Une formation pour apprendre à nos diplomates à se tirer de situations critiques et dangereuses

À une époque marquée par l’insécurité et l’instabilité aux quatre coins du monde, nous ne pouvons guère laisser partir nos diplomates vers des territoires parfois à risque sans les y préparer. C’est pourquoi notre SPF organise, avec le concours de la Défense, des formations intensives pour leur apprendre comment réagir dans des situations délicates.

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Un participant s'entraîne à réagir en cas d'enlèvement

Diverses situations d’urgence sont pratiquées. La formation HEAT ne laisse rien au hasard. © Défense belge

À une époque marquée par l’insécurité et l’instabilité aux quatre coins du monde, nous ne pouvons guère laisser partir nos diplomates vers des territoires parfois à risque sans les y préparer. C’est pourquoi notre SPF organise, avec le concours de la Défense, des formations intensives pour leur apprendre comment réagir dans des situations délicates.

Ces dernières années, le monde n’est pas devenu plus sûr, que du contraire. Par conséquent, les diplomates et autres membres du personnel que nous envoyons partout dans le monde se retrouvent régulièrement dans des situations de crise ou, à tout le moins, le risque de devoir faire face à des situations critiques et dangereuses a considérablement augmenté.

Forces spéciales

Dans ce contexte, nous ne pouvons pas nous permettre, en tant que SPF, de laisser partir nos collègues sans préparation. Même dans les pays où le risque de conflit armé est faible, par exemple, des feux de forêt ou des tremblements de terre peuvent tout de même survenir. Ces événements s’apparentent bien entendu aussi à des situations de crise.

Nous estimons qu’il est essentiel pour notre personnel expatrié, surtout dans les territoires à risque, de suivre une formation appropriée. Pour ce faire, nous sollicitons la Défense belge et la grande expérience de ses membres, notamment parmi les forces spéciales, pour enseigner les bons réflexes à nos collègues. Une aide particulièrement appréciée !

Langage codé

Concrètement, que peut-il se passer dans une situation d’urgence ? Il arrive que toutes les communications soient coupées, y compris par internet. Pour parer à cette éventualité, les participantes et participants apprennent à s’orienter à l’aide d’une carte et d’une boussole et à se servir d’autres outils de communication, par exemple les téléphones satellites et les « Satcubes », des terminaux portables qui permettent d’obtenir une connexion internet par satellite.

Les radios sur batteries constituent également un incontournable, mais comment les utiliser ? En effet, il est essentiel de s’assurer qu’aucune partie non alliée ne puisse écouter la fréquence utilisée. Il faut en outre faire en sorte de ne pas être localisable, éviter de citer le moindre nom ou lieu et recourir à un langage codé.

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Une femme s'entraîne à utiliser un extincteur

Une participante s’exerce à éteindre un incendie. © Belgian Defense

Gestion du stress

Par ailleurs, la capacité à garder son calme dans des situations de stress extrême est également cruciale. Par exemple, comment réagir en cas d’exposition à des coups de feu ? Comment coopérer avec un détachement d’agents de sécurité de la Défense ? Comment se déplacer dans un environnement inhospitalier (routes accidentées, traversée d’une rivière, franchissement d’une montagne, etc.) au volant d’une lourde Jeep ? Comment éteindre un incendie ? Comment aider une victime en cas d’accident de la route ou de crise cardiaque ?

Comme vous pouvez le constater, cette formation, appelée HEAT (Hostile Environment Awareness Training), ne laisse rien au hasard. Les cinq jours se déroulent de manière très intense : après trois jours de théorie, les deux derniers jours (et nuits) servent à mettre en pratique les connaissances acquises. La formation est dispensée à la caserne militaire de Marche-en-Famenne et le personnel participant y dort sous tente.

Préparation à l’inattendu

À ce jour, notre service Sécurité organise avec la Défense deux formations par an, qui peuvent accueillir à chaque fois 48 diplomates. Toutefois, au vu de la multiplication des menaces évoquée précédemment, nous avons pour ambition d’accroître le nombre de formations, potentiellement en partenariat avec d’autres pays ou des organisations telles que l’UE. En outre, il est recommandé de suivre à nouveau une formation au bout de cinq ans, car les techniques évoluent.

Pour reprendre les mots de notre ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot : « Nos diplomates sont souvent en première ligne de l'actualité internationale. Dans un monde plein d’incertitudes, ils ont besoin de plus que des connaissances théoriques. Nos diplomates doivent également être préparés à l’inattendu. »

Les formations HEAT répondent parfaitement à ce besoin et ont déjà démontré leur utilité. Après y avoir participé, plusieurs personnes ont rapporté avoir réussi à se tirer de situations périlleuses grâce aux techniques apprises.

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