Agriculture et Pêche

Agriculture

En bref

La politique agricole en Belgique est déterminée par la Politique agricole commune (PAC) au niveau européen. Les principales composantes de la PAC sont les paiements directs, destinés à soutenir le revenu des agriculteurs, l'organisation commune des marchés des produits agricoles et le développement des zones rurales de l’Union européenne.

Mise en place en 1962, la PAC a été réformée à plusieurs reprises pour répondre à de nouveaux défis. La dernière réforme de 2013 vise à rendre la PAC plus équitable, plus « verte » et à renforcer l’orientation de l’agriculture européenne vers le marché.

Objectifs pour la Belgique

Une des spécificités de l’agriculture belge est la nature périurbaine des zones agricoles. Dans notre pays à forte concentration démographique, l’utilisation des terres agricoles est soumise à la concurrence de l’habitat, des zones industrielles et des infrastructures routières, jusque dans les campagnes. Il s’ensuit une pression à la hausse sur les prix des terres, difficilement soutenable, surtout pour les jeunes agriculteurs qui s’installent et qui doivent faire face à des investissements importants dans leurs exploitations. En outre, en comparaison à d’autres secteurs, le revenu de l’activité agricole est inférieur et les conditions de travail (nombre d’heures prestées, pénibilité des tâches,…) sont moins favorables, ce qui peut constituer un sérieux découragement à l’exercice de la profession. C’est pourquoi, en Belgique, le soutien financier de la PAC s’adresse particulièrement aux investissements dans les exploitations agricoles et à l’installation des jeunes agriculteurs.

Par le « verdissement » de l’agriculture, la PAC a introduit l’obligation pour les agriculteurs de pratiques favorables à l’environnement. Pour pouvoir prétendre intégralement au bénéfice du soutien financier de la PAC, les agriculteurs doivent fournir des services environnementaux. Par exemple, il est obligatoire de prévoir une surface d’intérêt écologique dans chaque exploitation ou groupe d’exploitations agricoles, ainsi qu’une diversification des cultures. En Belgique, des alternatives sont prévues, comme les couverts végétaux, les prairies extensives, les cultures à contribution positive sur l’efficience écologique, l’agroforesterie, le désherbage mécanique ou le semis direct.

L’organisation commune des marchés agricoles est une autre composante essentielle de la PAC. Elle concrétise l’importance d’une chaîne de production alimentaire compétitive et performante. La Belgique défend le renforcement du pouvoir de négociation des agriculteurs dans la chaîne de production alimentaire par l’établissement d’organisations de producteurs et d’organisations interprofessionnelles dans tous les secteurs de l’agriculture. Les producteurs doivent bénéficier d’un réel pouvoir de négociation au sein des filières agro-alimentaires. La Belgique est clairement favorable à la possibilité pour ces organisations de négocier collectivement les prix et les quantités des produits de leurs membres.

Par ailleurs, la PAC a mis en place un « filet de sécurité », ensemble de mécanismes destinés à faire face aux perturbations des marchés et à la volatilité croissante des revenus des agriculteurs, causées par des fluctuations significatives de prix sur les marchés intérieurs et extérieurs. Dans ce cadre, la Belgique souhaite l’introduction, dans la PAC, d’un mécanisme de révision des prix d’intervention qui tienne compte des coûts de production et des marges.

Sur un autre registre, la PAC a établi un programme « Fruits et lait à l'école », par lequel l’Union européenne cofinance l'achat et la distribution de fruits, de légumes frais et de produits laitiers aux enfants des écoles. Pour la Belgique, c’est un outil d’information et d’éducation des enfants sur l'importance des produits agricoles, de l'agriculture et des habitudes alimentaires saines. En Belgique, le programme « Fruits et lait à l'école » est appliqué avec succès. Par année scolaire, le budget mis à disposition de la Belgique par l’Union européenne s’élève à environ 1.800.000 € et 420.000 écoliers belges (37%) bénéficient de la distribution.

Pour terminer, citons, à titre d’exemple, une importante mesure de la politique de développement rural appliquée en Belgique, où certaines zones rurales sont soumises à des contraintes naturelles : un climat plus rude et des sols moins fertiles. En vue d’un développement territorial équilibré, il est essentiel de maintenir la compétitivité de l’agriculture dans ces zones. Pour ce faire, notre pays bénéficie du soutien financier de la PAC.

