Moyen-Orient et Afrique du Nord

 
Relations Belgique - Maghreb

La Belgique jouit d’une image positive dans les pays du Maghreb, et ce essentiellement grâce à l’importante communauté maghrébine vivant dans notre pays et au dynamisme de nos échanges commerciaux.

La communauté marocaine en Belgique étant évaluée à près d’un demi-million de personnes, nos relations avec le Maroc sont particulièrement développées et ce à tous les niveaux.  Les nombreux contacts bilatéraux, dont la visite du Ministre Reynders et la Mission économique princière en 2018, reflètent l’importance des relations entre nos deux pays.

En Algérie, notre pays jouit d’une forte notoriété notamment grâce au fait que notre Ambassade est l’une des rares à ne pas avoir fermé ses portes durant la décennie noire de la guerre civile algérienne. Ainsi, nos deux pays entretiennent des relations bilatérales approfondies et un dialogue politique régulier, rehaussé par la signature, en janvier 2018, d’un Mémoire d’Entente sur la tenue de consultations politiques bilatérales annuelles. En outre, les 40 années de coopération intergouvernementale ininterrompue ont permis de tisser des liens forts et profonds entre nos deux pays.

L’année 2019 est marquée par la célébration des 180 ans du Traité d’Amitié, de Commerce et de Navigation conclu en 1839 entre Léopold 1er, Roi des Belges, et Ahmed Pacha Bey, Souverain du Royaume de Tunis, texte fondateur des relations bilatérales entre notre pays et la Tunisie. Les accords de coopération directe signés avec ce pays dès le début des années 1960 ont permis de tisser des liens étroits entre la Belgique et la Tunisie. Bien qu’elle ne fasse plus partie des pays partenaires de la Coopération belge au Développement depuis l’an 2000, une intense coopération entre nos deux pays se poursuit harmonieusement, y compris au niveau des Communautés et des Régions qui sont également représentées en Tunisie. Après avoir notamment soutenu la Tunisie durant sa période de transition démocratique à travers, notamment, le soutien financier à des projets menés par le PNUD dans le cadre des Printemps arabes (appui au processus constitutionnel et au dialogue national, soutien au secteur de la sécurité et à la justice transitionnelle…), la Belgique continue à soutenir activement les projets de réforme, notamment dans le secteur de la sécurité où notre pays fournit son expertise en matière de réforme de la police ainsi qu’en matière de défense. Enfin, les nombreux investissements belges en Tunisie et les visites bilatérales régulières témoignent de la vivacité de nos relations bilatérales.

En Libye La Belgique, à l’instar de la communauté internationale, reconnaît le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et soutient les efforts du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU afin de parvenir à une solution pacifique durable au bénéfice du peuple libyen.

 
Relations bilatérales avec le Proche-Orient

Les principales caractéristiques de nos relations bilatérales avec les pays du Proche-Orient sont les suivantes :

Les relations bilatérales entre la Belgique et l’Égypte sont bonnes. La Belgique tente de contribuer à la relance économique du pays, mais il subsiste des possibilités supplémentaires afin d’approfondir la coopération économique. En outre, la Belgique reconnaît le rôle important joué par l’Egypte en tant que médiateur dans le conflit israélo-arabe et acteur majeur dans la région. Il importe cependant que les droits de l’homme ne soient pas perdus de vue. C’est pourquoi, lors de ses contacts et dans les enceintes multilatérales, la Belgique plaide pour une vigilance particulière.

Réguliers et étroits, les contacts de la Belgique avec Israël s’étendent aux domaines politique, économique, administratif, professionnel et culturel et ce tant à divers niveaux officiels que sur base d’initiatives privées. Les entretiens ministériels et les consultations politiques, entre autres rencontres officielles, sont l’occasion d’aborder des thèmes tels que l’actualité internationale, les dossiers multilatéraux, le Processus de paix, la situation régionale, les droits de l’homme, y compris la lutte contre les discriminations et l’antisémitisme et la Mémoire de l’Holocauste. Des pistes y sont également explorées afin de resserrer les contacts économiques, technologiques et commerciaux.

