Une révision du réseau diplomatique pour mieux défendre les intérêts belges

Nous renforçons une vingtaine de postes, ouvrons cinq nouveaux postes et fermons huit postes. La révision de ce réseau d'ambassades et de consulats doit nous permettre d'être prêts à affronter l'avenir dans un monde agité.

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Photo de l'ambassade de Belgique à Nairobi

Vue de notre ambassade à Nairobi (Kenya) (© SPF Affaires étrangères).

Nous renforçons une vingtaine de postes, ouvrons cinq nouveaux postes et fermons huit postes. La révision de ce réseau d'ambassades et de consulats doit nous permettre d'être prêts à affronter l'avenir dans un monde agité.

Le SPF Affaires étrangères est un département clé pour la sécurité et la prospérité de notre pays. Par exemple, nous investissons dans des partenariats existants et nouveaux avec des pays, nous défendons un ordre juridique mondial efficace, nous défendons nos intérêts économiques et nous proposons une assistance aux Belges à l'étranger.

Pour ce faire, nous nous appuyons sur une administration centrale efficace et un réseau diplomatique résilient : nos postes -ambassades et consulats - disséminés dans le monde entier.

Face au contexte mondial mouvementé, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a estimé qu'il était temps de repenser en profondeur ce réseau diplomatique. Un tel exercice n’avait plus été réalisé depuis 12 à 15 ans, autrement dit une éternité dans le monde actuel en rapide mutation.
 

Un réseau diplomatique ambitieux, résilient et tourné vers l’avenir


Finalement, le ministre a décidé de renforcer une vingtaine de postes, d'en ouvrir cinq nouveaux et d'en fermer huit. Cette décision repose sur une analyse de plusieurs mois basée sur différents critères : nos intérêts politiques et économiques, notre sécurité, les objectifs de notre coopération au développement, les besoins consulaires, le coût, la présence de régions et de communautés, etc.

Le résultat est un réseau diplomatique ambitieux et résilient, tourné vers l'avenir. Nous avons renforcé notre présence aux endroits où nos intérêts sont en jeu et où notre présence apporte la plus grande valeur ajoutée. Notre SPF reste un acteur très actif en matière de diplomatie et de développement (development), en complément de la défense.

Ce renforcement d'une vingtaine de postes était plus qu'indispensable. Certaines ambassades fonctionnaient en effet avec un effectif trop réduit. Quand seuls deux diplomates sont présents dans un poste et que l’un vient à faire défaut, les répercussions sont considérables.
 

Ce n'est pas une opération qui vise à réaliser des économies, c'est un remaniement


Nous insistons sur le fait que la révision du réseau n'est en aucun cas une opération qui vise à réaliser des économies, mais bien plus un remaniement. Le ministre a, en effet, veillé à ce que notre réseau diplomatique ne soit pas soumis à l'économie annuelle de 1,8 % imposée à notre SPF.

De plus, les ressources excédentaires résultant du rapport entre les fermetures et les ouvertures seront réinvesties. Nous avons déjà mentionné le renforcement d'un certain nombre de postes, mais il y aura également un pool de « diplomates volants » : un groupe de diplomates susceptibles d'être déployés temporairement pour renforcer des postes en cas de situations de crise sans précédent, de maladie de longue durée ou pour effectuer un remplacement durant un congé de maternité ou un congé parental.
 

La fermeture d'un poste ne signifie pas l'arrêt des relations diplomatiques


Les fermetures de huit postes ne préjugent en rien de l’importance que nous continuerons à attacher aux contacts bilatéraux avec les pays concernés. Il ne s’agit en aucun cas de la fin de nos relations diplomatiques avec ces pays. Au contraire, nous réinventerons l’entretien de nos relations avec ces pays, que ce soit au travers de postes dans des pays voisins ou au travers du travail de nos envoyés spéciaux. Nous veillerons également à ce que les Belges présents aient toujours accès à des services de qualité.

Nous allons par exemple fermer les postes installés dans trois pays africains partenaires de la Coopération belge au Développement : la Guinée, le Mali et le Mozambique. En ce qui concerne la coopération gouvernementale, nous mettrons en place une stratégie de sortie en douceur et nous continuerons à coopérer par le biais d'autres canaux et instruments, notamment la société civile.

Les changements seront introduits progressivement dans le courant de 2026 et 2027. La fermeture des postes se fera avec la plus grande circonspection, notamment à l'égard du personnel local qui travaille pour nous depuis des années. Les postes concernés bénéficieront du soutien nécessaire à cet effet.
 

Renforcer les alliances existantes, en forger de nouvelles


Dans ces temps agités où les rapports de force se modifient, il est essentiel de renforcer les alliances existantes et d'en forger de nouvelles, et cela, sur tous les continents. Et c'est précisément l'objectif visé par la révision de notre réseau diplomatique. Quelques exemples :

  • Nous nommerons un représentant permanent auprès de l'Union africaine à Addis-Abeba.
  • Nous allons ouvrir une nouvelle ambassade à Windhoek (Namibie) : opportunités en matière de transition écologique et de développement portuaire.
  • Nous allons renforcer nos postes au Chili et au Panama : attention et intérêt accrus portés au continent sud-américain.
  • Nous allons ouvrir une nouvelle ambassade à Tachkent (Ouzbékistan) : importance du corridor transcaspien (« nouvelle route de la soie ») en Asie centrale.
  • Nous allons nommer un ambassadeur en Syrie qui résidera à Beyrouth, au Liban : important dans le cadre de la sécurité et de la migration, et opportunités économiques au niveau de la reconstruction.
  • Nous allons renforcer nos postes à Riyad (Arabie saoudite) et à Doha (Qatar) et nous ouvrons une nouvelle ambassade à Mascate (Oman) : exploitation des opportunités économiques dans les États du Golfe à la demande des acteurs économiques belges.
  • Nous allons ouvrir une ambassade à Tirana (Albanie) : rôle crucial dans les Balkans pour la sécurité, la migration et les opportunités économiques.

Nous allons fermer nos postes à : Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), Bamako (Mali), Maputo (Mozambique), Conakry (Guinée), La Havane (Cuba), Rio de Janeiro (Brésil), Koweït City (Koweït) et Guangzhou (Chine).