales langues courantes utilisées sont le moré, le dioula, et la langue peuhl.
  • Religions : islam (60%), catholicisme (19%), animisme (15%) et protestantisme (5%)

Malgré ces grandes diversités, les Burkinabés sont connus pour leur nature joviale, accueillante et tolérante, que ce soit au niveau ethnique ou religieux. D’ailleurs, il peut arriver que trois religions différentes coexistent au sein d’une même famille.

 
Economie

  • Indice de développement humain : 185ème sur 188
  • Taux de pauvreté : 40,1%
  • PIB par habitant : 613,04 US dollars

Cependant, le pays n’est pas dépourvu de ressources et il est le premier exportateur africain de coton. Grâce à une croissance moyenne annuelle de 5,5 %, le Burkina Faso était à la tête des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) au cours de ces 15 dernières années. Malgré cela, divers facteurs ont entraîné un ralentissement de la croissance économique en 2014, dont une récolte défaillante (déjà en 2013) suivie d’une crise politique, l’épidémie d’Ebola et la chute vertigineuse des cours mondiaux de l’or et du coton (qui représentent les sources principales de revenu du pays).

 
Histoire et Politique

C’est le 5 août 1960 que le Burkina Faso devient officiellement indépendant sous le nom de Haute-Volta, appellation que le pays détient depuis la dislocation de la colonie du Haut-Sénégal-Niger en 1919 et qui est due à sa localisation dans le haut-bassin des fleuves Volta, fleuves qui au Ghana débouchent sur l’Atlantique. En 1984, le pays change de nom sur initiative de Thomas Sankara, dirigeant du gouvernement révolutionnaire populaire de l’époque. Le pays prend alors le nom de Burkina Faso, qui en langues dioula et moré signifie : « le pays des hommes intègres ».

Le Président Blaise Compaoré arrive au pouvoir en 1987 par un coup d’Etat militaire, destituant ainsi Thomas Sankara. Il est ensuite lui-même contraint à démissionner en octobre de l’année 2014, soit 27 ans après avoir été au pouvoir, en raison d’une insurrection populaire contre la révision de la Constitution qui visait à supprimer toute limite au nombre de mandats présidentiels. Deux grands crises politiques avaient déjà ébranlé le pays auparavant, déstabilisant le pouvoir en place à deux reprises : en 1998 avec l’affaire Zongo et en 2011 avec la révolte populaire et une mutinerie de l’armée.

Aujourd’hui, le régime politique est de type présidentiel, le Président est élu par le peuple pour une durée de cinq ans, et ce lors d'un scrutin à deux tours. Il ne peut alors être réélu qu’une seule fois. Depuis le 29 novembre 2015, le chef d’Etat du Burkina Faso est Roch March Christian Kaboré, élu au premier tour des élections présidentielles avec 53,83 % des voix.

Selon l’indice de perception de corruption de Transparency International de 2014, le Burkina est classé 85ème sur 175. Il est, après le Sénégal, le pays le moins corrompu de la sous-région qui s’étend du golfe de Guinée à l’Est, jusqu’au fleuve Sénégal au Nord-Ouest.

 
Relations commerciales avec la Belgique

En termes d’échanges commerciaux et d'investissements, le Burkina Faso est un petit partenaire pour l'économie belge étant donné que seulement une poignée de grandes entreprises, dont Brussels Airlines, entretiennent des relations commerciales avec le pays.

En 2012, le Burkina Faso était le 104ème client le plus important de la Belgique et quant à la liste des fournisseurs, il y apparaissait à la 111ème place. En 2014, la Belgique exportait principalement des machines, des appareils et du matériel de transport vers le Burkina Faso. Ces deux catégories réunies représentent plus de 60% des produits exportés. Quant aux importations belges en provenance du Burkina Faso, ce sont les pierres et les métaux précieux qui dominent largement, représentant 75% des importations.

 
Coopération belge au Développement

Avec la reprise de la coopération gouvernementale avec le Burkina Faso, la Belgique souhaite soutenir, de manière structurelle, le développement démocratique et socio-économique du pays à travers 2 axes bien spécifiques : la croissance économique durable et inclusive ainsi qu’une approche fondée sur les droits humains.

Dans cette optique, la Belgique a initié un programme de démarrage en février 2016 pour un montant total de 15 millions d’euros qui comprend 2 grand volets : (1) droit d’accès à l’eau potable dans la ville de Fada N’Gourma et (2) droits sexuels et reproductifs des jeunes et des femmes, en coopération déléguée avec le FNUAP.

Le 21 novembre 2017, la Belgique et le Burkina Faso ont signé un premier programme de coopération gouvernementale pour 2018-2022. Ce programme sera mis en œuvre par Enabel pour un montant de 38,860 millions d’euros. L’objectif global est de contribuer au développement économique et social inclusif et durable dans la région du Centre-Est (Tenkodogo-Koupela). Pour ce faire, les trois grands axes du programme sont : (1) la promotion de l’entreprenariat et la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, (2) un renforcement de la sécurité dans la région avec un projet de police de proximité et (3) le « She Decides/Elle décide » (à savoir le renforcement des droits sexuels et reproductifs des femmes). A côté de ces 3 axes un programme de formation, études et expertises sera également mis en en œuvre.

Outre la coopération gouvernementale, le Burkina Faso connait aussi, depuis de nombreuses années, une coopération non gouvernementale importante. En effet, 22 ONG belges sont sur le terrain, dont Africalia, les Universités et Institutions scientifiques, l’APEFE, l’IMT Anvers et l’Union des villes et des communes de Wallonie pour n’en citer que quelques-unes. BIO-Invest est également active au Burkina Faso où elle cherche à créer de la valeur-ajoutée par ses financements. Enfin, la Belgique a également signé plusieurs prêts d’État à État. Tous ces financements sont en synergie avec le nouveau programme de coopération.
 

 APD belge (PDF, 23.3 Ko)