Europe centrale

 
Les Etats baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie)

Bien que l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie soient trois Etats différents, nous constatons tout de même une série de similitudes, également sur le plan de leurs relations avec la Belgique.

Ces trois pays sont de jeunes Etats partageant une image dynamique. Prenons par exemple l’Estonie, pionnière en matière d’e-government (gouvernement électronique) et premier Etat balte à avoir rejoint la zone euro (2011). Pour leur part, la Lettonie et la Lituanie n’entendent pas rester en retrait et mènent une politique destinée à leur permettre d’intégrer rapidement la zone euro.

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie se profilent de plus en plus comme la plaque tournante des transports entre l’Europe occidentale et la Russie/l’Asie. Les entreprises belges vouent un intérêt croissant aux activités économiques dans les ports de Tallinn (Estonie), Riga (Lettonie) et Klaipeda (Lituanie) et dans leurs environs, poursuivant ainsi une tradition originaire de l’accord de coopération commercial entre les villes hanséatiques (13e -16e siècles).

Mais ce ne sont pas leurs seuls points communs: à l’instar de la Belgique, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont été en proie à diverses occupations au cours des siècles. Les autorités de ces pays apprécient le fait que la Belgique n’ait jamais reconnu leur annexion par l’ex-Union soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

L’image positive de la Belgique dans ces trois nations ne s’explique pas uniquement par des raisons historiques.

Notre coopération militaire y contribue elle aussi. En 2004, la Belgique a ainsi été le premier Etat membre de l’OTAN à se déclarer prêt à assumer la mission « NATO Air Policing » dans l’espace aérien balte.
En outre, les visites officielles de Sa Majesté le Roi en Lituanie (2006), en Lettonie (2007) et en Estonie (2008) ont rencontré un vif succès.

Enfin, les pays baltes font également preuve d’un profond intérêt envers notre savoir-faire sur les thèmes européens. Les présidences européennes de la Lituanie (2e semestre de 2013), de la Lettonie (1er semestre de 2015) et de l’Estonie (1er semestre de 2018) offrent ainsi des opportunités de renforcement des relations bilatérales.

 
Bulgarie

La Bulgarie est membre de l'OTAN (2004) et de l'Union européenne (2007). Les institutions euro-atlantiques constituent un excellent cadre pour les relations de la Bulgarie avec la Belgique.

L'adhésion de la Bulgarie à l'UE a entraîné un développement économique et social général. L'économie connaît une croissance plus rapide que la moyenne de l'UE depuis plusieurs années.

Des défis majeurs demeurent, comme les tendances démographiques négatives et l'émigration, la lutte contre la corruption et le crime organisé, la lutte contre les inégalités sociales et la pauvreté, la réforme du système judiciaire, du système d'éducation et de santé et la situation des médias.

La Bulgarie attache une importance particulière au processus d'élargissement des Balkans occidentaux. C'était le thème central de la présidence bulgare du Conseil de l'UE au cours du premier semestre 2018.

En 2019, a été célébré le 140e anniversaire de l'établissement des relations bilatérales entre la Belgique et la Bulgarie. En 1879 en effet, la Bulgarie adoptait une Constitution inspirée de l'exemple belge, preuve du climat favorable dans lequel s’établirent ces relations.

En 2020, la Bulgarie était le 47e client de la Belgique (exportations vers la Bulgarie : 705,4 millions d’euros) et le 36e fournisseur (importations en provenance de Bulgarie : 1,1 milliard d’euros). La Belgique a enregistré une balance commerciale négative de 443,7 millions d'euros. Il existe des investissements importants et diversifiés de la Belgique en Bulgarie.

Dans le cadre de la présidence bulgare du Conseil de l'UE, plusieurs visites ministérielles ont eu lieu, dont celle du Premier ministre Charles Michel lors du sommet du 17 mai 2018. Le président bulgare Rumen Radev a été reçu en audience par le Roi Philippe le 1 février 2018.

Des consultations politiques bilatérales ont eu lieu à Sofia le 15 juin 2021. La délégation belge était menée par la Directrice générale des Affaires bilatérales Anick Van Calster.

 
Roumanie

La Roumanie a fait un bond en avant sur le plan économique depuis son adhésion à l'UE en 2007. En 2019, la Roumanie a assuré avec succès la présidence du Conseil de l'UE. Elle est membre de l'OTAN depuis 2004.

