Amérique du Nord

 
Canada

Le Canada tel que nous le connaissons aujourd’hui trouve son origine dans le British North America Act de 1867. Il a obtenu la majeure partie de son indépendance politique en 1931. Le chef de l’Etat est SM la reine Elisabeth II, représentée au Canada par un Gouverneur général. Après une dizaine d’années de gouvernement conservateur sous le Premier Ministre Stephen Harper, les élections de 2015 ont vu les libéraux de Justin Trudeau revenir au pouvoir. Lors des élections d’octobre 2019, ces derniers ont perdu leur majorité absolue, ce qui a contraint Trudeau à former un gouvernement minoritaire.

La Belgique occupe une place à part dans la mémoire collective des Canadiens vu le rôle joué par les soldats canadiens lors des deux guerres mondiales, la Première (entre autres lors de la « Bataille de Passchendaele ») et la Seconde (lors de la « Bataille de l'Escaut » notamment). En outre, le pays éprouve un intérêt majeur pour les développements en matière de réforme de l’Etat en Belgique. La communauté belge s’élève à plus de 20.000 personnes (dont 16.000 Belges inscrits). Le nombre de Canadiens d’origine belge est estimé à près de 200.000.

La Belgique et le Canada ont noué des relations diplomatiques en 1939. Outre l’ambassade de Belgique à Ottawa, le réseau diplomatique belge compte un consulat général, trois attachés économiques et commerciaux et un agent de liaison scientifique de la Région Wallonne à Montréal, des représentants économiques et commerciaux bi et tri-régionaux respectivement à Toronto et Vancouver, un délégué de la Communauté Française à Québec, et 5 consulats honoraires (Toronto, Vancouver, Halifax, Winnipeg et Québec). La province de Québec possède une représentation à Bruxelles.

Les relations bilatérales sont excellentes et les contacts multiples, comme en témoignent la visite d’Etat de nos souverains (2018), la visite de travail de l’ancien Premier Ministre Charles Michel (2017) et la mission économique présidée par SAR la princesse Astrid (Vancouver et Calgary, 2015). Des visites de ministres des Régions et Communautés, ainsi que de nombreux bourgmestres (Anvers, Gand, Courtrai, Namur) ont également eu lieu. Nos deux pays ont conclu une dizaine d’accords bilatéraux. Ces trois dernières années, les exportations de marchandises belges vers le Canada ont sensiblement augmenté, ce qui a permis de passer d’un déficit en 2016 à un confortable excédent commercial en faveur de notre pays en 2018 et 2019. S’agissant du commerce des services, les échanges bilatéraux sont assez équilibrés. Les investissements directs belges au Canada s’élevaient fin 2018 à environ 5,2 milliards euros.

Le Canada et la Belgique partagent de nombreux objectifs en matière de politique étrangère et ont souvent les mêmes points de vue dans les fora multilatéraux. Les deux pays défendent le multilatéralisme, le respect des Droits de l’Homme, la démocratie et l’Etat de droit. Le Canada est donc un partenaire très important et un pays « like-minded ».

Enfin, en tant que membre des G7 et G20, ainsi que de l’OTAN, du Conseil de l’Arctique et de l’Organisation Internationale de la Francophonie, le Canada est aussi un partenaire intéressant. Fin 2018, le Canada a signé, avec les Etats-Unis et le Mexique l’accord ACEUM (Accord Canada-Etats-Unis-Mexique), successeur de l’ALENA (Accord de Libre Echange nord-américain). Avec l’Union Européenne (UE), il a signé en 2016 un accord de partenariat stratégique et un accord de libre échange (Comprehensive Economic and Trade Agreement,  mieux connu sous son acronyme CETA). Depuis 2017, seule la partie du CETA qui dépend de la compétence exclusive de l'UE (soit 90 % de l'accord) est entrée en vigueur. L'application totale de l'accord ne sera possible qu'après sa ratification par les parlements des Etats membres.

Il existe une amitié historique entre nos deux pays, centrée sur la coopération culturelle, les relations économiques, les échanges académiques, le dialogue politique et les valeurs communes.

 
Etats-Unis d’Amérique

Notre relation transatlantique avec les États-Unis d'Amérique, l'intégration européenne et notre préférence pour la coopération multilatérale constituent les fondements de la politique étrangère belge.

Les États-Unis sont un partenaire stratégique sur le plan de la défense et de la sécurité et notre principal partenaire commercial en dehors de l'Union européenne. Nos deux pays coopèrent également de manière constructive au sein de différentes organisations multilatérales et régionales.

