L’accord mondial sur les pandémies : une meilleure défense face aux futures crises sanitaires

Le 20 mai 2025, les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté un accord sur les pandémies attendu depuis longtemps. Ce document devrait garantir une approche résiliente, efficace et équitable des futures crises sanitaires. Nos collègues siégeaient à la table des négociations.

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Agents de santé masqués dans un laboratoire

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Le 20 mai 2025, les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté un accord sur les pandémies attendu depuis longtemps. Ce document devrait garantir une approche résiliente, efficace et équitable des futures crises sanitaires. Nos collègues siégeaient à la table des négociations.

La pandémie de coronavirus est encore très fraîche dans les mémoires. Grâce notamment au développement rapide de vaccins, l’humanité a finalement traversé cette crise et le pire a pu être évité. Pourtant, les écueils n’ont pas manqué. L’échange d’informations, par exemple, est resté balbutiant et la distribution de vaccins s’est avérée extrêmement laborieuse. Le Nord global a disposé assez rapidement de doses en quantités plus que suffisantes, tandis que le Sud global a pendant longtemps dû se contenter de maigres stocks.

Un accès équitable

En essence, il existait une marge d’amélioration. Des quatre coins du monde, des voix se sont élevées, appelant à tirer sérieusement les leçons de la catastrophe causée par la COVID 19. Nous avions besoin d’un accord largement soutenu qui préparerait bien mieux le monde à une prochaine pandémie. Car une chose est sûre : l’arrivée d’une nouvelle pandémie est inévitable. Le nombre de maladies infectieuses augmente et les virus s’affranchissent des frontières.

C’est dans ce contexte qu’il y a à peu près trois ans, d’intenses négociations ont débuté au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sous une co-présidence sud-africaine, française et néerlandaise. Bien que l’UE négocie au nom des 27, chacun de ses États membres était également présent autour de la table à titre individuel. Ainsi, la Belgique avait elle aussi voix au chapitre.

Au côté du SPF Santé publique, notre SPF Affaires étrangères a joué un rôle important. Nos collègues de la Représentation permanente à Genève, ville qui accueille le siège de l’OMS, ont participé activement aux réunions.

Notre pays a bien sûr pesé dans les négociations. Nous n’avons eu de cesse de marteler l’importance  d’un accès universel et équitable aux solutions médicales telles que les vaccins, les médicaments et les diagnostics. En d’autres termes, nous estimons que personne ne peut être mis de côté, tout le monde a droit aux traitements nécessaires.

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Dirk Ramaekers brandit une pancarte avec la Belgique pour approuver l'accord sur la pandémie

Dirk Ramaekers, président du SPF Santé publique, approuve l’accord sur la pandémie au nom de la Belgique. © SPF Affaires étrangères

Une seule santé

Finalement, le 20 mai 2025, les pays membres de l’OMS ont adopté à l’unanimité, à quelques abstentions près, le tout premier accord mondial sur les pandémies. Ce document ambitieux comprend des engagements fermes en matière de prévention, de préparation et de riposte face à de potentielles nouvelles pandémies. Le cheval de bataille de la Belgique – un accès équitable et dans des délais raisonnables aux produits de santé – en constitue d’ailleurs un élément clé.

L’accord vise également une collaboration étendue entre les pays et prévoit des solutions logistiques et financières pour les États en difficulté. Une telle solidarité contribuera grandement à renforcer notre degré de préparation face aux pandémies. Les crises sanitaires ne connaissent en effet aucune frontière.

En outre, l’accord repose sur le principe One Health, « une seule santé ». Ce concept met en évidence le caractère indissociable de la santé des êtres humains et de celle des animaux et de l’environnement. Si l’humanité néglige de prendre en compte la nature qui l’entoure, elle ne pourra jamais se préparer correctement à une prochaine pandémie.

Une annexe en suspens

Cependant, nous ne sommes pas encore au bout du processus. Une annexe doit encore être rédigée l’année prochaine, consacrée à un mécanisme d'accès aux agents pathogènes et de partage des avantages issus de leur utilisation (Pathogen Access and Benefit Sharing - PABS). Ce document devra préciser les modalités de partage d’informations telles que la séquence ADN ou ARN d’un génome viral. Les instituts de recherche pourront alors exploiter ces données pour, par exemple, développer plus rapidement un vaccin ou un médicament.

La solidarité constitue également un élément essentiel du PABS. En effet, il prévoit que toute solution médicale produite quelque part dans le monde doit pouvoir être transmise sans délai aux autres pays. De plus, elle doit être accessible aux groupes de population disposant de ressources financières limitées. Les pays à faible revenu veulent assurer à leur population une proportion minimale des produits de santé, de 10 à 20 % (encore à préciser), lorsqu’ils sont touchés par une pandémie causée par le même agent pathogène que les pays à revenu élevé.

Les débats promettent d’être mouvementés car la création du PABS requiert un consensus. Heureusement, les membres partagent une approche constructive. Nous avons bon espoir de voir le PABS aboutir d’ici deux ans.

Une fois l’accord sur le PABS obtenu, les pays membres de l’OMS signeront l’accord sur les pandémies et le feront ratifier par leurs parlements. Le monde disposera alors d’une base solide pour affronter une prochaine pandémie.

Malgré les turbulences géopolitiques qu’elle traverse, la société internationale reste donc capable d’entrer en dialogue, d’accepter des compromis et de coopérer ! C’est déjà une belle réussite en soi. Pour reprendre les mots du directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus : « L’accord est une victoire pour la santé publique, la science et l’action multilatérale. »