La ministre Lahbib en mission de paix dans l'est du Congo

  1. Toujours valable le
  2. Dernière mise à jour le
Image
Lahbib en Tsishekedi

Le ministre Lahbib a demandé au président Tshisekedi de tout faire pour mettre en œuvre le « scénario de Luanda ». © SPF Affaires étrangères/Eric Herchaft

En visite en Angola et en République démocratique du Congo, la ministre des Affaires étrangères Lahbib a plaidé pour la fin immédiate des violences dans l'est du Congo. Elle soutient la proposition qu'une mission d'observation de l'UE surveille les élections prévues au mois de décembre de cette année au Congo.

L'est du Congo vit un véritable enfer depuis plus de 25 ans. Un enchevêtrement inextricable de groupes armés s'y affrontent, et la population en souffre. On déplore non seulement de nombreux morts et blessés, mais les gens doivent régulièrement fuir en masse, les femmes subissent des viols horribles... La souffrance est énorme.

Récemment, les violences ont repris de plus belle. Le groupe rebelle M23, qui avait disparu des radars pendant un certain temps, a refait surface et a visiblement gagné en puissance. Les combats font rage autour de Goma, une métropole à la frontière avec le Rwanda.

Un rapport des experts de l'ONU atteste que le Rwanda est impliqué dans l'avancée du M23. L'armée congolaise coopérerait également avec des groupes armés, qui pourraient menacer la sécurité du Rwanda. Les violences pourraient donc encore s'intensifier et mener à un conflit ouvert entre le Rwanda et la RD Congo.

Lors de sa visite au Congo l'année dernière, SM le Roi avait déjà fait savoir que notre pays continuera à œuvrer pour la paix dans l'est du Congo. La Belgique continuera donc à y aider la population affectée par les affrontements.

Image
Lahbib en Lourenço

Le ministre Lahbib rencontre le président angolais Lourenço, médiateur actif dans le conflit à l'est du Congo. © SPF Affaires étrangères/Eric Herchaft

Feuille de route de Luanda

Pour renforcer nos efforts de paix, la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, s'est rendue en Angola et en RD Congo au début du mois de février 2023. En Angola, elle a notamment rencontré le président João Lourenço et le ministre angolais des Affaires étrangères. L'Angola est non seulement un partenaire solide et crédible pour notre pays (voir encadré), mais le président joue également un rôle très actif dans la médiation du conflit dans l'est du Congo. Ses efforts sont connus sous le nom de « processus de Luanda ». La Belgique soutient ce processus et la ministre Lahbib a donc encouragé le président à poursuivre son rôle de médiateur.

Au Congo, notre ministre a demandé au président Tshisekedi de tout faire afin de mettre en œuvre la « feuille de route de Luanda ». Cette feuille de route - dont la médiation a été assurée par le président angolais et qui a été approuvée par le Congo et le Rwanda - énumère plusieurs points d'action. Ainsi, le M23 doit se retirer et le soutien à tous les groupes armés doit cesser immédiatement et définitivement, tant de la part du Rwanda que du Congo.

De plus, les discours haineux doivent cesser et le territoire de chacun doit être respecté. La feuille de route encourage également la reprise du dialogue afin de restaurer la confiance qui a été brisée.

Par ailleurs, la ministre Lahbib a, avant son départ, eu une conversation téléphonique avec le ministre rwandais des Affaires étrangères, au cours de laquelle elle l'a également exhorté à mettre en œuvre la feuille de route et à cesser ainsi tout soutien au M23.

Procès de Nairobi

Après la visite de la ministre Lahbib, le Burundi a accueilli un mini-sommet de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE), une communauté de pays d'Afrique de l'Est dont le Congo et le Rwanda sont membres, mais pas l'Angola. La CAE plaide également en faveur de la paix dans l'est du Congo, notamment via une force conjointe de maintien de la paix dans l'est du pays.

Elle exige également la démobilisation de tous les groupes armés opérant dans l'est du Congo et leur réintégration dans la communauté. Les efforts de paix de la CAE sont connus sous le nom de « processus de Nairobi », car le Kenya en a pris l'initiative.