 
Amis de la première heure

Les États-Unis et la Belgique ont noué des relations diplomatiques dès 1832, donc bien avant la reconnaissance définitive des frontières belges par les superpuissances européennes dans le traité de Londres de 1839. C’est grâce à l’intervention des Etats-Unis que la Belgique a été libérée pendant les deux guerres mondiales. La Bataille des Ardennes (Battle of the Bulge), la plus grande bataille américaine de la Seconde Guerre mondiale dont le 75ème anniversaire a été commémoré en 2019, a créé un lien privilégié entre nos deux pays.

L'après-guerre a été marquée par une forte coopération transatlantique, avec la mise en œuvre du plan Marshall en 1947 et la création de l'OTAN en 1949. Le début des années 2000 a été marqué par une période de tension suite à l’opposition belge à la guerre en Irak de 2003 ; à partir de 2004, les relations se sont apaisées.

 
America first” et la rivalité avec la Chine

Au 21ème siècle, les États-Unis se tournent de plus en plus vers l'Asie. Ils considèrent généralement la Chine comme un concurrent économique et aussi comme leur principal rival stratégique, la Chine promouvant un système politique et un modèle de société fondamentalement différents des nôtres. Pour le président américain Donald Trump, les États-Unis doivent avant tout s'appuyer sur leur propre puissance économique et militaire pour défendre leurs intérêts. Par conséquent, la coopération multilatérale, les alliances et d'autres formes de Soft Power font l'objet d'un examen critique. Bien que l'alliance transatlantique reste aussi utile et pertinente qu'auparavant, tant pour les États-Unis que pour l'Europe, Washington et Bruxelles ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde en ce qui concerne le changement climatique, l'Iran ou le Moyen-Orient, pour ne citer que quelques exemples.

 
Un partenaire fiable jouissant d’ une image positive

A priori, la Belgique jouit d'une image positive auprès des Américains notamment grâce aux liens personnels créés par les deux guerres mondiales mais aussi  vu le grand nombre de diplomates, militaires et hommes d'affaires américains ayant vécu en Belgique pour des raisons professionnelles. Bruxelles, en particulier, est connue comme le siège de l'OTAN et de l'UE. La Belgique étant un membre fondateur de ces deux organisations, les Américains accordent un certain poids à notre diplomatie.

La Belgique, alliée fiable au sein de l'OTAN, coopère activement avec les États-Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et pour d'autres questions de sécurité. Washington apprécie le déploiement de soldats belges, par exemple en Afghanistan, au Mali, dans les États baltes ou dans le cadre de la coalition internationale contre Daesh. Le port d'Anvers revêt une importance stratégique dans le contexte de l'OTAN. Cela étant, les dépenses belges en matière de défense considérées comme trop faibles par eux demeurent un sujet de préoccupation pour les États-Unis. Enfin, il existe une coopération policière et douanière étroite, dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue.

 
Le principal partenaire commercial en dehors de l'UE

Nos liens économiques avec les États-Unis sont également particulièrement intenses : environ cinq pour cent des exportations belges leur sont destinées. Ainsi, le marché américain est notre cinquième client en importance, après nos pays voisins : l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Par ailleurs, les États-Unis sont le quatrième fournisseur de marchandises de notre pays avec une part de près de dix pour cent. La valeur totale des échanges de biens et services entre la Belgique et les États-Unis s'élève à près de EUR 70 milliards par an. Le commerce des marchandises est dominé par les produits chimiques et pharmaceutiques et, dans ce domaine, notre pays affiche traditionnellement un déficit commercial par rapport aux États-Unis. Par contre, la balance commerciale des services avec ce pays penche légèrement en faveur de la Belgique. Les investisseurs américains en Belgique, 900 entreprises au total, créent 124.000 emplois dans notre pays. À l'inverse, environ 500 entreprises belges sont actives aux États-Unis, créant ensemble près de 60.000 emplois.

 
Les Belges aux États-Unis : passé et présent

La majorité des migrants belges à la recherche d'une vie meilleure aux États-Unis sont arrivés entre le milieu du 19ème siècle et le début de la Première Guerre mondiale. La plupart d’entre eux étaient des agriculteurs et des artisans. Lors du recensement américain de 2010, 361.667 Américains ont indiqué qu'ils avaient des racines belges. Les concentrations les plus élevées ont été enregistrées dans les États du Wisconsin, du Michigan et de l'Illinois.

Après la Seconde Guerre mondiale, c’est avant tout une main-d'œuvre hautement qualifiée qui a déménagé vers les États-Unis. La coopération scientifique est d’ailleurs toujours très fructueuse. Aujourd'hui, près de 28.000 Belges résidant de manière permanente ou temporaire aux États-Unis sont inscrits à l'ambassade de Belgique à Washington ou aux consulats généraux à Atlanta, Los Angeles et New York. La plupart de nos compatriotes vivent dans les États de Californie, de New York, de Géorgie, du Texas et du New Jersey. L'ambassade américaine à Bruxelles estime à 23.000 le nombre de ressortissants américains en Belgique, sans compter les touristes.

