La pollution par le plastique doit disparaître

Un traité ambitieux et juridiquement contraignant doit être conclu d'ici 2024 pour s'attaquer au problème de la pollution par le plastique. C'est ce que la communauté internationale a décidé en mars 2022 à Nairobi. La délégation belge y a défendu l'idée d'un accord large.

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Sculpture de grue en plastique

Sculpture d'une grue qui déverse du plastique (Ben Von Wong) à l'entrée du bâtiment de la conférence du PNUE à Nairobi. @ UNEP

Petit à petit, la pollution par le plastique a pris des proportions hallucinantes. Le plastique est présent littéralement partout, du pôle Nord à l'Antarctique et de l'océan le plus profond au sommet le plus élevé de la planète. On en retrouve même des traces dans l'organisme humain.

Actuellement, 11 millions de tonnes de plastique terminent leur course dans l'océan chaque année, une quantité qui pourrait doubler d'ici 2030 et tripler à l'horizon 2040. En l'absence de mesures supplémentaires, quelque 150 millions de tonnes de plastique dériveront dans les océans en 2025 et le poids des déchets plastiques qui s'y trouvent pourrait dépasser celui des poissons en 2050. La situation est tout aussi dramatique sur la terre ferme.

Le plus important traité environnemental depuis Paris

Mais il y a aussi d'excellentes nouvelles. Lors du 5e sommet du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), 175 pays ont pris l'engagement d'élaborer un traité ambitieux et juridiquement contraignant d'ici 2024 pour s'attaquer au problème de la pollution par le plastique. Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, a parlé du « plus important traité environnemental depuis l'Accord de Paris sur le climat. »

Cet accord sera ambitieux surtout parce qu'il embrassera l'ensemble du cycle de vie du plastique : conception, production et recyclage, et également gestion, limitation et prévention des déchets. Il englobera toutes les formes de plastique, y compris les microplastiques, ainsi que tous les écosystèmes, des océans aux continents. L'accord reconnaît également la nécessité d'une collaboration internationale renforcée pour permettre à chaque pays d'avoir accès à la technologie et à la capacité nécessaires.

Il permettra enfin de se diriger vers une véritable économie circulaire. D’ici 2040, la quantité de plastique qui se retrouve dans les océans devrait ainsi diminuer de 80 %, le volume de plastique produit de 55 %, et les gouvernements devraient pouvoir réaliser plus de 63 milliards d'euros d'économies. Quelque 700.000 emplois seraient en outre créés, essentiellement dans le Sud. Il s'agira notamment de collecteurs de plastique.

L'accord serait aussi positif pour le climat. Une véritable économie circulaire du plastique contribuerait à réduire de pas moins de 25 % les émissions de gaz à effet de serre. Enfin, l’accord pourrait servir de modèle à d’autres secteurs comme la construction, le transport et l’énergie qui doivent accomplir l’indispensable transition vers la circularité.

Apport belge

Les négociations pour arriver à l'accord ne se sont pas déroulées sans heurts. La délégation belge, qui comprenait notamment un collaborateur de notre SPF, n'a en tout cas pas ménagé ses efforts pour rendre cet accord plus ambitieux. La mention des microplastiques, l'attention portée à l'ensemble du cycle de vie du plastique et l'approche sous la forme d'une économie circulaire ont constitué des priorités importantes pour notre pays. Lors de l'élaboration du texte final d'ici 2024, la Belgique veillera à ce que l'accord ne perde rien de son ambition.

D’autres beaux résultats

Le même sommet a débouché sur d'autres résultats positifs. C'est ainsi qu'un groupe international de scientifiques a été mis en place pour fournir un avis sur une gestion responsable des produits chimiques, des déchets et de la pollution. L'analogie est claire avec le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et la Plateforme sur la biodiversité (IPBES). Les trois crises environnementales majeures (climat, biodiversité et pollution) disposent ainsi de leur propre panel scientifique.

À cela s'ajoute, à l'initiative de notre pays, une série d'engagements visant à gérer les substances chimiques et les déchets dangereux. Pensez aux batteries au plomb et aux polluants pharmaceutiques persistants.

Le sommet a également formulé une définition sans ambiguïté des « solutions fondées sur la nature » (nature based solutions). Désormais, lorsque des pays ou des entreprises prétendent utiliser des solutions fondées sur la nature, il sera possible de vérifier exactement si cela est vrai. De telles solutions joueront un rôle crucial dans la lutte contre le dérèglement climatique.