Le mini-sommet a donné lieu à une rencontre entre le président congolais Tshisekedi et le président rwandais Kagame. Peu après, le président Tshisekedi s'est rendu en Angola.

Image
Bezoek registratiekantoor

Le ministre Lahbib visite un centre où les électeurs peuvent s'inscrire. © SPF Affaires étrangères/Eric Herchaft

Élections démocratiques

Un deuxième point important de la visite de la ministre Lahbib concernait les élections prévues le 20 décembre au Congo. Mais un pays en guerre ne peut organiser des élections parfaitement démocratiques. En effet, les habitants des zones ravagées par la violence ne peuvent y participer. La stabilité est donc indispensable à la réussite des élections.

La ministre Lahbib s'est non seulement entretenue avec les autorités organisant les élections, mais a également rencontré plusieurs ONG et certains des principaux candidats à la présidence issus de l'opposition. Elle a également visité un centre où les électeurs peuvent s'inscrire.

Le président congolais avait indiqué que des missions d'observation électorale seraient les bienvenues. La Belgique est également encline à cette idée et pense qu'une mission d'observation de l'UE devrait être envoyée au Congo. La ministre a donc plaidé auprès du Congo pour qu'il en fasse la demande.

Image
Ontmoeting ngo’s

Le ministre Lahbib en conversation avec des représentants de la société civile. © SPF Affaires étrangères/Eric Herchaft

Un engagement fort et continu

Outre ces efforts diplomatiques importants, nous ne devons pas oublier que notre pays est déjà fortement engagé dans la région. Ainsi, la coopération militaire avec le Congo a repris. Quelque 30 instructeurs belges sont actifs à Kindu, tandis que 4 officiers congolais suivent une formation en Belgique.

Notre pays a également œuvré au développement d'une vision holistique du secteur de la sécurité avec des partenaires européens : police - armée - justice - prison. Dans ce cadre, Enabel, l'agence belge de développement, soutiendra la réforme de la police congolaise en collaboration avec la police fédérale.

La Belgique a également lancé un nouveau programme quinquennal de coopération au développement. Il s'agit notamment de soutenir la politique fiscale et la gestion budgétaire du ministère congolais des Finances. Nous essayons de promouvoir la gestion durable des ressources naturelles via l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

De plus, la Belgique soutient, à la demande des autorités congolaises, les possibilités d'une « justice transitionnelle » pouvant contribuer à la réconciliation et à la lutte contre l'impunité. Notre pays soutient également plusieurs projets, qui sensibilisent le public aux élections et renforcent la société civile.

La Belgique exerce une forte pression pour que l'UE s'engage davantage au Congo, et cela porte ses fruits. Le 20 février 2023, le Conseil des affaires étrangères de l'UE a adopté une nouvelle stratégie pour les Grands Lacs (= Afrique centrale).

Les différentes interventions de la ministre ont fait écho à l'exigence que notre pays continue à tout mettre en œuvre pour que le Congo demeure une priorité, tant européenne qu'internationale. Nous nous appuyons ainsi sur le nouvel élan de notre coopération avec le Congo, qui a débuté avec la visite royale de l'année dernière.

Angola, un partenaire solide

La visite de la ministre Lahbib en Angola s'inscrivait dans le cadre de ses efforts en faveur de la paix dans l'est du Congo, mais le pays est également un partenaire solide et fiable de la Belgique, avec des échanges commerciaux en constante augmentation, dans les deux sens. Nous entretenons des relations historiques avec l'Angola et menons des collaborations de longue date dans divers secteurs tels que les ports, les chemins de fer, les diamants, le climat, l'environnement et l'eau. Cette visite a donc été l'occasion de renforcer encore ces liens étroits.

Comme de nombreuses régions d'Angola sont encore truffées de mines terrestres - vestiges de longues années de guerre civile -, notre pays est également actif dans le déminage via Norwegian People's Aid et APOPO. APOPO est une ONG belge qui utilise des rats pour détecter très efficacement les mines. La ministre se devait donc de rendre visite à l'ANAM, l'agence angolaise de déminage.

Lire également :

La Belgique résolument engagée dans la poursuite d’un monde sans mines