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Les 23 et 24 juin 2025, une formation destinée à toutes les parties prenantes engagées dans la lutte contre la traite des êtres humains a eu lieu au palais d’Egmont. Par l’intermédiaire de notre réseau consulaire présent aux quatre coins du monde, mais aussi à travers la délivrance de passeports, visas et cartes d’identité, notre SPF joue un rôle clé dans ce domaine.
La traite des êtres humains reste un véritable fléau. Les personnes qui se rendent coupables de cette atteinte à la dignité humaine exploitent la vulnérabilité des victimes pour prendre le contrôle de leurs vies. Elles les contraignent à la prostitution dans nos grandes villes, leur imposent un travail pénible et sous-payé dans le secteur de la restauration, de la construction ou de l’agriculture, par exemple, voire les obligent à mendier ou à commettre des actes délictueux.
Des milliards d’euros engrangés chaque année
Pour le crime organisé, la traite des êtres humains présente un attrait singulier. Les membres d’organisations criminelles y voient en effet une activité lucrative mais moins risquée (car sanctionnée de peines plus légères…) que d’autres pratiques répréhensibles comme le trafic de drogue ou d’armes.
On estime que la traite des êtres humains rapporte des milliards d’euros par an, dont une partie finance le terrorisme international. Chaque année, des centaines de victimes sont identifiées, mais ces chiffres ne révèlent très probablement que la partie émergée de l’iceberg.
La campagne « Blue Heart »
Aussi la lutte contre la traite des êtres humains constitue-t-elle une priorité absolue pour notre pays. Dans ce domaine, notre SPF joue un rôle essentiel. Ainsi, tous nos postes (ambassades et consulats) soutiennent la campagne de lutte contre la traite des êtres humains intitulée « Blue Heart » et menée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Nos postes s’efforcent aussi de mieux sensibiliser les communautés locales et la coopération internationale à ce fléau. De plus, leur connaissance approfondie de la réalité sur place facilite l’élaboration de stratégies adaptées au contexte régional.
Le réseau consulaire en première ligne
Mais saviez-vous que nos services consulaires, en particulier, comptent parmi les principaux acteurs de la lutte contre la traite des êtres humains ? En effet, nos postes sont entre autres chargés de délivrer des visas aux personnes de nationalité étrangère qui veulent se rendre en Belgique, ainsi que des cartes d’identité aux Belges inscrits dans nos registres consulaires. En outre, que ce soit en Belgique ou dans nos postes à l’étranger, notre SPF assure la délivrance des passeports internationaux : les livrets bordeaux, si reconnaissables, qu’il faut présenter au contrôle frontalier à l’arrivée dans un autre pays.
Or la traite des êtres humains est souvent synonyme de falsification d’identité. Les responsables se cachent derrière une fausse identité (et des documents frauduleux) pour tromper la police et la justice. Souvent, ils donnent aussi une fausse identité à leurs victimes, afin de leur faire passer les frontières plus facilement. Une fois la victime entrée dans l’espace Schengen, par exemple, elle peut être exploitée et déplacée sans trop de difficultés sur le territoire européen.
Par l’intermédiaire du réseau consulaire, qui couvre le monde entier, notre SPF se trouve à l’avant-poste pour repérer les signaux révélateurs d’une traite d’êtres humains. Demandes de visas suspectes, documents présentant des anomalies ou comportement étrange pendant les entretiens consulaires… : notre personnel consulaire surveille de près ces indices potentiels.
Lorsque nous demandons un passeport, non seulement nous effectuons un contrôle approfondi, mais notre passeport est également difficile à contrefaire. Par exemple, il contient des éléments qui ne s’allument que sous la lumière UV. © Dupuis, 2021 © 2021 – www.atomium.be – SOFAM
Le contrôle des passeports
Par ailleurs, toutes les demandes de passeports internationaux sont soumises à un contrôle approfondi. La banque de données Belpas compare automatiquement la photo de la personne qui dépose la demande avec les photos qu’elle a utilisées pour des passeports antérieurs ou pour sa dernière carte d’identité.
Ensuite, Belpas bloque toutes les demandes émanant de personnes ayant déclaré la perte ou le vol de leur passeport à au moins deux reprises au cours des cinq dernières années. En effet, un passeport prétendument perdu ou volé peut servir à fournir une fausse identité à des « sosies » plus ou moins ressemblants.
Enfin, toutes les demandes passent par une seconde banque de données du nom de Passban. Passban reprend toutes les personnes interdites de passeport, telles que les fugitives et fugitifs recherchés par la police ou signalés par les parquets.
Une task force pour la lutte contre la fraude à l’identité
Dans ce contexte, notre SPF est évidemment membre de la task force fédérale « Prévention et lutte contre la fraude à l’identité ». Nous y siégeons aux côtés du SPF Intérieur (Office des étrangers, direction générale Identité et Affaires citoyennes) et de la Police fédérale. Si nécessaire, la task force collabore également avec des partenaires externes tels que les parquets, les communes et la police locale.
La task force coordonne la politique en matière de prévention et de lutte contre la fraude à l’identité en Belgique. Elle s’intéresse également aux moyens de sécuriser davantage les procédures d’émission de documents de voyage et d’identité. Par exemple, de plus en plus de communes pratiquent le live enrollment : elles prennent la photo d’identité elles-mêmes, au guichet, plutôt que d’utiliser la photo fournie par la personne qui a déposé la demande. Dans nos postes consulaires, le live enrollment est devenu la seule méthode utilisée. La task force s’occupe également de sensibiliser et former les personnes impliquées sur le terrain.
Un public de plus de 200 personnes
Mais face à ce phénomène, d’autres instances compétentes organisent également des formations. Ainsi, les 23 et 24 juin 2025, le palais d’Egmont a servi de cadre à une formation de deux jours sur la lutte contre la traite des êtres humains, coorganisée par l’Auditorat du travail de Bruxelles, l’Institut de formation judiciaire et notre SPF.
Plus de 200 personnes y ont participé, à commencer par des acteurs de première ligne (communes, Office des étrangers, Casa legal…), des centres d’accueil et des entités spécialisées telles que Myria, jusqu’aux inspections sociales et aux zones de police bruxelloises, en passant par les magistratures traitant des dossiers de traite d’êtres humains.
Notre directeur général des Affaires consulaires, Joris Salden, a ouvert la formation avec un discours d’introduction. Plusieurs collègues ont présenté notre travail au sein des organisation multilatérales, la mission de la task force de lutte contre la fraude à l’identité ainsi que le rôle de nos postes consulaires.
Notre SPF, un département essentiel à la sécurité
Dans un monde toujours plus interconnecté, le SPF Affaires étrangères se profile de plus en plus comme un département essentiel en matière de sécurité. Il serait illusoire de chercher à garantir la sécurité nationale sans tenir compte de l’étranger. Pour suivre ces influences étrangères, notre SPF est en première ligne. Nous nous investissons pleinement dans cette mission, en particulier dans la lutte face à l’infâmie que représente la traite des êtres humains.
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