Les relations diplomatiques entre le Royaume de Belgique et la Principauté de Roumanie furent établies en 1880.

La Roumanie considère la Belgique comme un partenaire fiable au sein de l'UE et de l'OTAN et les relations commerciales, ainsi que les investissements belges en Roumanie, sont en hausse.

La Belgique se classe au 9e rang des investisseurs étrangers. En 2018, le total des investissements belges en Roumanie s'élevait à 2,276 milliards d'euros.

En 2020, la Roumanie était le 27e client de la Belgique (exportations vers la Roumanie : 2,0 milliards d'euros) et le 37e fournisseur (importations en provenance de Roumanie : 1,1 milliard d'euros). La Belgique a enregistré une balance commerciale positive de 873,2 millions d'euros.

Le 1er octobre 2019, le président roumain Klaus Iohannis a été reçu par Sa Majesté le Roi à l'occasion de l'ouverture d'Europalia Roumanie. Lors de sa visite, le président Iohannis était accompagné de la ministre des affaires étrangères Ramona Manescu.

Depuis plus de vingt ans, les relations bilatérales comportent également un autre volet en signe de solidarité entre les citoyens belges et roumains, c’est-à-dire le soutien apporté aux villages roumains des zones rurales depuis la fin de la dictature de Ceaucescu, et qui, ces dernières années, a été principalement canalisé par Action Villages Roumanie/Opération Villages Roumains.


Le Groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie, Tchéquie)

Hongrie

La Hongrie fut le premier pays à démanteler le Rideau de fer entre l’Est et l’Ouest en 1989: une étape importante dans le processus de réunification de l’Europe et dans la restauration des anciennes relations, également avec la Belgique.

La Belgique et la Hongrie partagent une longue tradition sur le plan de la solidarité. Après la Première Guerre mondiale, lorsque la Hongrie a été en proie à la pauvreté, la Belgique a accueilli des enfants hongrois et a offert à des milliers de chômeurs hongrois un travail dans nos mines. De plus, 6000 réfugiés hongrois ont trouvé refuge en Belgique après la répression de la révolution hongroise en 1956. A l’instar des autres Hongrois déjà établis en Belgique, ils se sont intégrés sans le moindre problème.

La révolution pacifique à la fin de la Guerre froide et l’adhésion de la Hongrie à l’Union européenne ont permis de renforcer nos relations. La présidence commune de l’UE de la Hongrie, de la Belgique et de l’Espagne (2010-2011) s’est très bien déroulée. A cette occasion, la Hongrie a pu compter sur l’expérience européenne de notre pays. A son tour, ce dernier a pu faire connaissance des priorités hongroises telles que ses minorités en Europe centrale et la coopération avec d’autres Etats situés sur les rives du Danube.

Grâce à sa position centrale en Europe, le pays attire de nombreux investisseurs étrangers. Pas moins de 300 entreprises belges sont également installées en Hongrie. La Belgique y figure parmi les 10 premiers investisseurs étrangers.

On peut à nouveau parler d’une tradition entre les deux pays. Au 19e siècle, du capital belge a contribué au développement de l’exploitation minière et des chemins de fer en Hongrie. Au Moyen Age, des agriculteurs issus de notre pays ont contribué à l’essor de la viticulture dans la région de Tokay, devenue aujourd’hui l’une des principales destinations touristiques en Hongrie, après Budapest et le lac Balaton.

Pologne

La Pologne est le plus grand Etat membre de l’UE en Europe centrale.  Depuis la révolution sociale, sous la pression du syndicat libre « Solidarnosc », le pays a connu une évolution spectaculaire.  L’organisation de l’EURO 2012 (le championnat européen de football en Pologne et en Ukraine) fut une vitrine idéale du développement de l’économie et des infrastructures polonaises.

Même si la Belgique n’est pas parvenue à se qualifier pour ce tournoi, notre pays est actif sur le marché polonais. La Belgique compte parmi les 10 principaux investisseurs étrangers. Ceci a certainement contribué à l’intégration de la Pologne au sein de l’Union européenne.