La Belgique jouit d’une bonne image en Jordanie, grâce entre autres à ses positions appréciées dans le conflit israélo-arabe et à la bonne coopération dans la lutte contre Daech. La Belgique apprécie les efforts de la Jordanie en matière d’accueil d’un grand nombre de réfugiés syriens et palestiniens sur son sol. Notre pays participe au financement de différents fonds et projets afin de soutenir la Jordanie dans ses efforts.  Les échanges économiques se résument principalement à des exportations de la Belgique vers la Jordanie, qui apprécie la bonne qualité de nos marchandises industrielles. Les deux familles royales entretiennent elles aussi de bonnes relations. Le Roi Abdallah se rend régulièrement en Belgique tandis que des ministres belges effectuent fréquemment des visites en Jordanie.

Le Liban et la Belgique peuvent être comparés sur certains points, comme par exemple la recherche du compromis, un système politique basé sur la concertation et la coopération entre des populations, et le maintien d’une unité dans la diversité. Les nombreux contacts bilatéraux de haut niveau témoignent des excellentes relations qu’entretiennent nos deux pays. 

La Belgique soutient les efforts de l’Union européenne, entre autres dans le cadre de l’accord d’association UE-Liban, afin de renforcer la coopération entre les deux parties dans des domaines tels que la sécurité et la lutte contre le terrorisme, la gouvernance et l’Etat de droit, la croissance économique et la création d’emplois ainsi que la migration et la mobilité. La Belgique est consciente du très lourd impact que le conflit en Syrie engendre sur la société et l’économie libanaises et de l’effort que fournit le Liban dans l’accueil des réfugiés. C’est pourquoi la Belgique, via son soutien aux organisations humanitaires internationales et aux ONG actives dans le pays, tente de contribuer à alléger le fardeau porté par le Liban. Dans le cadre des Nations unies, la Belgique plaide pour la pleine mise en œuvre par les parties impliquées de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Notre pays continue à attacher une grande importance au fonctionnement de la force de maintien de la paix onusienne FINUL, qui joue un rôle vital dans le maintien de la stabilité sur la Ligne bleue entre le Liban et Israël.

Dans le Territoire palestinien, la Belgique participe au soutien politique et financier octroyé par l’Union européenne en faveur de la mise en place d’institutions publiques par l’Autorité palestinienne. En dépit du blocage des négociations, la Belgique continue à soutenir la recherche d’une solution négociée avec Israël qui permette la création d’un État palestinien, et où Jérusalem deviendrait la capitale des deux États. Le Territoire palestinien compte parmi les  pays partenaires de la Coopération belge au développement (l’aide qui lui est consacrée le place au rang de quatrième  partenaire de notre coopération). Les relations politiques bilatérales sont également développées, ce qui s’est notamment traduit par l’organisation de visites ministérielles, de consultations politiques et  le rehaussement du statut de la Mission diplomatique palestinienne à Bruxelles...

La Belgique demeure convaincue qu’une solution politique constitue la meilleure option afin de mettre un terme définitif au conflit en Syrie. C’est pourquoi la Belgique, tout comme l’Union européenne, soutient les efforts de l’ONU afin de mener à bien le processus politique. La situation humanitaire en Syrie et dans les pays voisins demeure très précaire. La Belgique continuera à s’investir afin de couvrir les besoins humanitaires de la population syrienne. La lutte contre Daech/l’EI va dans la bonne direction mais n’est pas encore terminée.  L’éradication de cette organisation terroriste demeure dès lors une priorité pour la Belgique.

 
Processus de paix au Proche-Orient (PPMO)

La recherche d'une solution pacifique au conflit israélo-palestinien est une préoccupation essentielle de la diplomatie internationale depuis plusieurs décennies déjà. Deux peuples ont été pris dans les tourbillons de l'histoire et plongés dans un conflit qui ne peut être résolu durablement que par la voie de la négociation. La dégradation actuelle de la situation met en évidence l'urgence d'une reprise des pourparlers, sur base des paramètres définis par l’Union européenne, afin de permettre l'avènement de la solution à deux États, avec un État palestinien indépendant, démocratique, d'un seul tenant, souverain et viable vivant côte à côte avec Israël dans la paix, la sécurité et la reconnaissance mutuelle. Il n'y a pas d'alternative à cette solution et, pour que des négociations soient possibles, il est indispensable de préserver cette solution à deux États et d’instaurer un climat de confiance. La Belgique s’oppose par conséquent  à tout ce qui est de nature à miner la solution des deux États, comme la colonisation et toutes les mesures prises dans le cadre de celle-ci.