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Pêche

En bref

La politique de la pêche en Belgique est déterminée par la Politique commune de la pêche (PCP) au niveau européen et vise à préserver les ressources biologiques marines : poissons, crustacés, coquillages, et à gérer la flotte de pêche de l’Union européenne. La PCP vise aussi la durabilité à long terme des activités de pêche et d’aquaculture marines sur le plan environnemental, ainsi que les retombées économiques et sociales positives pour les pêcheurs et les populations côtières. Néanmoins, certains stocks de poissons sont surexploités : les activités de pêche menacent alors, à la fois les populations de poissons et la productivité de la pêche elle-même. C’est pourquoi la PCP impose des limites de pêche qui maintiennent les stocks à long terme. Elle fixe également des zones où la pêche est interdite afin de protéger les juvéniles ou les reproducteurs, des normes en matière d’engins de pêche ou encore la taille minimale des poissons pêchés. C’est le Conseil de l’Union européenne qui fixe les possibilités de pêche et les taux admissibles de captures (TAC), en fonction de l’état et de la productivité des stocks de poissons, sur base d’avis scientifiques. Les TAC sont ensuite répartis en quotas entre les Etats membres de l’UE.

Objectifs pour la Belgique

En Belgique, en vertu de l’accord de coopération de 1994 entre les Autorités fédérales, les Communautés et les Régions, la pêche maritime relève de la compétence exclusive de la Région flamande. En Région wallonne et en Région de Bruxelles-Capitale, seules la pêche récréative et la pisciculture d’eau douce, principalement de truite, sont pratiquées.

La flotte de pêche belge a été fortement réduite ces dernières années afin d’adapter sa capacité (puissance motrice et tonnage) aux possibilités de pêche et d’améliorer la rentabilité du secteur. La Belgique a ainsi apporté sa contribution à la réduction de la surcapacité de la flotte européenne. La flotte belge comporte un peu moins de 80 navires, utilisant pour la plupart des chaluts adaptés à la pêche des poissons plats (sole, plie, …). En valeur marchande, la sole représente 50% de la valeur totale des débarquements de la flotte belge. La Belgique pêche également le cabillaud et environ 15% de crustacés et de coquillages, surtout des crevettes et des coquilles Saint-Jacques.

Les zones de pêche de la Belgique se situent principalement dans la mer du Nord, la Manche, la mer d’Irlande, la mer Celtique et, dans une moindre mesure, dans le golfe de Gascogne. Le total des débarquements est d’environ 20.000 tonnes. Les débarquements dans les ports belges ont lieu à Zeebrugge (55%), et Oostende (25%). Le reste est principalement débarqué aux Pays-Bas (15%).

La réforme de la PCP de 2014 a instauré la fixation de taux de capture permettant le rendement maximal durable (RMD), qui doivent être progressivement atteints entre 2015 et 2020, pour toutes les espèces de poissons. Pêcher trop n’est pas durable, pêcher trop peu n’est pas rentable. Le RMD est le meilleur objectif pour une pêche à la fois durable et rentable.

Un autre acquis de la réforme de la PCP est l’interdiction progressive de la pratique des rejets, consistant à rejeter les poissons non désirés à la mer, interdiction combinée à l’obligation de débarquement des poissons pêchés. En effet, environ 25% des poissons pêchés sont rejetés à la mer, avec un très faible taux de survie après rejet. Ces rejets peuvent être constitués de poissons trop petits, d’espèces dont la pêche est interdite ou d’espèces soumises à des limites de captures. Afin de réduire ce gaspillage, toutes les captures devront progressivement être débarquées entre 2015 et 2019, sauf les espèces dont la pêche est interdite et celles dont le taux de survie après rejet est élevé. Constatant qu’un certain niveau de rejets est inévitable, la Belgique plaide pour le développement d’engins de pêche plus sélectifs et pour des techniques de pêche limitant au mieux les rejets.

Notons également qu’en vue d’aider les jeunes armateurs, les producteurs aquacoles, et favoriser les techniques de pêches alternatives respectueuses de l’environnement, la Belgique bénéficie d’une partie du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, doté de 6,4 milliards d’euros pour la période 2014-2020.

Au niveau international, la Belgique soutient l’Union européenne dans son engagement à combattre les activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN). La pêche INN constitue une menace majeure pour la conservation et l’exploitation durable des ressources biologiques marines dans les océans et les mers du monde, avec des conséquences socio-économiques néfastes pour les pêcheurs qui respectent les règles. La pêche INN est estimée à 15% de la pêche mondiale. L’Union européenne publie une liste noire des navires et des pays non coopératifs et sanctionne les contrevenants.

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