 
Mexique

Avec une population de 123 millions d'habitants et une superficie de près de 2 millions de km² (64 x la Belgique), le Mexique est la quinzième économie mondiale et la deuxième en importance en Amérique latine. La priorité du Mexique est la relation avec les États-Unis, même si cette relation est historiquement ambivalente. Les deux pays partagent une frontière de plus de 3.300 km et la communauté mexicaine aux États-Unis est estimée à 38 millions de personnes. Les principaux sujets de tension sont le commerce, l'immigration et la criminalité. Pour le Mexique, l'ALENA («Accord de libre-échange nord-américain», de 1994), suivi de l'USMCA («Accord États-Unis-Mexique-Canada», entré en vigueur le 1er juillet 2020), est d’un intérêt essentiel.

Dans sa politique étrangère, le Mexique opte résolument pour le multilatéralisme. Membre fondateur des Nations Unies, le pays a été élu membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour la période 2021-2022. Il est également membre de l'OEA (Organisation des États américains), du G-20 et de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Au niveau régional, le Mexique joue également un rôle de premier plan en tant que membre de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique), de l'Alliance du Pacifique, de la CELAC (Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes), du CPTPP (Accord global et progressif de partenariat transpacifique) et en collaboration avec la CARICOM (Communauté et Marché Commun des Caraïbes).

L’Union européenne (UE) et le Mexique ont conclu le 28 avril 2020 les négociations sur la modernisation de l’accord commercial UE-Mexique. Cet accord remplace le précédent accord commercial conclu en 2000 et fait partie intégrante de l’accord d’association UE-Mexique, un accord global plus vaste qui établit le cadre pour les relations de l'UE avec le Mexique. L’accord n’entrera en vigueur qu’après ratification.

En politique intérieure, depuis la prise de fonction du président André Manuel Lopez Obrador, dit "AMLO",  en 2018, l'accent est mis sur la lutte contre la corruption, la criminalité et l'impunité et sur davantage d’égalité sociale et de sécurité. Les principaux obstacles à la réalisation de ces ambitions sont le problème persistant de trafic d'armes et de drogue et la traite des êtres humains.

Les relations bilatérales avec la Belgique remontent au 19ème siècle. La Belgique et le Mexique ont accueilli des représentants diplomatiques respectivement en 1838 et 1842 et ont signé un traité d'amitié en 1861. Cependant, après l'intervention française en 1862, les relations diplomatiques se sont rompues. La princesse Charlotte, fille du roi belge Léopold Ier, a régné de 1864 à 1866 en tant qu'impératrice du Mexique suite à son mariage avec l'archiduc Maximilien d'Autriche; elle y était connue sous le nom de "Mama Carlota". Son mari fut exécuté en 1867 et elle est décédée au château de Boechout (Meise) en 1927.

Les relations diplomatiques entre la Belgique et le Mexique ont été rétablies en 1879. Aujourd'hui, les relations politiques sont excellentes, comme en témoignent les visites officielles régulières et les contacts bilatéraux en marge des rencontres internationales. Les dernières consultations politiques bilatérales se sont tenues à Bruxelles en 2018. Plusieurs missions régionales multisectorielles ont eu lieu en 2015, 2016 et 2018 ainsi qu'une mission économique, présidée par SAR la Princesse Astrid en février 2019.

Il existe plusieurs accords bilatéraux. Sur le plan des investissements belges au Mexique, 80 entreprises environ sont concernées, tandis que 6 sociétés mexicaines sont implantées en Belgique. Le total des échanges bilatéraux en 2019 s'élevait à EUR 5,2 milliards avec un excédent du côté mexicain. Le pays était notre 36ème client et notre 19ème fournisseur.

Le nombre de Belges au Mexique est estimé à 2.500, le nombre de Mexicains en Belgique à 1.500. Le Mexique accueille chaque année jusqu'à 40.000 touristes belges. Les deux pays entretiennent également des liens culturels et scientifiques actifs. Plusieurs établissements d'enseignement supérieur ont conclu des accords de coopération avec leurs homologues mexicains ; des échanges d'étudiants et de professeurs se déroulent sur cette base. Depuis 1990,  l'Université d'Anvers accueille un Institut d'études mexicaines. Outre l'ambassade de Belgique à Mexico, des représentations de l'AWEX et de FIT / Hub Brussels, ainsi que 6 consulats honoraires de Belgique, défendent les intérêts belges au Mexique.