La Belgique plaide également pour la levée complète du blocus de Gaza en conformité avec l’approche de l’UE. Les efforts de reconstruction de Gaza devraient être accélérés, et ceux-ci doivent  eux aussi s’inscrire dans un cadre politique plus général d’une reprise du Processus de paix au Moyen-Orient. Le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza est également une priorité, afin que celle-ci y exerce sa fonction de gouvernement, y compris dans les domaines de la sécurité et de l'administration civile. La Belgique considère à cet égard, tout comme l’UE, que la réconciliation entre Palestiniens est importante.

La sécurité d’Israël doit par ailleurs absolument être garantie, et il est inacceptable que des roquettes soient tirées sur Israël depuis la bande de Gaza. Les menaces du Hamas et d’autres milices doivent cesser.

La Belgique considère enfin que l’Union européenne pourrait jouer un rôle plus important dans le processus de paix, en étroite coordination avec les autres acteurs concernés.

 
Irak et Iran

La Belgique approfondit ses relations diplomatiques avec l’Irak. Les lignes de forces de la politique belge vis-à-vis de l’Irak sont: soutien à davantage d'"inclusivité" dans le processus politique irakien, c'est-à-dire une participation de toutes les communautés à la reconstruction du pays;, mais aussi la nécessité de reconstruire le pays et de lutter contre la corruption et pour l’amélioration des services de base au profit de la population. Les crimes commis durant la campagne contre Daech ne peuvent demeurer impunis. L’application régulière de la peine de mort est également une inquiétude pour l’UE et ses États membres.

Même après le retrait américain de l’accord nucléaire avec l’Iran (Joint Comprehensive Plan of Action), la Belgique demeure en faveur de cet accord, qui constitue la meilleure garantie afin de faire en sorte que l’Iran ne puisse acquérir l’arme nucléaire. La Belgique soutient les efforts de l’Union européenne en vue de préserver cet accord, entre autres par la création d’un fonds commun de créances et l’élargissement du mandat de la Banque européenne d’investissement, qui doivent permettre la poursuite du commerce avec l’Iran. Sur le plan bilatéral également, la Belgique souhaite examiner comment renforcer les relations entre nos deux pays. Ce qui n’empêche pas la Belgique d’être critique sur d’autres  aspects de la politique iranienne. La Belgique est convaincue que l’Iran doit en faire davantage afin d’adopter une attitude constructive dans la région, certainement dans les différents conflits dans lesquels ce pays est impliqué, comme en Syrie, au Yémen ou en Irak. En outre, la situation des droits de l’homme en Iran suscite également une grande préoccupation dans notre pays et nous devons poursuivre le dialogue critique à cet égard.

 
États du Golfe

Réguliers et étroits, les contacts de la Belgique avec les pays du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG) l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, le Koweït, Oman et le Qatar - s’étendent aux domaines politique, économique, administratif, professionnel et culturel et ce tant à divers niveaux officiels que sur base d’ initiatives privées. Les thématiques abordées lors de ces contacts sont la situation régionale, l’actualité internationale et les dossiers multilatéraux, la lutte contre le terrorisme et la radicalisation, ou encore les droits de l’homme, notamment la lutte contre la peine de mort et la discrimination envers les femmes ainsi que la liberté d’expression, de réunion et d’association. De nombreuses entreprises belges sont également actives dans cette région stratégique dans des domaines aussi divers que la construction, l'ingénierie, le dragage, le transport, la médecine, la consultance, etc.

Les relations entre l’Union européenne et le CCG sont encadrées par un accord de coopération conclu il y a une trentaine d’années. C’est dans ce cadre que s’est tenu, le 24 mai 2015, la 24e réunion ministérielle UE-GCC. Ces réunions ministérielles permettent d’approfondir le dialogue politique entre le GCC et l’UE sur des questions d’intérêt commun comme, entre autres, les crises régionales au Yémen, en Syrie, en Irak, en Libye et le PPMO. La stabilité de la région est essentielle. La Belgique soutient dès lors les efforts de médiation du Koweït dans la crise diplomatique de certains Etats du Golfe avec le Qatar.

Le conflit au Yémen auquel la Belgique accorde une attention toute particulière est également très préoccupant. La population civile et en particulier les femmes et les enfants sont les premières victimes de ce conflit. La situation humanitaire catastrophique est constamment aggravée par le conflit. La Belgique soutient les efforts de l’Envoyé Spécial du Secrétaire-général des Nations unies, Martin Griffith, et exhorte toutes les parties à s’inscrire dans le processus politique engagé par ce dernier. Seule une solution politique inclusive permettra une résolution durable au conflit.