Menaces hybrides

Au cours des dernières années, la Belgique ainsi que l’UE et l’OTAN, se sont vues confrontées à un nombre important de nouvelles menaces dites « hybrides » en interne, ainsi que dans leur voisinage.

Cyberdiplomatie

La numérisation sans cesse croissante de notre société a connu une nouvelle accélération en raison du COVID-19, ce qui nous confronte à d’importantes questions sociales et économiques mais aussi géopolitiques.
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Le cyberespace est devenu un champ d’action où s’expriment des enjeux de politique étrangère et des intérêts nationaux. Autrefois une question technique (communication entre réseaux techniques sans rôle majeur joué par les États), la gestion du cyberespace est devenue un point de discussion géopolitique majeur.

Il en va de même pour plusieurs nouvelles technologies qui apparaissent au sein de notre société. La 5G, l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et les blockchains ont un impact potentiellement considérable sur les rapports de force et l’économie à l’échelle mondiale. Les analyses et opinions varient à travers le monde quant à l’approche adéquate vis-à-vis des géants technologiques, de la régulation du vaste marché numérique, de la relation entre le citoyen et l’État, de la (dé)militarisation du cyberespace ou de la protection des droits de l’homme.

Les pays n’ont d’autre choix que d’engager le dialogue et de chercher à coopérer. Le cyberespace est, par définition, transfrontalier. Une approche (pro)active s’impose si nous voulons protéger nos valeurs et nos intérêts dans un contexte nouveau en constante évolution. La diplomatie a donc un rôle important à jouer dans nombre d’organisations et instances.

Union européenne (UE)

Notre pays participe activement aux discussions relatives à l’avenir numérique de l’Union européenne, dont l’importance pour notre prospérité et notre position au niveau mondial ne saurait être surestimée. Dans ce cadre, de nouvelles initiatives en matière de 5G, de sécurité de nos infrastructures de réseau ou encore d’intelligence artificielle sont prises par la Commission européenne et les Etats Membres européens afin de mettre en œuvre la stratégie européenne de cyber sécurité approuvée en mars 2021.

Dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune, l’UE a élaboré une boîte à outils diplomatique qui permet d’apporter une réponse appropriée ou de dissuader les autres États de perpétrer des cyberattaques. En recourant à des instruments de politique étrangères restrictifs (des sanctions par exemple) ou positifs (des programmes de renforcement des capacités par exemple), l’UE tente de rappeler quelles sont les limites des comportements acceptables des Etats dans le cyberespace.

Organisation des Nations Unies (ONU)

Des négociations complexes ont lieu aux Nations Unies concernant le comportement responsable des États dans le cyberespace. Alors que plusieurs pays estiment qu’un nouveau traité international est nécessaire en la matière, la Belgique, l’UE et d’autres entités pensent que nous devons avant tout nous concentrer sur la mise en œuvre des normes et règles de comportement déjà convenues. Cela représente la plus grande valeur ajoutée à court terme pour notre sécurité et notre prospérité et nous permettra de mieux situer les éventuelles lacunes.

Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN)

L’OTAN reconnaît depuis 2016 le cyberespace comme un théâtre d’opérations au même titre que la terre, la mer et les airs.

Des cybermenaces de plus en plus fréquentes, complexes et destructrices pèsent sur la sécurité de l’Alliance, formant un environnement en évolution constante auquel les Alliés doivent s’adapter. L’Alliance doit être capable de défendre ses réseaux et opérations contre les cybermenaces et les cyberattaques toujours plus complexes auxquelles elle est confrontée. Les Alliés ont pris l’engagement de faire du renforcement et de l’amélioration des moyens de cyberdéfense des infrastructures et des réseaux nationaux une priorité.

Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)

L’OSCE met l’accent sur la mise en place de mesures visant à instaurer la confiance entre les pays dans le domaine du cyberespace et de la cyber sécurité. La Belgique y prend une part active et elle est le co-adopteur de CBM 14 Partenariats public-privé (PPP).

De plus amples informations sur la cybersécurité et la sécurité des TIC sont disponibles sur le site de l'OSCE.

Forums multi-acteurs

De par sa nature, le cyberespace met les instances multilatérales face à des questions importantes. Quelle est, par exemple, la meilleure façon d’impliquer les acteurs non-étatiques dans les discussions sur le comportement des Etats dans le cyberespace ? En effet, les acteurs non-étatiques comme les entreprises technologiques ont un rôle central à jouer dans la gestion du cyberespace et le développement de nouvelles technologies. Il n’est dès lors pas surprenant qu’une multitude d’initiatives soient lancées et doivent systématiquement être évaluées pour leur valeur ajoutée, mais revêtent une grande importance pour orienter le débat.