CGIAR : vers une production alimentaire résiliente et durable à l'horizon 2030

Le CGIAR - un consortium international de centres de recherche agronomique - a pour objectif de mettre à profit la recherche et l'innovation afin de transformer les systèmes alimentaires, terrestres et aquatiques d'ici à 2030, dans un contexte de crise climatique. La Belgique compte parmi ses fidèles bailleurs de fonds depuis de nombreuses années.

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Photo d'une femme dans une rizière passant un appel téléphonique avec un smartphone

Le CGIAR aide également les agriculteurs en les connectant via leur smartphone avec des informations importantes qui peuvent améliorer leurs moyens de subsistance, comme ici au Népal (© C. de Bode/CGIAR).


Le CGIAR - un consortium international de centres de recherche agronomique - a pour objectif de mettre à profit la recherche et l'innovation afin de transformer les systèmes alimentaires, terrestres et aquatiques d'ici à 2030, dans un contexte de crise climatique. La Belgique compte parmi ses fidèles bailleurs de fonds depuis de nombreuses années.
 

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Icônes des objectifs de développement durable 1, 2, 5 et 13


Produire des denrées alimentaires nutritives en suffisance pour l’ensemble de la population mondiale demeure un défi majeur. Et pas seulement en raison de la croissance démographique. Les prévisions estiment la population mondiale à 10 milliards d'ici à 2050, par rapport à environ 8 milliards aujourd'hui. Mais le rapide changement climatique et l’appauvrissement de la biodiversité constituent également une lourde hypothèque sur la production alimentaire. Un monde libéré de la faim ne semble donc pas encore en vue, d'autant que 768 millions de personnes souffraient encore de la faim en 2021. La pandémie de coronavirus et la guerre en Ukraine ont encore aggravé la situation.
 

One CGIAR


Mais saviez-vous qu'il existe un réseau de centres de recherche agronomique qui travaillent sans relâche à la mise en place d'une production alimentaire durable et résiliente ? Le CGIAR regroupe une quinzaine d'institutions qui explorent depuis plus de 50 ans des domaines divers tels que le riz, le blé et le maïs, ainsi que l'élevage, les cultures en zones arides, les pommes de terre, l'eau et la pisciculture. Au total, le CGIAR opère dans 89 pays en développement.

Récemment, ces institutions se sont regroupées plus étroitement pour former « One CGIAR » afin de maximiser leur impact sur la production alimentaire mondiale. Les Objectifs de développement durable constituent le principe directeur en la matière. Il est essentiel de ne pas perdre de vue la situation dans son ensemble. En effet, l'augmentation de la production d'aliments de haute qualité à un prix abordable ne suffit pas ; elle doit également s'accompagner d'une amélioration de la biodiversité, d'une croissance économique accrue et d'une plus grande résilience face aux perturbations climatiques. En d'autres termes, l'objectif initial d' « éliminer la faim » a été étendu à la « transformation des systèmes alimentaires, terrestres et aquatiques mondiaux dans un contexte de crise climatique ».

Des décennies d'expérience en matière de recherche et d'innovation constituent un atout considérable pour le CGIAR. En effet, de nombreuses études ont mis en lumière le lien entre l'investissement dans la recherche agronomique et les avantages économiques ou sociaux significatifs qui en découlent. De plus, la forte présence du consortium ainsi que ses partenariats établis de longue date dans le Sud lui confèrent une position idéale pour développer des innovations dans le domaine agricole. Ses activités revêtent une importance particulière en Afrique subsaharienne et dans certaines parties de l'Asie du Sud où les pénuries alimentaires et la pauvreté sont les plus difficiles à éradiquer.
 

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Photo d'une femme dans un laboratoire effectuant des recherches sur le légionnaire d'automne

La recherche au Nigeria tente de contenir le légionnaire d'automne vorace qui se propage jusqu’à 500 km de distance par génération. La chenille de ce papillon se nourrit de plus de 80 cultures (© C. de Bode/CGIAR).

Cinq domaines


Le CGIAR a défini cinq domaines - tous interconnectés - dans lesquels il souhaite accroître son influence de toute urgence  :

  • Nutrition, santé et sécurité alimentaire
  • Réduction de la pauvreté, moyens de subsistance et emplois
  • Égalité des genres, jeunesse et inclusion sociale
  • Adaptation au climat (= s'adapter aux conséquences inévitables des perturbations climatiques telles que la sécheresse) et atténuation du climat (= prévenir les perturbations climatiques par une réduction des gaz à effet de serre)
  • Santé environnementale et biodiversité.

