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Notre prospérité économique est vitale pour notre sécurité nationale. Photo : le port d’Anvers-Bruges. © Shutterstock
Notre SPF a joué un rôle majeur dans la révision de la stratégie nationale de sécurité. Plus que jamais, la Belgique entend concentrer ses efforts sur la protection de la population, le renforcement de notre souveraineté et l'amélioration de notre résilience.
Comme nous le rappelons souvent, force est de constater que le monde est devenu un véritable foyer d’instabilité. C'était déjà le cas en 2021, lorsque la Belgique a finalisé sa toute première stratégie de sécurité nationale .
L’invasion russe
Le contexte de l’époque était déjà marqué par une montée des tensions entre grandes puissances, des guerres hybrides, de la désinformation et de la cybercriminalité, par un climat de déstabilisation et même par un rejet croissant d'un ordre international fondé sur des règles. Sans oublier que nous nous trouvions au cœur de la crise du coronavirus, qui a révélé notre vulnérabilité face à une pandémie.
Lorsque le gouvernement De Wever a pris ses fonctions début 2025, ces tendances inquiétantes avaient pris encore davantage d’ampleur. L'invasion russe en Ukraine, notamment, avait fortement ébranlé l'économie mondiale et un ordre international déjà chancelant.
À cela se sont ajoutés le conflit à Gaza, une instabilité croissante au Sahel, les relations transatlantiques en pleine mutation, les évolutions rapides sur le plan technologique (intelligence artificielle…) et écologique (dérèglement climatique, perte de biodiversité…) et la liste est encore longue.
Par ailleurs, étant entendu que chaque nouveau gouvernement belge devrait réexaminer la stratégie nationale de sécurité, l'accord de gouvernement prévoyait donc une adaptation de cette stratégie dans un délai d'un an. Le signal était clair pour notre SPF : il devait s’atteler immédiatement à la tâche.
Le rôle de « porte-plume »
Comme ce fut le cas pour la stratégie précédente, notre SPF a en effet joué un rôle crucial dans cette révision en qualité de département de sécurité de premier plan. Un rôle d’autant plus pertinent lorsqu’on sait à quel point de nombreux aspects de notre sécurité nationale dépendent de l'étranger.
Ainsi, notre petit pays doté d'une économie ouverte s’appuie très largement sur le commerce extérieur. De plus, les menaces, telles que la rivalité entre les grandes puissances, les idéologies extrêmes, le crime organisé, les catastrophes climatiques et la propagation rapide de virus, sont également liées à ce qui se passe au-delà de nos frontières.
C’est donc conjointement avec le cabinet du Premier ministre que notre SPF a endossé le rôle de porte-plume de cette stratégie révisée. Dans ce cadre, nous n'avons pas seulement formulé des propositions de texte, nous avons également mis à profit nos points forts : coordonner, réunir les partenaires autour de la table, faciliter le débat, recueillir des idées, les assimiler et les présenter à nouveau… (voir encadré).
Comment la stratégie de sécurité révisée a-t-elle vu le jour ?
Dès la conclusion de l'accord de gouvernement, un groupe de travail restreint a immédiatement été mis en place. Outre le cabinet du Premier ministre et notre SPF, les porte-plumes de la stratégie révisée, la Défense, la chancellerie du Premier ministre, le Centre national de crise et les organes subsidiaires du Conseil national de sécurité y étaient également représentés.
Le groupe de travail restreint a cerné les questions essentielles et rédigé différents passages du futur texte, avant de les présenter à l'assemblée plénière composée d’une vingtaine de départements de sécurité. Si la présence d'un grand nombre de SPF compétents ainsi que des entités fédérées était primordiale, la sûreté de l'État, le parquet, les douanes et bien d'autres encore étaient également de la partie.
L'assemblée plénière a examiné les passages présentés et formulé des contre-propositions. Notre SPF a recueilli toutes ces propositions et les a intégrées dans des versions corrigées, qui ont ensuite été soumises à nouveau, d’abord au groupe de travail restreint, puis à l'assemblée plénière. C'est ainsi qu'a émergé progressivement la version définitive, qui a été finalisée et adoptée au niveau politique.
L’Institut royal supérieur de défense et l'Institut Egmont ont quant à eux apporté leur expertise académique.
Une approche pangouvernementale
À l’issue de ce processus, la stratégie révisée s’est avérée plus concise que la précédente. Elle met en outre davantage l’accent sur l'aspect pangouvernemental (whole of government) : la sécurité nationale relève en effet de la responsabilité de l'ensemble des pouvoirs publics, y compris les entités fédérées. Par ailleurs, la population dans son intégralité (whole of society) a également un rôle à jouer.
Afin de guider notre approche pour faire face à l'insécurité et à l'instabilité croissantes, trois grandes orientations politiques ont été définies, à savoir : (1) protéger notre population, (2) renforcer notre souveraineté et (3) augmenter notre résilience.
Ces axes se concrétisent notamment par la protection de la démocratie et de l'État de droit, par des forces armées plus performantes, mais aussi par une mission fondamentale de notre SPF : l'assistance consulaire aux Belges à l'étranger, soit plus d’un demi-million de compatriotes.
Un autre aspect majeur de la stratégie réside dans la nécessité d’accroître considérablement notre autonomie en ce qui concerne les matières premières critiques, les infrastructures, l'énergie, la technologie, etc., et ce, plus particulièrement au niveau de l'UE. Là encore, notre SPF a un rôle de premier plan à jouer.
Des partenariats mutuellement bénéfiques
Pour notre pays, le maintien d’un multilatéralisme solide demeure primordial. En d’autres termes, il est essentiel que les pays continuent, au sein des organisations internationales, à chercher ensemble des solutions aux problématiques internationales telles que la cybersécurité, les enjeux climatiques et environnementaux, le terrorisme et le crime organisé.
La lutte contre l'impunité reste également une priorité, idéalement au sein de juridictions internationales telles que la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice. De plus, les partenariats mutuellement bénéfiques dans le cadre de notre coopération au développement contribuent aussi à notre sécurité nationale. Une fois de plus, ces matières relèvent des missions fondamentales de notre SPF.
Des indicateurs mesurables
Cette stratégie de sécurité révisée ne doit pas être considérée comme une fin en soi, au contraire : elle remplit une fonction de document-cadre, auquel viennent se rattacher d'autres plans et stratégies portant sur la défense, la résilience, etc.
Dans un premier temps, tous les plans et stratégies existants sont recensés et structurés en fonction des orientations politiques. La mise en œuvre concrète des stratégies sera ensuite régulièrement évaluée à l'aide d'indicateurs mesurables.
En 2021, nous figurions parmi les premiers pays de l'UE à avoir élaboré une stratégie de sécurité nationale. Aujourd'hui, de nombreux pays de l'UE disposent d'un tel document. Cette version révisée permet à notre pays de se prémunir encore mieux face à l’évolution rapide d’un monde où les risques de sécurité ne cessent de croître. Notre SPF a joué un rôle clé dans l’élaboration de la stratégie et entend poursuivre ce rôle lors de sa mise en œuvre et de son suivi.
Découvrez la stratégie nationale de sécurité dans son intégralité.
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