Forum humanitaire européen 2025 : pour une meilleure protection de la population et du personnel humanitaire

À l’occasion du Forum humanitaire européen qui s’est tenu en mai 2025, la Belgique – représentée par notre SPF – a plaidé avec ferveur pour une meilleure protection de la population et du personnel humanitaire local. Le respect du droit international humanitaire reste un impératif.

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Photo de deux hommes distribuant des colis à une longue file de personnes sur une plage.

La population locale et les travailleurs humanitaires méritent beaucoup plus de protection. Photo : Le Croissant-Rouge distribue des kits d’hygiène à des travailleurs migrants réfugiés dans un camp de fortune en Libye (photo d’archive) (© ICRC).

À l’occasion du Forum humanitaire européen qui s’est tenu en mai 2025, la Belgique – représentée par notre SPF – a plaidé avec ferveur pour une meilleure protection de la population et du personnel humanitaire local. Le respect du droit international humanitaire reste un impératif.

Les 19 et 20 mai 2025 s’est tenu le quatrième Forum humanitaire européen (FHE) à Bruxelles. Tandis que la session de l’année passée avait eu lieu sous la présidence belge, c’est désormais la Pologne qui est à la barre.

Au cours d’un FHE, l’ensemble de la communauté humanitaire internationale se réunit pour débattre des enjeux du moment et y apporter des solutions innovantes, efficaces et durables. Pour la Belgique, représentée par nos collègues des services « Aide humanitaire » et « Fragilité et nexus », cette rencontre constitue une occasion idéale de faire entendre sa voix et de participer activement aux discussions sur l’avenir du système humanitaire.
 

Les causes profondes de la fragilité


Conflits armés, catastrophes climatiques, insécurité alimentaire : les besoins humanitaires ne cessent de croître à travers le monde. Plus de 305 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire de toute urgence, et ce, dans un contexte de rationnement des budgets et de basculement des rapports de force.

Le FHE s’est essentiellement concentré sur deux thématiques. Tout d’abord, nous constatons que de plus en plus de personnes doivent trouver des moyens de survivre dans des contextes fragiles. La guerre, l’instabilité politique, le dérèglement climatique et les chocs économiques sont autant de facteurs aggravants.

Afin de remédier à cette situation, nous devons nous intéresser aux causes profondes et exploiter tous les instruments à notre disposition : non seulement l’aide humanitaire, qui subvient aux besoins urgents, mais aussi la coopération au développement, la consolidation de la paix et la diplomatie. En œuvrant à la résilience et la stabilité des sociétés, nous pouvons prévenir de futures crises. La Coopération belge au Développement concentre d’ailleurs depuis longtemps ses efforts dans les pays fragiles.
 

Une réduction des risques de violence


La seconde thématique du FHE nous tient particulièrement à cœur, en Belgique : la protection de la population et du personnel humanitaire. En effet, le droit international humanitaire est de plus en plus souvent bafoué. Les conflits ne touchent que trop souvent la population civile tandis que les travailleurs et travailleuses humanitaires subissent des attaques de plus en plus fréquentes. En 2024, 700 victimes étaient à déplorer parmi le personnel humanitaire, dont un nombre record de décès.

La protection de la population constitue une priorité absolue lors des actions humanitaires menées par la Belgique. En garantissant l’accès des femmes et des enfants à des services de protection, par exemple, notre pays parvient réellement à faire la différence pour ces groupes vulnérables.

Lors de la présidence belge du Conseil de l’UE en 2024, nous avons pu mettre en lumière l’inadéquation de la réponse du secteur humanitaire. En effet, le secteur réagit davantage aux conséquences de la violence plutôt que d’investir dans des méthodes de prévention et de réduction des risques de violence.
 

Un cessez-le-feu


La Belgique, quant à elle, place bel et bien la prévention de la violence et des conflits au premier plan. Dans la mesure du possible, nous nous appuyons sur des initiatives déjà amorcées par les communautés locales.

Au Yémen, par exemple, nous avons soutenu Oxfam en vue d’un cessez-le-feu entre des communautés qui s’affrontaient régulièrement. La situation était particulièrement effroyable pour la population déplacée, qui se retrouvait à chaque fois au milieu des conflits. Grâce à un réseau de protection existant, Oxfam a trouvé une tierce partie qui a négocié avec les chefs de ces communautés.

Nous avons remporté un autre succès au Burkina Faso. Le problème concernait un pont entre deux villages où la population courait un grand danger de violences physiques et sexuelles, dont l’issue était parfois fatale. Les deux premières tentatives menées pour convaincre les autorités militaires d’intervenir se sont soldées par un échec.

La troisième tentative, cette fois en présence du directeur régional pour le bien-être sociétal, a porté ses fruits. Des patrouilles ont été mobilisées en collaboration avec les communautés locales. La violence a rapidement reculé et les activités économiques ont pu reprendre. Cette réussite est à attribuer entièrement à notre soutien à long terme au programme d’Oxfam.

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Photo d'Olivier Vandecasteele s'adressant au Forum humanitaire européen, un micro à la main.

Olivier Vandecasteele prend la parole lors d’une table ronde au Forum humanitaire européen (© SPF Affaires étrangères).

Olivier Vandecasteele


Évidemment, notre pays estime que le personnel humanitaire doit lui aussi bénéficier d’une meilleure protection. Le personnel local, en particulier, qui travaille en première ligne, court un risque de violence élevé. Il est pris en étau entre l’extrême urgence de l’aide, d’une part, et les violations croissantes du droit international humanitaire, d’autre part. L’un des panels organisés dans le cadre du FHE, auxquels notre directrice générale de la Coopération au développement Heidy Rombouts a participé, s’est penché sur cette problématique.

Le personnel humanitaire local, qui constitue pourtant la cheville ouvrière de l’action humanitaire, ne jouit pas de la reconnaissance qui lui est due. Dès lors, au manque de soutien, y compris financier, vient s’ajouter un équipement insuffisant pour mener à bien ses missions, dangereuses et mentalement éprouvantes, mais ô combien essentielles. Le personnel humanitaire local mérite davantage de fonds et un suivi psychologique de qualité.

Notre compatriote Olivier Vandecasteele a lui aussi pris part aux débats. Ce travailleur humanitaire, libéré après 456 jours d’emprisonnement en Iran, a fondé l’ONG Protect Humanitarians qui milite en faveur d’une meilleure protection du personnel humanitaire partout dans le monde.
 

188 millions d’euros


Une fois de plus, le FHE s’est avéré une belle occasion d’échanger des idées que nous pourrons ensuite traduire en actions concrètes. La Belgique, par l’intermédiaire de notre SPF, n’a pas manqué d’y faire entendre sa voix. L’année passée, nous avons consacré près de 188 millions d’euros à l’aide humanitaire ; en 2025, nous devrions atteindre un montant du même ordre. L’UE dans son ensemble n’est pas en reste, puisqu’elle s’engage elle aussi pleinement, annonçant vouloir consacrer en 2025 près de 2,3 milliards d’euros à l’aide humanitaire, entre autres à destination de l’Ukraine, de Gaza et du Soudan.