Amérique latine et Caraïbes

 
Partenariat et coopération

A travers les siècles, des liens cordiaux se sont créés et consolidés entre l’Europe et l’Amérique latine et les Caraïbes par-delà l'éloignement géographique. Nous sommes avant tout liés par nos valeurs communes socioculturelles et humaines. Ces dernières sont un terrain extrêmement propice à la coopération et au partenariat. Les évolutions sociétales, les développements géopolitiques et la mondialisation doivent inciter l'Europe et l'Amérique latine et les Caraïbes à renforcer davantage leurs liens. Les deux régions doivent unir leurs forces pour relever les défis mondiaux. Dans le monde multipolaire d'aujourd'hui, où les affrontements géopolitiques jouent un rôle important, l'Europe et l'Amérique latine et les Caraïbes sont vouées à la coopération dans la défense du multilatéralisme et de leurs intérêts communs. Il existe un potentiel de coopération dans divers domaines d'avenir, tels que la numérisation, la science, la technologie et l'innovation, le développement de normes et la lutte contre le changement climatique. Ce dernier thème tient particulièrement à cœur aux États des Caraïbes. Par ailleurs, des réseaux interpersonnels plus étroits permettent de construire des ponts solides entre les deux continents. Enfin, la région offre de nombreuses opportunités économiques et commerciales. Elle est riche en matières premières et présente un potentiel de croissance économique. Ces dernières années, l'Union européenne (UE) a conclu des accords de coopération et des accords de commerce et d'investissement avec divers pays et blocs de la région.

 
Développements récents et perspectives

L'impact de la pandémie de COVID-19 sur les sociétés latino-américaines et caribéennes est énorme. Après tout, il ne s'agit pas seulement d'une crise sanitaire, l'économie et le tissu social paient un lourd tribut à la pandémie, avec un accroissement du chômage, de la pauvreté et des inégalités sociales, mais aussi une augmentation de l'insécurité alimentaire et un manque d'accès à l'éducation.

Ces difficultés s'ajoutent aux problèmes auxquels l'Amérique latine et les Caraïbes sont confrontés depuis longtemps, tels que le profond mécontentement face aux énormes inégalités sociales, la corruption généralisée, la violence, la présence de réseaux liés au trafic de drogue et une économie insuffisamment diversifiée, qui ont indubitablement préparé le terrain pour les manifestations de masse et aux troubles sociaux de 2019.

La classe politique devra faire preuve de détermination pour mettre fin à la polarisation et surmonter les problèmes structurels sous-jacents qui caractérisaient de nombreux pays de la région avant la crise du COVID. Les gouvernements des pays concernés devront travailler ensemble pour relever les défis communs, remodeler la région et opter résolument pour de nouvelles politiques qui permettront la relance économique et sociale.

De plus, des pays comme le Venezuela ou Cuba sont devenus plus que jamais des pions dans le jeu d'échecs géopolitique entre les États-Unis, la Russie et la Chine. Par son rôle et son influence croissants en Amérique latine et dans les Caraïbes, cette dernière ouvre la voie à une plus grande dépendance et mise en conformité de nombreux pays de la région vis-à-vis de Pékin. Dans d'autres pays encore, certains dirigeants s'accrochent au pouvoir et n'hésitent pas à contourner les lois nationales pour y parvenir, ni à réprimer violemment toute forme de contestation. D'autres encore ont utilisé la pandémie à leur avantage en instituant des procédures qui pourraient éventuellement conduire à des régimes dictatoriaux.

 
Relations bilatérales de la Belgique

Le réseau des postes belges en Amérique latine et sur le territoire des Caraïbes se compose pour le moment de huit ambassades (Bogota, Brasilia, Buenos Aires, Kingston, La Havane, Lima, Panama, Santiago) et deux consulats généraux (Rio de Janeiro, Sao Paulo). Plusieurs pays peuvent être regroupés sous la juridiction d’une seule ambassade.

Les Régions et Communautés sont, elles aussi, représentées, dans plusieurs pays.

Les importations de marchandises d’Amérique latine et des Caraïbes représentaient EUR 5.032,9 millions en 2020, soit 1,4% des importations totales de la Belgique. Les exportations vers l’Amérique latine et les Caraïbes étaient de EUR 5.523,1 millions, soit 1,5% des exportations totales de la Belgique (Source : Agence pour le Commerce extérieur).

Les relations bilatérales avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont, en général, excellentes. Comme la Belgique, la plupart des pays de cette région soutiennent la coopération multilatérale et régionale et défendent les mêmes valeurs fondamentales, telles que le respect de la démocratie et des droits humains, l'égalité des sexes, la promotion du libre-échange équitable et la lutte contre le changement climatique. Cependant, quelques pays ne respectent pas l’Etat de droit ni la démocratie ; ces pays commettent des violations flagrantes et répétées des droits élémentaires de la population et restreignent les droits civils et politiques de celle-ci. Afin de maintenir la pression sur ces régimes, la Belgique évoque régulièrement la situation dans ces pays au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies et se joint aux autres Etats membres de l’UE pour décider de mesures restrictives ciblées (interdiction de pénétrer sur le territoire de l'UE et gel des avoirs), tout en épargnant la population.

Les relations entre la Belgique et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont multiformes et se développent à plusieurs niveaux de pouvoir (multilatéral, fédéral, régional, communautaire, provincial, communal), en fonction des compétences de chacun. Outre les liens économiques, commerciaux et politiques classiques, il existe également d’autres formes de coopération, telle que la coopération académique, scientifique et culturelle, mais aussi la coopération policière, portuaire et douanière, en matière de logistique, de la diffusion d’œuvres et de productions cinématographiques et audiovisuelles ou de coopération sur le plan de la défense et de la sécurité.

Enfin, notre pays a aussi noué des contacts très étroits avec des acteurs non gouvernementaux tels que des ONG actives en matière de réduction de la pauvreté, de développement des capacités, d’appui au développement des politiques, de bonne gestion, etc., et des universités dans les domaines non exhaustifs de la recherche scientifique et l’innovation technologique, des sciences de la vie, de l’aéronautique et l’espace et de l’environnement.