Ce faisant, le CGIAR a formulé des objectifs spécifiques à atteindre d'ici à 2030. Il s'agit par exemple de fournir une alimentation saine et abordable aux 3 milliards de personnes qui n'ont toujours pas accès à des aliments sûrs et nutritifs, de sortir au moins 500 millions d’habitants des zones rurales de l'extrême pauvreté, ou encore de donner à plus de 500 millions de femmes les moyens d'exercer un plus grand contrôle sur les terres et les ressources naturelles.
 

Le soutien de la Belgique


Le CGIAR n'agit pas seul. Il collabore avec plus de 3 000 partenaires : des gouvernements nationaux et des instituts de recherche, ainsi que des organismes politiques mondiaux, des entreprises privées et des ONG. Ses fonds proviennent d'un large éventail d’États, dont la Belgique. Notre pays est un fidèle bailleur de fonds du CGIAR depuis plusieurs décennies. En 2019, la Belgique était le 17e pays donateur. Pour la période 2022-2024, notre pays s’est engagé à fournir 12 millions d'euros, auxquels s'ajoutent des fonds supplémentaires par le biais du financement en faveur de l’action climatique.

La moitié du soutien belge alimente le budget général. Le reste a été alloué à trois initiatives spécifiques. L'une d'entre elles se concentre sur la mise en place de systèmes alimentaires résilients, adaptés au climat et riches en nutriments en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale. Là encore, il s'agit d'une approche globale. Par exemple, au moins 80 000 petits exploitants agricoles auront accès à des variétés de cultures à haute valeur nutritionnelle. Au moins 16 000 d'entre eux adopteront des pratiques adaptées au climat. Les ménages seront encouragés à consommer des cultures plus nutritives.

En outre, 3 millions d'agriculteurs recevront aisément des informations sur le climat et les prix du marché via leur téléphone portable. Ils seront aussi avertis en cas de problèmes imminents (alerte précoce), par exemple en ce qui concerne les maladies et organismes nuisibles. Au moins 20 000 jeunes et 15 000 femmes seront formés à la création d'entreprises.

Une autre initiative vise à développer une base scientifique solide en faveur d'une approche agroécologique. L'agroécologie consiste à produire, à transformer et à consommer des denrées alimentaires d'une manière réellement durable. Elle englobe donc l'ensemble du système alimentaire, de la production à la consommation. Dans une perspective globale, elle vise à optimiser les interactions entre les plantes, les animaux, les êtres humains et l'environnement.

Plus précisément, cette initiative vise à développer et à étendre les innovations agroécologiques. Les groupes cibles se composent de petits exploitants agricoles et d'autres acteurs du système agroalimentaire dans différents contextes socio-écologiques. L'agroécologie fait partie des priorités de la politique belge en matière de développement.
 

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Photo d'un récipient dans lequel la patate douce est pressée avec un morceau de bois

Le GCRAI a produit au Malawi une variété de patate douce à haut rendement qui est plus résistente au climat. En conséquence, les producteurs de patates douces ont obtenu un revenu plus élevé et une alimentation plus nutritive (© C. de Bode/CGIAR).

De belles réussites


Les défis à relever ne manquent pas d’envergure. Mais le CGIAR peut se targuer d'une expérience de plusieurs décennies et de nombreuses réussites à son actif. Pendant tout ce temps, il a apporté une contribution essentielle à la science et à l'innovation afin de nourrir le monde et mettre fin aux inégalités. Son travail a permis de libérer des centaines de millions de personnes de la faim et de la pauvreté tout en soutenant les producteurs et les consommateurs à faibles revenus.

Plus précisément, 60 % des semences utilisées dans l'agriculture tropicale sont issues de la recherche organisée par le CGIAR. Au moins 6,8 millions de ménages d'Asie du Sud et d'Afrique cultivent aujourd'hui des patates douces sélectionnées pour leur teneur élevée en vitamine A. La sélection de variétés à haute valeur nutritionnelle compte d'ailleurs parmi les activités principales du CGIAR.

La Belgique continue donc à soutenir le CGIAR en toute confiance. En sa qualité de leader de la recherche et de l'innovation agricoles en faveur du développement, il dispose de tous les atouts pour faire la différence à l'horizon 2030.