Guinée

Guinee

En 2015, la Guinée est devenue un pays partenaire de la Coopération belge au développement. Ce choix est justifié par son intérêt envers les pays moins développés. Le coup d’envoi du premier programme de coopération a été donné en début d’année. Dans cet article, nous apprenons à connaitre la Guinée, l’un des pays les plus fragiles d’Afrique d’Ouest et qui a lourdement frappé par l’épidémie d’Ebola.

 
Population et géographie

  • Capitale : Conakry
  • Population : 12,5 millions d’habitants
  • Superficie : 245 857 km² (8 fois la Belgique)
  • Frontières : Guinée-Bissau, Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra Leone et océan Atlantique
  • Climat : tropical, oscillant entre la saison des pluies (mai-octobre) et la saison sèche

Sa localisation fait de la Guinée le « château d’eau d’Afrique » avec plus de 1300 cours d’eau dont les sources du Niger et du Sénégal.

 
Culture

  • Ethnies : les Peuls, les Malinkés, les Soussous et des populations forestières.
  • Langues : la langue officielle du pays est le français et parmi les langues les plus courantes on trouve le peuhl, le soussou et des langues mandingue.
  • Religions : islam (85%), catholicisme (±10%) et animisme (±5%).

 
Economie

  • Indice de développement humain : 183ème sur 188.
  • Taux de pauvreté : 55,2%
  • PIB par habitant : 531,32 US dollars

Malgré le fait que la Guinée dispose de nombreuses ressources naturelles, la population guinéenne vit dans une grande pauvreté. À l’heure actuelle, l’économie du pays repose majoritairement sur le secteur agricole et en 2015, le pays figurait à la 11e place parmi les pays au plus petit PIB par habitant. Cependant, la Guinée éprouve également de grosses difficultés dans d’autres domaines, notamment en matière de fourniture d’électricité, de réseaux de communication et de l’enseignement. De plus, la croissance économique a été fortement freinée par l’épidémie d’Ebola, éclatée à la fin de l’année 2013, une épidémie qui a durement frappé la population guinéenne, mais qui a aussi davantage encore renforcé la détermination des autorités guinéennes à s’investir dans la reconstruction.

 
Histoire et Politique

La République de Guinée est devenue indépendante en 1958 et a connu une histoire politique chaotique. Des élections démocratiques ont lieu en 2010 mais la situation reste parfois houleuse. Alpha Condé, le président guinéen, est élu en décembre 2010 et réélu en 2015. Depuis son investiture en 2010, la Guinée s’est peu à peu ouverte à la démocratie. Cependant, les mois précédant l’élection de 2015 sont marqués par des affrontements au sujet du calendrier électoral. Les deux partis de l’opposition et ceux de la majorité s’opposent, mais accord politique est finalement trouvé entre les différents partis. Depuis l’élection présidentielle de 2010, les élections législatives sont sans cesse repoussées et le système électoral est au cœur de la controverse en raison de ses faiblesses techniques, de ses listes électorales arriérées et de l’exclusion du vote des Guinéens à l’étranger. C’est finalement grâce à quelques remaniements dont la nomination d’un médiateur et la mise en place d’un comité de suivi que les élections législatives ont finalement lieu le 28 septembre 2013. C’est le Rassemblement du Peuple de Guinée, parti du président Condé qui arrive en tête avec 58 sièges.

Aujourd’hui, le gouvernement de Condé fait toujours face à une instabilité politique qui se traduit en manifestations parfois violentes de l’opposition par rapport au retard dans la mise en œuvre des accords. D’autres facteurs menaçant la stabilité du pays sont par exemple la dimension ethnique des tensions politiques, ou encore les relations alarmantes entre le gouvernement civil et l’armée. Cette dernière, voyant son budget diminuer sans cesse, pourrait décider d’exprimer son mécontentement par le biais d’une rébellion.

 
Relations avec la Belgique

Les relations entre la Guinée et la Belgique sont bonnes, notamment grâce à la compagnie Brussels Airlines qui est l’une des seules à organiser des vols directs vers la Guinée. En 2013, un accord d’annulation de la dette (2,4 millions) de la Guinée envers la Belgique a également été signé par le ministre des Finances Koen Geens. Par le biais de cet accord, la Belgique a annulé la totalité des dettes de la Guinée. La Belgique exporte principalement du matériel de transport et des machines, notamment des voitures de seconde main, connues sous le nom de « voitures-Bruxelles ». Le principal produit d’importation (représentant 84%) en provenance de la Guinée est le diamant. Les statistiques de l’Agence pour le Commerce Extérieur indiquent une tendance à la hausse, tant au niveau des importations que des exportations.

Dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola, la contribution belge a été grande : la Belgique a fourni 24 véhicules et a débloqué des fonds de 39,1 millions d’euros. Les autorités guinéennes souhaiteraient davantage développer les relations bilatérales avec la Belgique, pour cela, une rencontre officielle entre le Président Alpha Condé et le Premier Ministre Charles Michel s’est tenue en mars 2015, dans le cadre de la conférence Ebola à Bruxelles. Actuellement, la Belgique est représentée par un bureau diplomatique ouvert en 2015 suite à l’ajout de la Guinée dans la liste des pays partenaires de la coopération belge.

Le vice-premier ministre et ministre de la coopération au Développement Alexander De Croo et son homologue guinéen ont donné le coup d’envoi de la coopération bilatérale au début de l’année 2016 et notre pays s’est engagé via des contributions financières et plusieurs interventions directes vis-à-vis de la Guinée. Maintenant que l’épidémie d’Ebola n’étant plus une menace, la Coopération belge au développement souhaite offrir une contribution structurelle à la reconstruction du pays.

 
Coopération belge au Développement

Le 30 octobre 2017, la Belgique et la Guinée ont signé un programme de coopération gouvernementale pour 2018-2022. Cette coopération comprendra les trois composantes suivantes : le développement de l’entreprenariat urbain, rural et féminin ; les droits sexuels et reproductifs ; et enfin, un programme de formations, d’études et d’expertise. Mis en œuvre par l’Agence belge de développement (Enabel), l’investissement belge est d’un montant total de 37,7 millions d’euros ainsi que 420 mois-hommes d’experts.

Le nouveau programme de coopération fera ainsi suite au programme de 15 millions d’euros signé au début de l’année 2016. Ce dernier permettait à la Belgique d’apporter des réponses rapides et concrètes aux besoins prioritaires de la population guinéenne, tout en jetant les bases du programme de coopération actuel.

Afin de pouvoir offrir un meilleur suivi de cette coopération, notre pays dispose d’un bureau diplomatique en Guinée. Outre la coopération gouvernementale, le bureau permet également de faire un suivi des interventions d’ONG belges et d’organisations multilatérales sous financement belge, ainsi que des prêts d’État à État.
 

 Dépenses APD (PDF, 22.83 Ko)