-
Dernière mise à jour le
© SPF Affaires étrangères
Ce n'est pas un hasard si la Belgique souhaite attirer le plus grand nombre possible d'organisations internationales sur son territoire. En plus de nous aider à étendre notre réseau diplomatique, elles contribuent au rayonnement de notre pays et de sa capitale, tout en représentant une source de revenus non négligeable.
Pas moins de 49 organisations internationales ont leur siège en Belgique, majoritairement à Bruxelles. Si l’on comptabilise individuellement les différentes institutions de l’ONU (UNICEF, FAO, PNUE…) et de l’UE (le Parlement, la Commission, le Conseil…) ainsi que l’OTAN, ce nombre grimpe à 133.
Le traité BBNJ
Dans un précédent article, nous évoquions le Comité interministériel pour la politique de siège (CIPS), qui dépend de notre SPF, et le processus par lequel il conclut les accords de siège avec les organisations internationales et veille à ce qu’elles puissent bien fonctionner.
Il convient toutefois de noter que ce processus concerne uniquement les organisations internationales gouvernementales, c’est-à-dire créées par des instances étatiques et composées d’États membres qui les financent à travers leurs contributions. Les organisations non gouvernementales, en revanche, ne relèvent pas de la compétence du CIPS.
Souvent, les organisations internationales demandent spontanément à s’installer chez nous. En effet, notre capitale constitue un lieu d’établissement de choix pour nouer des relations étroites avec l’UE et l’OTAN.
Il arrive cependant que la Belgique elle-même, par l’intermédiaire de notre SPF, mène activement campagne en vue d’accueillir le siège d’une institution. En ce moment, par exemple, nous aimerions voir s’établir à Bruxelles le secrétariat du traité BBNJ (pour la protection de la haute mer).
Une foi inébranlable envers le multilatéralisme
Cette volonté d’attirer les organisations internationales dans notre pays s’explique essentiellement par notre foi inébranlable envers le multilatéralisme.
Après la Seconde Guerre mondiale, le monde politique belge a compris que notre sécurité et notre développement économique devaient reposer sur la coopération au travers d’institutions internationales. Fort de ce constat, notre pays a activement contribué à la création de l’ONU, de l’UE et de l’OTAN. De plus, le fait d’accueillir le siège de nombreuses organisations internationales nous permet de peser davantage dans la balance. La Belgique est ainsi devenue l’une des nations jouissant de la plus grande visibilité diplomatique.
En effet, la seule présence de l’UE et de l’OTAN attire déjà presque quotidiennement des ministres et des chefs d’État étrangers en Belgique. Souvent, ces visites sont l’occasion de rencontrer notre ministre des Affaires étrangères ou notre premier ministre. Autrement dit, une grande partie du travail diplomatique de notre SPF se joue à Bruxelles.
Le caractère toujours plus ouvert de notre économie a également joué un rôle dans l’élaboration de notre politique de siège. Face à la dépendance croissante à l’égard du commerce international qui a découlé de cette ouverture, la nécessité de nous tourner vers l’étranger s’est imposée.
20 % de l’économie bruxelloise
La présence de sièges d’organisations internationales sur notre sol offre également des avantages économiques manifestes. Au total, ces institutions attirent en Belgique bien plus de 50 000 personnes, si l’on inclut la famille de leurs personnels, disposant d’un pouvoir d’achat sensiblement plus élevé que la moyenne belge. Selon la Région bruxelloise (2020), cette communauté internationale alimente jusqu’à 20 % de son économie et 23,2 % de ses emplois.
D’après une étude menée en 2010, chaque membre de cette communauté internationale dépensait environ 9 000 euros par an, déduction faite des avantages fiscaux dont les fonctionnaires internationaux et leurs familles bénéficient. Compte tenu de la hausse du coût de la vie, ce montant s’élèverait aujourd’hui à 13 500 euros !
