Eau potable et installations sanitaires de meilleure qualité au Mali

Les besoins en eau potable et en installations d’assainissement demeurent élevés partout dans le monde. Au Mali, la Coopération belge au Développement déploie des efforts considérables en vue d'améliorer la qualité de l'eau potable et des installations sanitaires. Elle mène cette tâche à bien avec l'aide de l'expertise locale.

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Bloc de latrines

Bloc de latrines tout neuf pour la communauté des pêcheurs. © Yassi Diabi

Le secteur de l'eau et de l'assainissement représente un secteur clé pour la Coopération belge au Développement au Mali. Enabel, l'agence belge de développement, et l'ONG belge spécialisée dans le domaine de l'eau, Join For Water (anciennement Protos), y sont toutes deux actives. En outre, l’entreprise belge Denys NV y a entrepris l’installation d’une canalisation d’eau potable, pour le compte, entre autres, de la Banque mondiale. Une raison suffisante pour que la Belgique préside le groupe de donateurs œuvrant dans le domaine de l'eau et de l'assainissement au Mali. Ce groupe comprend également des représentants de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la France, de l'UNICEF et de la Banque mondiale, ainsi que des ministères maliens concernés.

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Eau propre et assainissement

Une communauté de pêcheurs dans le besoin

Fin octobre 2020, l'ambassadeur de l'UE au Mali, le Belge Bart Ouvry, accompagné de Robin Thiers, Premier secrétaire de l'ambassade de Belgique au Mali, a visité un projet Join For Water dans la capitale Bamako. L'ONG avait aidé 40 familles - environ 430 habitants - en situation de grande précarité.

Il s'agissait d'une communauté de pêcheurs installée sur l'une des îles du fleuve Niger depuis 40 ans. Pour une raison inconnue, ils ont échappé à l'attention de la compagnie des eaux malienne et de la ville de Bamako. En conséquence, les habitants n'ont pas eu accès à l'eau potable ni à aucune forme de système sanitaire. Ils étaient donc obligés de faire leurs besoins en plein air, une situation malsaine et dangereuse !

« Faute de moyens financiers, nous ne voyions aucune issue », explique le contremaître Gaoussou Konta. « Jusqu'à ce que l'ADéCB (Association pour le Développement des Communautés à la base), un partenaire de Join For Water, prenne contact avec nous. Aujourd'hui, nous avons un point d'eau et deux blocs de latrines. Les habitants ne doivent plus traverser la rivière pour se procurer de l'eau potable et peuvent utiliser des latrines convenables. Chacun a également appris les gestes d'hygiène : se laver les mains après être allé aux toilettes, mettre des pots pour les enfants, utiliser correctement les latrines, nettoyer les cours... ».

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Construction d'un réseau d'adduction d'eau Bamako

Construction d'une canalisation d'eau potable à Bamako (Mali) par la société belge Denys NV. © Denys

Expertise locale

Il est également intéressant de souligner que la mise en place du point d'eau potable fait appel à l'expertise locale. Une start-up malienne a fourni un système de filtre biologique innovant basé sur la technique de filtration lente sur sable. Ce système peut aisément être réalisé avec des matériaux locaux et il produit une eau potable qui répond aux normes de qualité de l'Organisation mondiale de la santé.

Le Mali dispose d'une grande expertise locale en ce qui concerne la gestion de l'eau. Juste avant l'été, notre ambassade à Bamako a organisé un séminaire passionnant avec Join For Water sur le fleuve Niger. Le panel était composé exclusivement de spécialistes maliens, dont le professeur Sidy Ba. Ses jeunes étudiants ont également pris la parole. Ils avaient cartographié les sites où les eaux usées se déversent directement et sans traitement dans le fleuve Niger.

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Waterzuiveringsstation bovenaanzicht

La station de purification de l’eau en cours de construction par Enabel à Koulikoro, au Mali. © Enabel

Station de purification de l'eau

Enabel met actuellement en œuvre un projet de grande envergure à Koulikoro. Malgré la situation fragile du pays, la construction d'une véritable station d'épuration progresse de manière satisfaisante. Elle traitera le contenu des puisards de la ville et récupérera les produits dérivés. En outre, Enabel fournit 13 systèmes durables d'approvisionnement en eau potable (châteaux d'eau, bornes-fontaines, branchements individuels, etc.) et 15 latrines publiques. Les autorités locales sont formées pour mieux gérer les services d'eau et d'assainissement.

Le groupe cible est la population des centres ruraux et semi-urbains de la région de Koulikoro. Une région où plus d'un tiers de la population n'a pas accès à l'eau potable. Le pourcentage d'accès à l'assainissement est d'environ 35 % dans les zones urbaines et de 14 % dans les zones rurales.

Il est clair que grâce aux efforts conjoints de la coopération gouvernementale et non gouvernementale, ainsi que du secteur privé, la Belgique a eu un impact significatif sur l'amélioration des installations d'eau potable et d'assainissement au Mali. Un progrès dont l'ODD6 (eau potable et assainissement) a désespérément besoin (voir encadré).

L'eau potable et l'assainissement dans le monde : quelques chiffres

En 2020, 2 milliards de personnes étaient toujours privées d'eau potable distribuée en toute sécurité. Parmi elles, 771 millions de personnes n'ont même pas accès à un système rudimentaire d’approvisionnement en eau potable. La moitié d'entre elles (387 millions de personnes) vivent en Afrique subsaharienne. Nous sommes donc encore loin de l'objectif formulé dans le 6Objectif de développement durable (ODD6), selon lequel chacun devrait avoir accès à une eau potable abordable et sûre d'ici 2030.

Des progrès ont pourtant été réalisés, mais ils sont trop lents. De 2015 à 2020, la proportion de la population mondiale bénéficiant d'une eau potable gérée de manière sûre est passée de 70,2% à 74,3%. L’amélioration concerne principalement l’Asie centrale et du Sud.

L'accès à des services d'assainissement gérés en toute sécurité (toilettes...) est également en hausse, passant de 47,1% en 2015 à 54% en 2020. Cependant, 3,6 milliards de personnes n'ont toujours pas accès à un système d'assainissement géré en toute sécurité. 1,7 milliard d'entre elles ne disposent même pas d’installations sanitaires de base494 millions de personnes ont donc été contraintes de faire leurs besoins en plein air (« défécation à l'air libre ») en 2020, contre 739 millions en 2015.

En ce qui concerne la défécation à l'air libre, nous sommes en phase avec l'ODD6, mais pour assurer l'accès de tous à un système d’assainissement géré en toute sécurité d'ici à 2030, le rythme actuel des progrès doit être multiplié par quatre. Le travail qu'il reste à accomplir est énorme, la Coopération belge au Développement l'a bien compris.

Par ailleurs, l'ODD6 est étroitement lié aux autres ODD. En effet, les personnes qui, lorsqu'elles sont enfants, n'ont pas accès à une eau potable et à des installations sanitaires fiables, tombent plus souvent malades (ODD3) et, par conséquent, rencontrent davantage de difficultés pour se rendre à l'école (ODD4). De ce fait, elles devront plus tard se contenter d'un travail moins bien rémunéré (ODD1, ODD8...) et ainsi de suite. En particulier dans le contexte de l'urbanisation croissante (ODD11), il devient crucial de disposer d'une eau propre et d'installations sanitaires décentes.