Comment maximiser l'impact des transferts de fonds effectués par les migrants ?

Les transferts de fonds effectués par les communautés migrantes – ou remittances en anglais – peuvent contribuer de manière significative au développement économique durable de leur pays d'origine, comme le démontre une étude de l'OIM financée par notre SPF. Quelques coups de pouce – sous la forme d’actions de sensibilisation, de soutien technique… – peuvent encore davantage maximiser cet impact. Un exemple d’effet positif notable de la migration !

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Enseigne avec « Ici transfert d'argent »

Dans le quartier de Bruxelles Matonge, vous trouverez plusieurs agences où les diasporas peuvent envoyer de l’argent vers leur pays d’origine. © SPF Affaires étrangères

Les transferts de fonds effectués par les communautés migrantes – ou remittances en anglais – peuvent contribuer de manière significative au développement économique durable de leur pays d'origine, comme le démontre une étude de l'OIM financée par notre SPF. Quelques coups de pouce – sous la forme d’actions de sensibilisation, de soutien technique… – peuvent encore davantage maximiser cet impact. Un exemple d’effet positif notable de la migration !

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ODD 8 (travail décent et croissance économique), 10 (inégalités réduites), 17 (partenariats pour la réalisation des objectifs)

La Belgique abrite plusieurs communautés issues de la diaspora originaires, par exemple, de la République démocratique du Congo, du Burundi et du Maroc qui se sont installées ou ont grandi dans notre pays. Mais saviez-vous que ces groupes, outre leur contribution substantielle à notre économie, envoient également une partie de leurs revenus à leurs familles dans leur pays d'origine ? Et que ces transferts de fonds revêtent un énorme potentiel pour le développement de leur pays d'origine ?

685 milliards de dollars

En 2024, les transferts de fonds à l'échelle mondiale s'élevaient à 685 milliards de dollars, tandis que le montant total de l'aide publique au développement (APD) des pays de l'OCDE n'atteignait que 212,1 milliards de dollars. Et encore, il ne s'agit là que des transferts de fonds effectués par le biais des canaux officiels tels que les agences financières. Les transferts personnels directs – en espèces ou en nature – ne sont pas repris dans ces chiffres.

Ces transferts de fonds offrent souvent un supplément de revenus non négligeable aux familles dans les pays d'origine, qui leur permet de payer leurs factures médicales, contribuer aux frais scolaires, compenser les mauvaises récoltes ou financer des travaux de rénovation dans leur logement familial.

Néanmoins, et le projet financé par la Belgique a été développé dans ce but, l’impact de ces transferts de fonds pourrait être encore optimisé si ces derniers étaient également destinés à l’investissement et l’entreprenariat. Et cela non seulement grâce à l'argent des transferts de fonds, mais également grâce au savoir-faire de la diaspora.

Coûts de transfert élevés

De plus, les coûts élevés liés aux transferts constituent souvent un obstacle minant leur impact. L'ODD 10, l'un des Objectifs de développement durable, stipule que d'ici 2030, les coûts de transaction devront être inférieurs à 3 %, mais ils sont généralement beaucoup plus élevés. C'est notamment le cas lors de l'envoi d'argent liquide par l'intermédiaire de banques ou d'autres agents financiers.

L'envoi de fonds via les opérateurs mobiles est généralement moins coûteux. Cependant, cette solution est moins accessible à certains groupes au sein des communautés de la diaspora, tels que les personnes âgées, et dépend également du destinataire et du système financier mobile du pays d'origine.

O-REMIT

Récemment et pour la première fois, le paysage des envois de fonds en Belgique a fait l’objet d’une cartographie détaillée. Le bureau belge de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a mené le projet O-REMIT, financé par notre SPF grâce à des fonds provenant de notre coopération au développement et du partenariat avec l'OIM. Ce projet a permis la publication de Deux rapports détaillés, d’ infographies et d’un tableau de bord interactif donnant un aperçu des données, des tendances et des motivations derrière les transferts de fonds, ainsi qu'une analyse comparative des coûts de transaction.

  1. Analyse du marché des transferts de fonds

En 2022, par exemple, pas moins de 7,31 milliards de dollars ont été envoyés sous forme de transferts de fonds depuis la Belgique. En ce qui concerne les flux de transferts de fonds vers les pays en développement, le Maroc a été le principal bénéficiaire, avec 495 millions de dollars, suivi de la Roumanie et de la Turquie.

Pour les 21 corridors étudiés, les coûts de transaction moyens dans notre pays s'élèvent à 4,31 %, soit bien au-dessus de l'objectif de 3 % fixé par l'ODD 10. Dans le cadre du projet, un dialogue a été engagé avec différents acteurs du secteur belge des transferts de fonds, tels que Wise, PayPal et TapTapSend. Ces derniers se sont montrés disposés à œuvrer en faveur d'une plus grande transparence des transferts de fonds internationaux, ce qui devrait entraîner une concurrence accrue et une réduction des coûts.

  1. Sensibilisation de la communauté de la diaspora et des bénéficiaires

L'étude a également mené une enquête à grande échelle auprès des membres de la diaspora de notre pays quia permis d'identifier les motivations et le comportement des personnes qui transfèrent des fonds.

Dans le cadre du projet O-REMIT, la Belgique a également organisé cinq ateliers sur l'inclusion numérique et financière. Les membres de la diaspora y ont appris à reconnaître les frais de transfert cachés, à faire des choix moins coûteux (par exemple en utilisant des applications mobiles pour effectuer des transferts de fonds officiels), mais aussi à établir un budget familial durable.

Dans trois pays partenaires – le Maroc, la République démocratique du Congo et le Sénégal – trois ateliers ont été organisés à l'intention des bénéficiaires de transferts de fonds. Objectif : les informer sur les différentes options disponibles pour effectuer des transactions rentables, sur les possibilités d'épargne et sur les moyens d'utiliser les transferts de fonds.

  1. Investissements verts dans les pays d'origine

Les membres de la diaspora ont reçu des formations sur l'investissement, suite à quoi ces personnes ont été mises en contact avec des petites et moyennes entreprises vertes dans les trois pays partenaires susmentionnés.

Mieux exploiter le potentiel

O-REMIT a jeté des bases solides pour favoriser une approche plus efficace et plus éclairée en matière de transferts de fonds. Le projet a ainsi cherché des moyens de mieux exploiter l'énorme potentiel des transferts de fonds. Il a non seulement renforcé la transparence et la sensibilisation des personnes qui effectuent des transferts de fonds, mais a également créé pour les communautés de la diaspora davantage d'opportunités de contribuer au développement économique durable de leurs pays d'origine.

Quelques coups de pouce, comme une sensibilisation accrue et un soutien technique, pourraient maximiser davantage l'impact des transferts de fonds. Un effet positif notable de la migration !

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