Notre pays continue d’exploiter tout le potentiel du marché polonais, fort de 36 millions de consommateurs, comme en témoignent la diplomatie économique belge très active et la création d’un réseau de consulats honoraires à Gdynia/Gdansk, Cracovie, Bydgoczsz et Poznan. Le fait que le plus haut gratte-ciel de Varsovie ait été construit par une entreprise belge est certainement plus qu’anecdotique.

Sur le plan politique, les présidences de l’Union européenne de la Belgique (2e semestre de 2010) et de la Pologne (2e semestre de 2011) ont permis de renforcer les relations entre les deux pays. La Pologne a fait preuve d’un vif intérêt envers l’expérience internationale de la Belgique. Par ailleurs, la Pologne sert de point de référence à la Belgique pour l’analyse de la situation dans les pays voisins orientaux (Ukraine, Biélorussie, Moldavie, Géorgie…) et en Russie.

Mais la Pologne est un allié privilégié de la Belgique depuis bien longtemps déjà. En effet, des troupes polonaises, emmenées par le Général Maczek, ont participé à la libération de notre pays au cours de la Seconde Guerre mondiale. Durant la première moitié du 20e siècle, près de 60.000 Polonais se sont installés dans les bassins industriels belges. A la suite de l’ouverture de notre marché du travail, des dizaines de milliers de Polonais, résidant de manière permanente ou temporaire en Belgique, contribuent à l’essor de notre économie.

Slovaquie

Après son indépendance en 1993, la Slovaquie a rapidement été surnommée le « Tigre des Tatras » et ce, en raison de sa croissance économique rapide sur fond de réformes structurelles et de nombreux investissements étrangers, notamment dans le secteur automobile et dans ses entreprises de sous-traitance.

En 2009, la Slovaquie fut le deuxième nouvel Etat membre de l’UE en Europe centrale à remplir les conditions nécessaires afin de pouvoir faire partie de la zone euro.

Les relations historiques entre la Slovaquie et la Belgique sont certes moins prononcées que celles que nous entretenons avec d’autres nations d’Europe centrale, mais le pays est tout de même devenu un partenaire économique moyen de la Belgique. Un consulat honoraire belge a été ouvert en 2006 à Kosice, d’une part dans le but d’exploiter tout le potentiel économique de l’est de la Slovaquie (cette région est également un tremplin vers l’Ukraine et la Russie) et, d’autre part, cette ouverture semblait utile au vu du développement du tourisme dans la chaîne de montagne des Tatras à la frontière entre la Slovaquie et la Pologne.

Les relations politiques entre la Belgique et la Slovaquie sont cordiales et caractérisées par des positions convergentes dans divers dossiers. Nos pays collaborent étroitement au sein des institutions européennes et internationales, comme l’a démontré notre statut simultané de membre du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2007.

Tchéquie

Après la Révolution de velours menée en 1989 par l’écrivain et politicien Vaclav Havel, la Tchéquie s’est transformée en une destination populaire. Prague est non seulement une ville prisée par les touristes belges, mais, en outre, la Bohème et la Moravie attirent aussi les entreprises de notre pays. La Belgique fait partie du top 10 des investisseurs en Tchéquie. En effet, les près de 200 entreprises belges présentes dans ce pays emploient pas moins de 30.000 personnes. La Belgique est un acteur clé du marché bancaire tchèque.

En revanche, on ignore généralement que l’équipe cycliste professionnelle de Tom Boonen (Omega Pharma/Quick Step) est en majorité financée par des capitaux tchèques (octroyés par l’investisseur Zdenek Bakala).

La Belgique accorde un grand intérêt à la concertation et à la coopération politiques avec les Etats membres européens de taille similaire à la sienne. La Tchéquie ne fait pas exception. Sur le plan politique, les présidences de l’Union européenne de la Tchéquie (2e semestre de 2009) et de la Belgique (2e semestre de 2010) ont permis de renforcer les contacts politiques, comme l’a démontré la visite officielle du Président Vaclav Klaus en Belgique en 2011.

En 2015, Mons et Pilzen seront conjointement capitale européenne de la culture. Le compositeur Bedrich Smetana (« Ma Vlast ») et le pionnier de l’automobile Emil Skoda, entre autres, proviennent tous deux de Pilzen. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, des troupes belges ont participé à la libération de cette ville aux côtés de l’armée américaine. Des Tchèques (et des Slovaques) ont eux aussi été impliqués dans la libération de la Belgique.