Femmes dans les conflits armés

Les femmes dans les conflits armés : principes liminaires

Un conflit armé a toujours un impact important sur la population civile locale. La guerre et les conflits empêchent la population de poursuivre ses activités quotidiennes et de se développer.

La majorité des victimes civiles sont des femmes et des enfants (cf. "Les enfants et les conflits armés").

Du fait de leur situation précaire, les femmes dans les conflits armés font l’objet de discriminations multiples et vivent dans la crainte d’être victimes d’actes spécifiques de violence, notamment les violences sexuelles régulièrement utilisées comme arme de guerre par les combattants. La position vulnérable des femmes dans les conflits armés doit dès lors bénéficier d’une protection et d’une attention appropriées de la part de la communauté internationale, qui ont fait défaut pendant longtemps.

Les femmes ont par ailleurs un rôle actif et important à jouer en matière de prévention et de résolution des conflits. Bien que les femmes soient souvent des actrices décisives dans la prévention et la résolution informelles des conflits, elles sont fortement sous-représentées dans les processus de paix formels. Elles doivent être également associées à ces processus. Au sein des organisations internationales, il est également indispensable de promouvoir l’égalité de genre. Les opérations de paix des Nations unies devraient par exemple intégrer des femmes comme soldates et conseillères en matière de genre.

Les instruments internationaux

Sur la base des constatations ci-dessus, la résolution 1325 "Les femmes, la paix et la sécurité" a été adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000 au Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU). Cette résolution demande que soit reconnu le rôle des femmes dans la prévention et la gestion des conflits et la consolidation de la paix. Dans les États membres, l’accent a été mis sur une plus grande représentation des femmes à tous les niveaux de décision. Il a été demandé au Secrétaire Général des Nations Unies de nommer davantage de femmes au poste de Représentant ou d’Envoyé spécial et de renforcer leur rôle dans les opérations de paix, notamment en tant qu’observateur militaire, policier ou dans les rangs du personnel humanitaire et en charge des droits de l’Homme. Le Conseil de sécurité s’est engagé à prendre en considération la dimension de l’égalité de genre dans les opérations de paix. La résolution ‘1325’ souligne également l’importance de l’implication des femmes dans les négociations de paix. Pour ce faire, les besoins spécifiques des femmes doivent être pris en compte et celles-ci doivent être impliquées dans des initiatives liées à la démocratisation, la consolidation de la paix et les droits de l’Homme. De même, dans le cadre du désarmement et de la démobilisation des soldats, il faut aussi penser aux différents besoins des femmes et des combattants masculins.

Le 19 juin 2008, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une deuxième résolution innovante sur les femmes, la paix et la sécurité: la Résolution 1820. La Résolution 1820 se concentre principalement sur la protection des femmes contre la violence sexuelle. Les auteurs de violence sexuelle doivent en outre être condamnés. Enfin, cette résolution confirme à nouveau la Plate-forme d’action de Pékin (cf. "Égalité des sexes et droits des femmes") et la résolution 1325 (cf. supra).

Par ailleurs, dans le cadre du Conseil de l’Europe, une résolution (non contraignante) a été adoptée en 2009, spécifiant que les violences sexuelles contre les femmes dans les conflits armés sont un crime contre l’humanité. 

Action de la Belgique

La lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes, et la sanction de ces actes, une attention particulière étant portée à la violence sexuelle, constituent un thème prioritaire de la politique étrangère belge et de la Coopération au développement. La Belgique incite systématiquement à lutter dans les zones de (post-)conflit contre le manque de prévention, la banalisation et l’impunité en matière de violence contre les femmes et de violence sexuelle; elle place le problème à l’ordre du jour européen et international. La violence sexuelle comme arme de guerre est systématiquement condamnée. L’objectif est d’œuvrer à empêcher l’amnistie de toute violence contre les femmes, dont la violence sexuelle.

L’exécution de la résolution 1325 n’étant absolument pas évidente, le Conseil de sécurité a demandé à tous les États membres en 2004 de développer leur propre Plan d’action national. En effet, les plans d’action nationaux sont considérés comme le moyen le plus efficace d’atteindre les objectifs de la résolution. La Belgique dispose de son propre plan d’action national depuis février 2009. Ce plan d’action a été dressé sous la direction du SPF Affaires étrangères en collaboration avec le ministère de la Défense, la Coopération au développement, le SPF Intérieur, le SPF Justice, l’Institut pour l’égalité des femmes et des Hommes et la Commission Femmes et Développement.

En juin 2006, la Belgique a organisé, en collaboration avec le FNUPA (Fonds des Nations Unies pour la population) et la Commission européenne, une "Conférence internationale sur la violence sexuelle pendant les conflits et au-delà". Cette conférence a débouché sur le ‘Brussels Call to Action’. Tous les participants se sont engagés à entreprendre des actions complémentaires afin de prévenir la violence sexuelle dans les territoires en conflit et en post-conflit et d’y apporter une réponse. Cette déclaration est souvent citée au sein des Nations Unies.

Pendant sa participation en tant que membre au Conseil de sécurité des Nations Unies (2007-2008), la Belgique a travaillé activement à la Résolution 1820 concernant la lutte contre la violence sexuelle. La Belgique a également plaidé pour l’introduction de la protection contre la violence sexuelle et contre la violence envers les femmes dans les missions de paix, comme l’unité "égalité hommes/femmes" (Gender Unit) dans le mandat de la MONUC (Mission des Nations unies en République démocratique du Congo). La violence sexuelle comme base de sanctions a été introduite dans le régime de sanctions pour la RDC. La Belgique espère que cela servira d’exemple pour d’autres régimes de sanctions.

La Belgique défend également des initiatives telles que la campagne "Stop à la violence à l’égard des femmes" du Secrétaire général des Nations Unies, ainsi que la campagne "Non au viol".

Pour de plus amples informations:

Résolution 1325 du Conseil de sécurité des NU
 FR (PDF, 39.81 Ko)
 EN (PDF, 35.61 Ko)

Résolution 1820 du Conseil de sécurité des NU
FR 
EN 

Résolution 1670 (2009) de l’Assemblée Parlementaire, Conseil de l’Europe
FR 
EN   

 Le plan d’action national belge pour l’exécution de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU: “Les femmes, la paix et la sécurité” (PDF, 9.72 Mo)

 Plan d'action national belge Femmes, Paix et Sécurité: état de la situation au 12 décembre 2011 (PDF, 241.83 Ko)

 Deuxième Plan d’Action Nationale ‘Femmes, Paix, Sécurité’ (2013-2016),sur la mise en oeuvr de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (PDF, 452.83 Ko)