Par ailleurs, la périphérie de Bruxelles tire elle aussi profit de cette présence étrangère à Bruxelles car de nombreux expatriés y ont élu domicile. Pour sa part, le SHAPE – l’un des quartiers généraux stratégiques de l’OTAN – représente 7 000 à 8 000 personnes dans la région montoise.
Un dernier chiffre : les recettes supplémentaires de la TVA sont estimées à elles seules à plus de 250 millions d’euros par an.
Une dynamique économique propre
La présence d’organisations internationales a également des effets indirects considérables. Par exemple, la NCIA, l’Agence d’information et de communication de l’OTAN qui traite aussi de la cybersécurité, délègue une partie de ses tâches au secteur privé. Un grand nombre d’entreprises belges en profitent aussi.
Les organisations internationales génèrent en outre une dynamique économique propre. Les délégations étrangères qui se rendent dans notre pays pour participer à des réunions, des négociations, des conférences de grande envergure et des congrès, stimulent notre économie, sans parler du flux constant de spécialistes, diplomates et responsables politiques internationaux.
Les hôtels à Bruxelles et dans sa périphérie enregistrent des taux d’occupation records lors de tels événements, de même que les restaurants et les entreprises de service traiteur, qui tournent à plein régime. Nos compagnies aériennes bénéficient elles aussi de cette mobilité internationale accrue. Enfin, les prestataires de services tels que les interprètes, les agences événementielles, les firmes spécialisées dans la surveillance et les entreprises de transports y trouvent également leur compte. En plus de renforcer l’économie locale, cette émulation contribue au rayonnement et à la visibilité internationale de la Belgique en tant que carrefour de la diplomatie, de la coopération et de l’échange de connaissances.
Des coûts raisonnables
Naturellement, notre politique de siège entraîne aussi des coûts, mais ceux-ci restent tout à fait raisonnables. Par exemple, notre pays met parfois à disposition des espaces de bureaux via la Régie des bâtiments ou adopte des mesures supplémentaires afin de garantir la sécurité. De plus, une partie des fonctionnaires provenant de l’étranger jouissent d’exonérations d’impôts ou se voient verser des pensions. Chaque accord de siège étant unique, l’ampleur exacte de ces frais est difficile à calculer.
Les bureaux représentent en tout cas un coût négligeable. La grande majorité des organisations louent des espaces sur le marché commercial et n’occupent donc pas de bureaux gratuitement. Au contraire, ces loyers constituent dès lors une source de revenus.
En conclusion, bien que sa plus-value économique demeure difficile à évaluer précisément, il est indéniable que la présence de sièges d’organisations internationales sur son sol rapporte énormément à la Belgique. En comparaison, les dépenses qui en découlent sont pour ainsi dire nulles, d’autant que notre pays en tire également des avantages politiques et diplomatiques remarquables.
Si la campagne que nous menons actuellement pour accueillir le secrétariat du BBNJ s’inscrit parfaitement dans notre politique de siège, elle est toutefois animée par une seconde motivation : l’établissement du secrétariat à Bruxelles nous fournirait un atout supplémentaire pour mettre plus efficacement notre expertise au service de la défense des océans.
Vous trouverez ici la liste de toutes les organisations intergouvernementales ayant leur siège ou une représentation en Belgique.
Plus sur « Coopération »
160 ans de relations Belgique-Japon : les liens d’amitié entre maisons royales comme fondement d’un partenariat solide
À l’occasion du 160e anniversaire de nos relations diplomatiques avec le Japon, de nombreuses activités sont organisées dans not...
Le 21 juillet : visitez notre stand et schtroumpfez avec nous pour un avenir durable !
Le jour de la fête nationale, notre SFP sera présent à Bruxelles, rue de la Régence, pour animer un stand interactif consacré au...
Visite d'État en Norvège, allié fidèle en matière d'énergie et de défense
L'énergie et la défense ont occupé une place centrale lors de la visite d'État en Norvège. Nos deux pays entendent faire de la m...