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Toute personne impliquée dans le secteur minier au Katanga, de loin ou de près, se rassemble dans le jardin de la résidence de notre consul général. © SPF Affaires étrangères
Cette année encore, notre consulat général à Lubumbashi (RDC) a organisé un somptueux cocktail à la veille de la DRC Mining Week. L’objectif : favoriser les contacts entre les entreprises et les diplomates des pays européens d’une part et les acteurs clés du florissant secteur minier katangais de l’autre. Ce rendez-vous annuel offre également l’occasion de promouvoir nos valeurs européennes (ESG).
C’est un cliché, certes, mais il reflète une réalité indéniable : la République démocratique du Congo (RDC) regorge de ressources minérales. À ce sujet, beaucoup penseront spontanément au conflit terrible qui sévit dans l’est du Congo, dans lequel cette richesse minérale joue assurément un rôle.
La transition énergétique
Cependant, le Congo ne se réduit pas à sa région orientale du Kivu. La région du Katanga, dans le sud-est du pays, à la frontière avec la Zambie, s’avère elle aussi extrêmement importante. Saviez-vous qu’elle représente 10 % de la production mondiale de cuivre et 70 % de la production de cobalt ? De même, la région fournit 25 % de tout le germanium exploité. On y extrait aussi du zinc et du lithium. Grâce à toutes ces ressources combinées, les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba génèrent pas moins de 70 % de l’ensemble du PIB congolais !
De plus, les minerais extraits au Katanga revêtent tous une importance cruciale, entre autres dans la transition vers les énergies renouvelables décarbonées. Le cuivre, par exemple, est nécessaire aux câblages électriques. Les voitures électriques en contiennent dès lors en beaucoup plus grande quantité que les véhicules à essence. Le cobalt compose quant à lui les batteries, tandis que le germanium sert de semi-conducteur pour la fibre optique, les ampoules LED et les cellules photovoltaïques.
Cette carte de 2009 de l’AfricaMuseum montre clairement les richesses minérales du Congo. Lubumbashi se trouve dans le coin droit en dessous.
200 000 familles
L’industrie minière du Katanga se caractérise par le haut degré de professionnalisme des entreprises qui y sont actives. Parmi elles, de nombreuses sociétés chinoises mais aussi l’entreprise canadienne Ivanhoe, par exemple, ou encore la firme suisse Glencore. Les principales compagnies minières produisent jusqu’à 600 000 tonnes par an.
Dans cette région, épicentre de l’économie congolaise, règne dès lors une atmosphère très différente de celle qui plane dans l’est du pays. Le climat y est sûr et les salaires satisfaisants. Selon les estimations, 200 000 familles y vivent de l’extraction. Outre les compagnies minières elles-mêmes, nombre de fournisseurs tirent profit de ces activités, en vendant par exemple des repas ou des vêtements de travail aux milliers de personnes travaillant dans le secteur, parfois jusqu’à 5 000 dans une seule mine.
Ainsi, le Katanga abrite bien moins de « mines artisanales » que l’est du Congo, où des Congolais tentent d’assurer tant bien que mal leur subsistance en extrayant des minerais à titre indépendant, dans des conditions souvent difficiles.
Une foire consacrée au secteur minier
Étant donné ce développement florissant de l’extraction minière, c’est à Lubumbashi, la capitale de la province du Haut-Katanga, que se tient chaque année la DRC Mining Week : une sorte de foire de grande ampleur consacrée à la filière extractive, pensée comme un lieu de rencontre pour toutes les personnes liées de près ou de loin au secteur minier.
Il s’agit littéralement de l’ensemble du secteur : les compagnies minières issues du monde entier, mais également les entreprises qui produisent les machines ainsi que le carburant nécessaire à leur fonctionnement, les laboratoires qui analysent les échantillons miniers, les entreprises qui fournissent les repas et les vêtements de travail, les sociétés de transport, etc.
La présence belge
Cette DRC mining week offre à notre consulat général à Lubumbashi une occasion idéale de se mettre en avant. En effet, même si elle est assez réduite, la présence belge et européenne dans les mines katangaises ne doit pas être sous-estimée.
