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Le Premier ministre Bart De Wever prononce son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies. © SPF Affaires étrangères
Malgré les vives critiques formulées par les États-Unis, l'ONU demeure pour la Belgique une institution incontournable, aujourd’hui plus que jamais. Lors de l'Assemblée générale en septembre 2025, la Belgique n'a pas manqué d'y faire entendre sa voix et de nouer de très nombreux contacts. En effet, la sécurité et la prospérité de notre pays commencent à l’extérieur de nos frontières.
Cette année, l'Assemblée générale des Nations Unies (ONU) à New York a bénéficié d’une couverture médiatique bien plus large qu’à l’accoutumée. Ce regain d’intérêt était sans doute lié à l’annonce faite par plusieurs pays occidentaux – dont la France, le Royaume-Uni et la Belgique – concernant leur intention de reconnaître l'État palestinien, avec ou sans conditions.
Un anniversaire en demi-teinte
Autre événement marquant cette année : l'ONU célébrait ses 80 ans. Il s’agissait toutefois d’un anniversaire en demi-teinte, les États-Unis jouant les trouble-fête. Jusque-là principal donateur, le pays a suspendu une grande partie de son financement et s'est retiré, entre autres, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'UNESCO, l'organisation de l’ONU qui inscrit les sites historiques au patrimoine mondial. Dans son discours, le président américain Donald Trump n'a pas mâché ses mots à propos de l'ONU, la décrivant comme un gouffre financier et remettant largement en cause son utilité.
Le Pacte pour l’avenir
Ce n'est pas un scoop : l'ONU se heurte à des difficultés. L'année dernière, nous annoncions que l'Assemblée générale avait débouché sur l’adoption d’un Pacte pour l'avenir. Ce texte se compose d’une série de points d'action destinés à rendre l'ONU plus adaptée à ses objectifs, autrement dit, plus à même de répondre aux besoins de notre époque.
Le pacte appelle ainsi à une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU et de certaines institutions onusiennes afin de mieux refléter les actuels rapports de force dans le monde. Depuis quelque temps déjà, un exercice est en cours en vue d’optimiser le fonctionnement du vaste système des Nations Unies aux multiples ramifications (très grand nombre d’institutions) et d’éviter les chevauchements.
Le Pacte pour l'avenir a déjà trouvé écho lors du sommet pour le climat à Bakou et de la conférence sur le financement à Séville. Début novembre 2025, le Qatar accueillera un autre sommet mondial crucial axé sur le développement social et à propos duquel nous communiquerons ultérieurement.
Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot lors d’une réunion du groupe restreint de l’ONU sur les droits des LGBTI. © SPF Affaires étrangères
Le multilatéralisme
Que les choses soient claires : l'ONU demeure essentielle pour la Belgique et l'UE. Un pays relativement petit comme le nôtre comprend mieux que quiconque la nécessité d'un ordre mondial fondé sur des règles et des accords. Sans l'ONU et le multilatéralisme (c’est-à-dire la recherche de solutions aux défis mondiaux par le biais de la concertation internationale), c'est la loi du plus fort qui l'emporte. Et ce sont des pays comme la Belgique qui en seront les premières victimes. Il est impératif que le dialogue et la coopération priment sur la polarisation et le conflit.
Nous pouvons affirmer qu'à l'heure actuelle, la sécurité et la prospérité des Belges et de notre pays commencent à l’extérieur de nos frontières. C’est d’autant plus vrai face aux innombrables défis que nul État, aussi riche et puissant soit-il, ne peut relever seul : le dérèglement climatique, la santé, la sécurité alimentaire...
La ministre de la Justice et de la Mer du Nord, Annelies Verlinden, lors d’un événement parallèle sur la lutte contre la criminalité organisée par la coopération internationale et l’innovation. Une co-organisation de la Belgique et de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). © SPF Affaires étrangères
Un rendez-vous extrêmement utile
L'Assemblée générale de l'ONU, en particulier, demeure un rendez-vous extrêmement utile. Peut-être la connaissons-nous principalement comme la tribune où les cheffes et chefs d'État et de gouvernement s'adressent brièvement au monde. Ces allocutions dévoilent ainsi les grandes orientations de la politique étrangère de chaque pays et ouvrent la voie à de nouvelles pistes de coopération.
Toutefois, l'Assemblée générale dépasse largement ce cadre. Le rassemblement même de ces cheffes et chefs d'État et de gouvernement et ministres à un seul endroit durant la semaine de haut niveau offre une occasion unique d'échanger. Nulle part ailleurs, les responsables politiques de haut niveau n'auront l’opportunité de rencontrer – dans un laps de temps si court – autant de leurs homologues, y compris de pays avec lesquels ils ne partagent pas la même vision. Les échanges peuvent avoir lieu tant lors de rencontres fortuites que lors d’entretiens planifiés en amont. L'événement offre également la possibilité d’établir des contacts avec des CEO de grandes entreprises, des agences onusiennes et la société civile. Un grand nombre de sommets de moindre envergure figurent également au programme. Tous ces contacts sont d’autant plus importants dans un monde remis en question où nous devons rechercher de nouveaux liens avec des partenaires fiables.