Ainsi, bien que notre pays n’y compte aucune entreprise extractive, certains groupes belges sont en revanche très actifs dans la région. Entre autres exemples, citons Umicore (raffinage et recyclage des minerais), Forrest, Sarens (grandes grues), Solvay (produits chimiques pour raffiner les minerais), Polytra (logistique), Carmeuse (chaux nécessaire pour le traitement des minerais) et Vecturis (transport par rail).
Mais le Katanga ne présente pas seulement un intérêt commercial pour notre pays. Une présence sur place s’avère aussi essentielle étant donné l’ambition de l’Union européenne de devenir plus autonome en matières premières critiques. Par ailleurs, notre consulat général à Lubumbashi peut faire valoir un atout particulier : il constitue la seule mission diplomatique occidentale dans cette région stratégique.
Environment, Social, Governance : les valeurs ESG
Cet atout, notre consulat général compte bien le jouer. C’est ainsi qu’il organise depuis quatre ans déjà un événement marquant à la veille de la DRC Mining Week. En réunissant les différentes parties prenantes du secteur minier dans un cadre informel, il les encourage à nouer des liens. En particulier, il favorise les contacts entre les entreprises et les diplomates des pays européens d’une part et les acteurs clés du terrain de l’autre.
À travers cet événement, nous montrons que l’Europe est elle aussi bien présente dans le secteur minier de la région, et que nous y appliquons des normes spécifiques. En effet, pour les entreprises européennes, les valeurs ESG sont essentielles. Elles couvrent trois aspects : Environment (une approche aussi écologique que possible), Social (de bonnes conditions de travail) et Governance (la bonne gouvernance).
It’s Mine Time ! C’est l’endroit où il faut être. © SPF Affaires étrangères
600 personnes invitées
Il y a quatre ans, notre consulat général avait lancé cette initiative à une échelle relativement réduite, en conviant à un petit-déjeuner de haut niveau des ambassadrices et des ambassadeurs, les gouverneurs des provinces du Haut-Katanga et de Lualaba ainsi que les CEO des grandes compagnies sur place telles que Glencore. L’entreprise d’État congolaise Gécamines, responsable de la gestion et de l’exploitation des mines et carrières souterraines, avait également répondu présent.
Depuis, l’événement a évolué pour devenir un rassemblement de masse accueillant 600 convives (la capacité maximale du jardin de la résidence de la consule générale), sous le slogan It’s Mine Time ! Musique, danse, boissons et petits fours, rien ne manquait à la fête, pas plus que les discours, notamment celui de l’ambassadrice belge à Kinshasa. Les différentes interventions ont mis à l’honneur les valeurs que nous défendons : les critères ESG mais aussi les Objectifs de développement durable (ODD).
La société civile
Parmi les convives se trouvaient les ambassadrices et les ambassadeurs en poste à Kinshasa (représentant l’UE, les États-Unis, le Canada, la Chine…), des CEO d’entreprises (y compris chinoises), les gouverneurs des provinces, des scientifiques et la société civile.
Ce n’est pas un hasard si notre consulat général implique également la société civile, précisément parce que nous tenons en haute estime les valeurs ESG. En effet, nous refusons de cacher sous le tapis les nombreux risques associés au secteur minier, tels que la pollution environnementale, les mauvaises conditions de travail et les détournements d’argent. À travers la société civile, nous souhaitons les mettre encore un peu plus en lumière.
Par ailleurs, le programme de cette année comprenait, outre le grand cocktail, la visite d’une mine ainsi qu’un petit-déjeuner en cercle plus restreint avec deux ONG. L’année passée, une pièce de théâtre avait même été jouée, mettant en scène les défis du secteur minier.
The place to be
En peu de temps, l’événement s’est imposé comme the place to be. Les convives partent déjà du principe qu’il se maintiendra et sera l’occasion de nombreuses rencontres. Ce moment très apprécié marque le début de la DRC Mining Week dans une ambiance exceptionnelle. Une tradition qu’il s’agit d’entretenir !
Pour l’organisation, notre consulat général a pu compter sur l’agence belge de coopération internationale Enabel ainsi que sur la délégation diplomatique européenne à Kinshasa, sans oublier plusieurs sponsors dont Polytra, Sarens, Umicore et la banque tanzanienne CRDB.
Enabel dispose toujours d’un stand à la DRC Mining Week. Cette année, la délégation de l’UE y a elle aussi occupé un emplacement pour la première fois. Un indicateur fort du renforcement de la visibilité européenne dans la région.
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