N'oublions pas non plus les nombreux événements parallèles (side events) : il s’agit de rencontres portant sur des thématiques spécifiques que des États organisent en marge de l'Assemblée générale. Bien qu’ils se déroulent « en marge », ces événements forment un espace où notre diplomatie peut pleinement déployer son potentiel. Ils offrent en effet aux pays une plateforme privilégiée pour mettre en avant leurs priorités, forger des partenariats stratégiques et faire entendre des voix qui, autrement, ne seraient peut-être pas entendues.
C'est pourquoi notre pays organise toujours quelques événements parallèles. Par exemple, cette année, nous avons présidé l'événement de haut niveau sur la protection de la biodiversité en haute mer (BBNJ) et co-présidé un appel à protéger les enfants palestiniens (voir encadré).
Diplomatie des schtroumpfs lors d’une réception pour promouvoir notre candidature au secrétariat du BBNJ. © SPF Affaires étrangères
Un bilan positif
Ainsi donc, plusieurs dignitaires belges de haut rang se sont rendus cette année encore à New York pour représenter notre pays : le premier ministre Bart De Wever, le ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération internationale Maxime Prévot, la ministre de la Justice et de la mer du Nord Annelies Verlinden ainsi que la reine Mathilde en sa qualité de défenseure des Objectifs de développement durable pour les Nations Unies (ODD). S’y sont jointes nos directrices générales de la Coopération au développement et des Affaires multilatérales, aux côtés de quelques autres collègues fonctionnaires de haut niveau, toutes et tous avec un programme extrêmement chargé.
Au terme de l’événement, le bilan semble positif pour notre pays. La Belgique a pu faire entendre sa voix clairement sur une variété de sujets d’actualité brûlants tels que la question palestinienne, l’Ukraine, les droits des femmes, le dérèglement climatique, la position de la Cour pénale internationale, la lutte contre le crime organisé, la protection des enfants dans les conflits armés et la défense de la biodiversité en haute mer.
Comme l’explique le ministre Maxime Prévot, nous devons continuer de défendre le droit international et le dialogue, mais nous ne pouvons pas nous laisser malmener plus longtemps comme une balle de flipper. Une position défendue autant que possible par la Belgique à New York.
Quelques moments forts pour la Belgique
- Le conflit israélo-palestinien
La Belgique a souscrit, aux côtés de 141 autres pays, à la Déclaration de New York sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États. Le premier ministre Bart De Wever et le ministre Maxime Prévot ont donné un peu plus de poids encore à cet engagement en participant à l’événement de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi qu’à une rencontre ministérielle sur l’avenir de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). De concert avec la Jordanie et l’UE, la Belgique a également organisé un événement de haut niveau appelant à protéger les enfants de Gaza et à y autoriser l’accès à l’aide humanitaire.
- La guerre en Ukraine
Le premier ministre Bart De Wever s’est exprimé lors du cinquième sommet de la plateforme pour la Crimée, y réaffirmant le soutien belge à l’Ukraine, à son gouvernement et à son peuple. Nous avons souligné l’importance de défendre l’intégrité territoriale et le droit international, face à l’annexion illégale de la Crimée. Notre pays a également participé à un événement parallèle sur la déportation illégale d’enfants ukrainiens. De plus, une rencontre bilatérale avec la Première dame ukrainienne Olena Zelenska a eu lieu, consacrée à la santé mentale des victimes et des personnes réfugiées.
- La lutte contre le crime organisé
La ministre de la Justice et de la mer du Nord Annelies Verlinden a participé à une série d’événements et de rencontres bilatérales destinés à renforcer la coopération judiciaire internationale et à attirer l’attention sur la lutte collective contre le crime organisé et le trafic de drogue. Dans ce contexte, elle a également rencontré les autorités portuaires des États de New York et New Jersey. En effet, New York abrite le port maritime le plus grand et le plus emprunté de la côte est des États-Unis. Son importance en fait une cible de choix pour les cartels de drogue. C’est également la raison pour laquelle le premier ministre Bart De Wever a rencontré le maire de New York Eric Adams et la responsable des services de police de la ville (NYPD). En collaboration avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), la Belgique a organisé un événement parallèle sur la répression du crime organisé grâce à la coopération internationale et l’innovation.
- Le discours du premier ministre Bart De Wever
Lors de son allocution devant l’Assemblée générale, le premier ministre Bart De Wever a entre autres prononcé un réquisitoire contre l’ « ego-politique » des grandes puissances : « Le droit international est sous pression. Le respect de la souveraineté est sous pression. Trop souvent, la géopolitique se résume à une affaire d’ego. Et je le regrette profondément. C’est pourquoi je me tiens aujourd’hui devant vous afin de plaider en faveur d’un monde fondé sur le respect mutuel. Un monde qui s’appuie sur le droit international. Un monde qui s’attaque au changement climatique. » Notre premier ministre a également plaidé en faveur du libre-échange. « La Belgique est et restera toujours ouverte au commerce. »
- Le traité pour la protection de la biodiversité en haute mer (BBNJ)
La ministre de la Justice et de la mer du Nord Annelies Verlinden a activement contribué à la promotion de la campagne belge visant à accueillir à Bruxelles le siège du secrétariat du BBNJ, le traité pour la protection de la biodiversité en haute mer. Elle a ainsi assisté à l’événement co-sponsorisé par la Belgique « A Nice High Seas Treaty – from Celebration to Action ». Elle s’est également exprimée lors de l’événement organisé par la Belgique « High Tea for the High Seas ».
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